Une Sénégalaise à la rencontre des groupes d’alphabétisation de Belgique

© Frères des Hommes – Tom Ewert
© Frères des Hommes – Tom Ewert

En novembre dernier, Frères des Hommes a accueilli Fatou N’Doye, coordinatrice du secteur agro-alimentaire auprès d’Enda Graf Sahel au Sénégal. Sa venue a été l’occasion d’organiser les 18 et 19 novembre une rencontre avec le Collectif Alpha de St Gilles et l’asbl Eyad de St Josse dans le cadre de nos activités d’Education Permanente.

L’expérience de Fatou au Sénégal a suscité un vif intérêt et de riches débats parmi ces groupes d’alphabétisation chez nous. Ainsi, l’un des projets phares dans lesquels elle s’implique au Sénégal concerne des femmes restauratrices de rue à Dakar. Evoluant dans le secteur informel, celles-ci contribuent beaucoup à dynamiser l’économie locale, sans que pour autant leur rôle ne soit reconnu et valorisé. Par ailleurs, elles constituent un soutien essentiel pour les familles démunies de la région dans la mesure où se restaurer dans la rue coûte moins cher que de préparer un repas à la maison. Pour cette raison, nombre d’entre elles installent leur commerce aux abords des écoles où les enfants peuvent donc prendre un petit déjeuner à moindre prix avant de débuter les cours, ce qui contribue à alléger le budget des familles. Elles jouent par conséquent aussi un rôle essentiel dans l’alimentation familiale locale. Etant donné leur apport aux communautés dakaroises, Enda Graf les accompagne par le biais de formations en termes d’hygiène, de gestion et d’alphabétisation fonctionnelle (c’est-à-dire spécifiquement adaptée à leur activité), etc. De plus, la tâche de Fatou sur le terrain consiste également à regrouper ces femmes pour qu’elles puissent s’organiser collectivement et mieux défendre leurs intérêts.

Dans la foulée de la présentation du projet, c’est la place de la femme en Afrique qui a été au cœur des débats avec le public des deux associations bruxelloises. Interpellés par la contribution économique de ces restauratrices et leur apport aux familles plus démunies, les participants ont pu notamment convenir de la valorisation nécessaire du rôle de la femme, mais aussi de l’importance de la solidarité dans l’adversité. Plus précisément, les discussions ont porté sur le visage différent de la solidarité au Sénégal et chez nous : alors que là-bas, elle est plus visible parce que relevant davantage de l’organisation de groupes, chez nous elle s’exprime plutôt par des dons individuels et revêt par conséquent un caractère plus anonyme. Et enfin, le parcours personnel de Fatou est apparu très proche de celui du public lorsqu’elle a évoqué son séjour passé en France dans le cadre de ses études. Elle a souligné qu’au terme de cette période, elle avait souhaité rentrer au Sénégal, habitée par la conviction intime qu’elle devait « aider son pays ». Témoignant du rude chemin de l’exil, elle a fait écho au vécu des participants qui ont pu s’ouvrir sur certains aspects difficiles de leur vie et de leur intégration en Belgique.

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