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	<title>Freres des Hommes &#187; Témoignages</title>
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	<description>Cultivons le Partage de notre Terre</description>
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		<title>Point sur le projet &#171;&#160;café écologique et équitable &#8211; Bolivie&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Jan 2012 13:43:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2012/01/cafe-ecologique-et-equitable-Bolivie.jpg" rel='lytebox[point-sur-le-projet-%c2%ab-cafe-ecologique-et-equitable-bolivie]'><img class="alignright size-full wp-image-1905" title="cafe ecologique et equitable Bolivie" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2012/01/cafe-ecologique-et-equitable-Bolivie.jpg" alt="" width="599" height="350" /></a><br />
Du 19 novembre au 2 décembre dernier, Cecilia Díaz, responsable Bolivie auprès de Frères des Hommes, et Luana Becattini, responsable finances et administration, se sont rendues sur le terrain afin d’évaluer la pertinence de plusieurs projets qui arrivent à terme en cette fin d’année. Le témoignage de Luana, à son retour, nous a permis de faire le point sur l’une des activités en particulier. Ainsi, qu’en est-il du partenariat avec « Union Pro Agro » financé par <a href="http://www.objectifsdumillenaire.be/la-loterie/" target="_blank">la Loterie Nationale</a> et ayant pour but la production et la transformation du café écologique et équitable ?</p>
<p>« Le moins que l’on puisse dire est que le <a href="http://www.freresdeshommes.org/nos-activites/projets-sud/bolivie-cafe-biologique/" target="_blank">projet</a> est un réel succès, dit Luana. Aucune critique négative n’a été recueillie auprès des bénéficiaires. Que du contraire ! Ils ont souhaité mettre en avant les points forts et les éléments positifs.</p>
<p>A savoir :</p>
<ul>
<li><strong>La construction de 3 usines pour les 5 colonies.</strong><br />
Pour rappel, les colonies sont constituées d’autochtones, des personnes qui au départ voulaient s’exiler en ville, mais auxquelles le gouvernement a octroyé des terres dans la région des Yungas pour faire de la production agricole, dont le café. L’avantage premier est de concentrer le travail auprès des colonies. Avoir une usine de proximité leur fait gagner beaucoup de temps, les horaires sont plus souples et la qualité de vie est grandement améliorée.</li>
<li><strong>Les ateliers de formation pour les bénéficiaires.</strong><br />
En Bolivie, le souci écologique est un vrai mode de vie et certainement pas un effet de mode comme on peut en trouver dans d’autres coins du globe. La notion de qualité, de constance du produit, le respect des arômes, la connaissance des différents plants de café (ils en utilisent au moins 7) et le niveau de production (ils produisent jusqu’à 1800 mètres d’altitude et travaillent en hauteur par paliers) sont essentiels. La sensibilisation à l’environnement, la lutte contre les pesticides, le respect de la terre revêtent toute leur son importance sous ces latitudes. A côté des cultures traditionnelles telles que la pomme de terre et le quinoa, le café est un plus de par sa grande valeur sur l’échelle mondiale.</li>
<li><strong>Le travail octroyé au personnel qui gère les usines, entretient le site et le matériel.</strong></li>
<li><strong>La production de café certifié biologique et la rentabilité de celui-ci.</strong><br />
Ils apportent le café traité et le vendent avec un bénéfice aux usines qui vont le torréfier.</li>
<li><strong>Le travail des femmes.</strong><br />
De nature très discrète, elles sont néanmoins très actives dans le domaine. Elles ont l’occasion de participer au projet « Café Feminino» une association qui exporte le café aux Etats-Unis. Elles espèrent en retour obtenir un séchoir inoxydable pour le café qui leur sera d’une grande utilité par la suite.</li>
<li><strong>Les gens se sentent responsables et maîtres de ce qu’ils font.</strong><br />
Ils travaillent en famille autour de la production. La seule étape collective est celle de la transformation du café ».</li>
</ul>
<p><em>Propos recueillis par Roxane Tilman, Frères des Hommes</em></p>
<p><a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2012/01/cafe-ecologique-equitable-Bolivie.jpg" rel='lytebox[point-sur-le-projet-%c2%ab-cafe-ecologique-et-equitable-bolivie]'><img class="alignleft size-full wp-image-1908" title="cafe ecologique equitable Bolivie" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2012/01/cafe-ecologique-equitable-Bolivie.jpg" alt="" width="599" height="449" /></a></p>
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		<title>Un ex-général militaire au pouvoir au Guatemala</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Dec 2011 13:36:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les urnes ont rendu leur verdict sans réelle surprise après le 2ème tour des élections présidentielles qui s’est tenu le 6 novembre au Guatemala : c’est le général en retraite Otto Pérez Molina qui est sorti vainqueur avec 55,2% des suffrages, face à Manuel Baldizón, son rival. Accusé de violations des droits de l’homme durant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2011/12/pouvoir-au-Guatemala.jpg" rel='lytebox[un-ex-general-militaire-au-pouvoir-au-guatemala]'><img src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2011/12/pouvoir-au-Guatemala.jpg" alt="" title="pouvoir au Guatemala" width="999" height="495" class="alignright size-full wp-image-1884" /></a><br />
