Voir le Sénégal avec un regard neuf

quartier de Medina Gounass

Une école qui décide de partir dans un voyage non traditionnel pour ses élèves de dernière année, ce n’est pas courant. Lorsqu’en plus l’objectif du voyage se démarque radicalement du tourisme et prend l’option de la Coopération Nord-Sud, c’est exceptionnel. C’est cette expérience que l’Institut Saint Charles de Luingne a réalisé cette année, du 6 au 18 mars 2011 après plusieurs mois de préparation. Frères des Hommes et Annoncer la Couleur Hainaut ont assuré des animations sur les inégalités Nord-Sud, la rencontre interculturelle,…Les élèves, les professeurs, les parents, les amis, les sponsors s’y sont mis pour rassembler le budget. 24 élèves de dernière année et 3 professeurs sont partis au Sénégal. Grâce à l’aide de l’ONG Frères des Hommes et de ses partenaires sénégalais – dont l’ONG Intermondes (ITM)- sur place, nous avons pu découvrir les endroits les plus intimes de Dakar. Des endroits insolites et des communautés qui sont dans la précarité la plus absolue. D’où tout l’intérêt du travail d’ITM qui met en place des projets pour améliorer les conditions de vie de la population (nous avons par exemple visité une mutuelle de santé communautaire).

La rencontre avec les enfants Talibés – enfants incorporés dans un Daaras, sous la conduite d’un Marabout, pour y apprendre le coran, mais surtout pour mendier dans la rue – à travers diverses animations préparées par les élèves, laisse une marque indélébile dans le cœur et l’échelle des valeurs de chacun s’en voit modifiée. Dakar a aussi laissé place à un souvenir merveilleux par sa musique et sa danse rythmées par le son envoûtant des djembés, partagées avec un quartier auquel le touriste n’a pas toujours accès.

village de GuelakhMais le Sénégal c’est aussi le projet de développement rural et agricole intégré de Guelakh (dans le nord du Sénégal, à 20km de Saint Louis). Un projet de sédentarisation des peuples Peuls. Ce village est le fruit de la volonté et de la détermination de deux cousins, Ousmane et Doudou Sow. Il est l’illustration du succès qui peut naître d’un rêve qui mûrit et s’enrichit, au fil des années, d’expériences observées ailleurs (Afrique de l’Ouest, Europe,…) et de partenariats équilibrés mais dont la réalisation dans son ensemble reste aux mains de ceux qui l’ont imaginé et en dépendent pour leur survie. Saint Charles en a ramené une image de bonheur, d’horaires africains (« vous européens, vous avez des montres, nous on a le temps ») et l’expérience des métiers indispensables pour survivre et pour vivre bien aux portes du désert de Mauritanie.

hall agricole de GuelakhL’école a en plus laissé une trace indélébile de son passage en finançant la construction d’un Hall des foires pour les agriculteurs et les éleveurs de la région de Guelakh.
La première pierre a été posée. Une prière conjointe entre catholiques et musulmans a consacré l’évènement.

Nous avons retenu que, au-delà de la précarité, nous avons rencontré des gens heureux et toujours accueillants qui prennent en charge leur devenir sans avoir « la main tendue ». Une réalité s’impose: tout programme de coopération qui n’a pas son « porteur de projet » local est voué à sa désintégration lente.

Vous avez dit dépaysement ?

André Lequime et Peter Annegarn

Découvrez la marche parrainée pour Guélakh (vidéo réalisée par l’Institut Saint Charles de Luingne):

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