Quand un beau fleuve se transforme en cauchemar

Action Sud, Projet en cours

  Guatemala

Le Guatemala, un pays riche doté d’une nature splendide, de plages, de montagnes et de fleuves magnifiques. Mais, l’ambition démesurée de ceux qui veulent s’approprier ses richesses a soumis une partie importante de la  population, principalement les indigènes, à la pauvreté et à la violence.

Au coeur de la problématique

Depuis la privatisation du secteur électrique dans les années ’90, les conflits se sont multipliés autour de la construction de centrales hydroélectriques au Guatemala. Ces situations présentent généralement les mêmes caractéristiques : ces projets affectent surtout les populations indigènes habitant les zones rurales où ils sont développés. Trop souvent, elles ne sont pas consultées, l’Etat contrevenant à son obligation. Leur accès à l’eau est mis en péril par les multinationales qui font main basse sur cette ressource. En défendant leurs droits, les communautés s’opposent à des menaces et leurs leaders sont criminalisés par un système judiciaire corrompu.

Un exemple : le cas emblématique de Bernardo Caal Xol

Bernardo Caal Xol est le représentant de la communauté Q’eqchi face au projet de construction d’une centrale électrique sur les fleuves Oxec et Cahabón dans le département d’Alta Verapaz.

En tant que leader local, il a d’abord été victime de menaces. En 2016, conformément à la convention 169 de l’OIT ratifiée par l’Etat guatémaltèque, il exige que la population soit dûment consultée, demande à laquelle les autorités accèdent. Mais deux jours avant la tenue du référendum, l’entreprise en charge du projet introduit un recours. S’ensuit un long parcours juridique jusqu’en 2017 où les hautes cours reconnaissent enfin que le droit des communautés à être consultées a bien été bafoué. Entretemps, une campagne de diffamation est lancée contre Bernardo aboutissant à son emprisonnement sur base d’accusations infondées.

Ce cas montre à quel point dans ce pays, on harcèle des personnes simplement parce qu’elles défendent les droits de leurs communautés.

Que font Frères des Hommes et ses partenaires face à ces injustices ?

Depuis plusieurs années, Frères des Hommes soutient et travaille en étroite collaboration avec son partenaire guatémaltèque SERJUS. Ce dernier épaule les communautés indigènes dans la défense de leurs territoires et de leur culture. Comment ? Il informe les communautés sur leurs droits au travers de formations. Il accompagne les personnes injustement accusées qui ont été incriminées pour avoir simplement osé défendre leur territoire face à l’avidité de grosses entreprises ou multinationales.

A titre d’exemple, en 2019, SERJUS a soutenu une dizaine de leaders locaux qui exigeaient le respect de leurs droits et l’accès aux ressources naturelles indispensables à leur survie.

Lidia, animatrice de SERJUS, cite l’exemple de la commune de Cantel, dans le département de Quetzaltenango, où habitent des populations maya K’iché, « une entreprise hydroélectrique s’est illégalement appropriée des bords du fleuve Samalá, et empêche l’accès à l’eau aux communautés locales. La population est désespérée! Chez SERJUS nous dénonçons cet abus par tous les moyens dont nous disposons afin d’exiger que la loi soit respectée. »

Frères des Hommes a rejoint le collectif  belge « Comité Oscar Romero » ayant rassemblé 76 organisations pour interpeller les autorités européennes et guatémaltèques afin que justice soit faite pour ce leader communautaire.E

Entrée interdite : l’eau devient propriété privée

En pleine épidémie de Covid…

Indépendamment de la pandémie de Covid-19, les abus des multinationales se poursuivent. Et dans ce contexte, les communautés et leurs leaders souffrent d’autant plus.

Lidia nous raconte : « Cela devient extrêmement difficile pour les communautés indigènes car il faut concilier mesures de prévention de la maladie, telles que le confinement, avec activités économiques informelles et petit commerce. De plus, avec la crise aux Etats-Unis, des émigrés guatémaltèques ont été contraints de rentrer au pays. Dans ce contexte, les communautés sont davantage à la merci des entreprises hydroélectriques ou d’autres compagnies d’extraction de ressources naturelles qui profitent de la situation pour occuper et exploiter les terres indigènes, bien que cela soit illégal. »

Le travail ne manque donc pas pour l’équipe de SERJUS. D’autant plus qu’en cette période de pandémie, notre partenaire soutient également les dirigeants locaux dans leur action de prévention de la maladie. 

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