RDCongo : Epidémie Ebola sur fond de situation sécuritaire préoccupante

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Le 27 juin, on dénombrait 1274 cas d’Ebola et 360 décès confirmés en République démocratique du Congo. Ces chiffres seraient toutefois sous-estimés, selon plusieurs scientifiques et organisations humanitaires, certains malades n’étant pas déclarés.

L’épidémie s’étend désormais dans tout le nord-est du pays, une région qui compte environ 15 millions d’habitants. Sa progression est favorisée par la lenteur des diagnostics ainsi que par le manque de moyens et de capacités de dépistage. Elle s’est déclarée le 15 mai en Ituri, région qui concentre toujours le plus grand nombre de cas à l’heure actuelle, et touche maintenant aussi le Haut-Uélé, les Nord- et Sud-Kivu.

Ebola est une maladie virale mortelle pouvant provoquer de la fièvre, des vomissements et des hémorragies. Elle se transmet par le contact avec les fluides corporels d’une personne infectée ou du matériel contaminé. Les rites funéraires présentent un grand risque de propagation dans la mesure où ils peuvent s’étaler sur plusieurs jours et impliquent parfois des contacts directs avec le corps de la personne défunte.

Pour la souche responsable de l’épidémie actuelle (Bundibugyo), il n’existe à ce jour ni vaccin homologué ni traitement spécifique. L’OMS indique toutefois que des essais cliniques pourraient prochainement être lancés.

Par ailleurs, la réduction drastique de l’aide internationale, le gel puis démantèlement de programmes états-uniens (USAID) et les coupes budgétaires d’autres bailleurs européens (la Belgique applique une coupe budgétaire de 25-30%) fragilisent directement la surveillance épidémiologique, les capacités de dépistage et, de façon générale, le système de santé du pays.

Cette épidémie aggrave encore les conditions de vie de populations déjà durement touchées par le conflit armé opposant le M23 aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et aux groupes Wazalendo. Malgré la signature d’un accord de paix entre Kinshasa et Kigali il y a un an sous l’égide des USA, les combats se sont intensifiés dernièrement, continuant à provoquer des déplacements de populations, ce qui est d’autant plus inquiétant dans le contexte épidémique actuel.

Ces affrontements s’accompagnent par ailleurs d’une détérioration de la situation des droits humains, pointée notamment du doigt par une Commission d’enquête indépendante des Nations unies. La Commission souligne la gravité exceptionnelle des violations documentées: violences sexuelles, exactions contre les civils, attaques contre les écoles et les établissements de santé, recrutement d’enfants, entre autres. Elle rappelle que ces crimes sont commis dans un contexte où les populations civiles ne bénéficient d’aucune protection et sont déjà extrêmement vulnérables.

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