Les urnes ont rendu leur verdict sans réelle surprise après le 2ème tour des élections présidentielles qui s’est tenu le 6 novembre au Guatemala : c’est le général en retraite Otto Pérez Molina qui est sorti vainqueur avec 55,2% des suffrages, face à Manuel Baldizón, son rival. Accusé de violations des droits de l’homme durant la guerre civile meurtrière (1960-1996), Otto Pérez Molina a maintenant promis un gouvernement « de poigne », se disant déterminé à lutter contre la violence endémique dans le pays. Ce résultat et les perspectives futures qui en découlent préoccupent grandement une bonne partie de la société civile guatémaltèque. Nous publions ici le témoignage de l’un de nos partenaires, Serjus, qui en témoigne.</p>
<p>« Chers amies et amis,</p>
<p>Le triomphe électoral du parti patriote et du Général Otto Pérez Molina durant les dernières élections présidentielles au Guatemala signifie que les secteurs qui ont été au pouvoir durant les années du conflit armé se sentent à nouveau renforcés et tentent de reprendre les rênes à tous les niveaux, là où ils avaient perdu du terrain depuis la signature et la mise en oeuvre des accords de paix.</p>
<p>Par ailleurs, nous voyons combien la peur persiste au sein des communautés dans plusieurs régions en raison du souvenir des longues années de répressions, de massacres et de génocide, ce qui a réellement conditionné les prises de position de la population et son vote lors des dernières élections. Durant la campagne électorale, les électeurs craignaient de manifester des vues divergentes de celles des partis soutenus financièrement par les puissants secteurs et les ex-militaires ; ils redoutaient ainsi que leur vote dévoile leurs prises de position et qu’ils aient à souffrir de représailles.</p>
<p>Dimanche 13 novembre,  une manifestation publique a rassemblé les ex-militaires du conflit armé et les membres de leur famille qui ont défilé dans les rues de la capitale, comme une démonstration de force après leur triomphe électoral ».</p>
<p><em>Manolo García<br />
Coordinateur Politique<br />
SERJUS</em></p>
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		<title>Voir le Sénégal avec un regard neuf</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Jun 2011 12:26:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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<category>Afrique</category><category>Sénégal</category><category>Témoignages</category>
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		<description><![CDATA[Une école qui décide de partir dans un voyage non traditionnel pour ses élèves de dernière année, ce n’est pas courant. Lorsqu’en plus l’objectif du voyage se démarque radicalement du tourisme et prend l’option de la Coopération Nord-Sud, c’est exceptionnel. C’est cette expérience que l’Institut Saint Charles de Luingne a réalisé cette année, du 6 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a title="Visite du quartier de Medina Gounass à Dakar (école communautaire, lutte contre les inondations - bassin de rétention en arrière plan -,…)" href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2011/06/quartier-de-Medina-Gounass.jpg" target="_blank" rel='lytebox[voir-le-senegal-avec-un-regard-neuf]'><img class="alignright size-full wp-image-1447" title="quartier de Medina Gounass" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2011/06/quartier-de-Medina-Gounass.jpg" alt="quartier de Medina Gounass" width="456" height="317" /></a>Une école qui décide de partir dans un voyage non traditionnel pour ses élèves de dernière année, ce n’est pas courant. Lorsqu’en plus l’objectif du voyage se démarque radicalement du tourisme et prend l’option de la Coopération Nord-Sud, c’est exceptionnel. C’est cette expérience que l’Institut Saint Charles de Luingne a réalisé cette année, du 6 au 18 mars 2011 après plusieurs mois de préparation. Frères des Hommes et Annoncer la Couleur Hainaut ont assuré des animations sur les inégalités Nord-Sud,  la rencontre interculturelle,…Les élèves, les professeurs, les parents, les amis, les sponsors s’y sont mis pour rassembler le budget. 24 élèves de dernière année et 3 professeurs sont partis au Sénégal. Grâce à l’aide de l’ONG Frères des Hommes et de ses partenaires sénégalais &#8211; dont l’ONG Intermondes (ITM)- sur place, nous avons pu découvrir les endroits les plus intimes de Dakar. Des endroits insolites et des communautés qui sont dans la précarité la plus absolue. D’où tout l’intérêt du travail d’ITM qui met en place des projets pour améliorer les conditions de vie de la population (nous avons par exemple visité une mutuelle de santé communautaire).</p>
<p><a title="Ateliers d’animation avec les enfants talibés à Dakar" href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2011/06/enfants-talibés.jpg" target="_blank" rel='lytebox[voir-le-senegal-avec-un-regard-neuf]'><img class="size-medium wp-image-1451 alignleft" title="enfants talibés" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2011/06/enfants-talibés-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p>La rencontre avec les enfants Talibés &#8211; enfants incorporés dans un Daaras, sous la conduite d’un Marabout, pour y apprendre le coran, mais surtout pour mendier dans la rue &#8211; à travers diverses animations préparées par les élèves, laisse une marque indélébile dans le cœur et l’échelle des valeurs de chacun s’en voit modifiée. Dakar a aussi laissé place à un souvenir merveilleux par sa musique et sa danse rythmées par le son envoûtant des djembés, partagées avec un quartier auquel le touriste n’a pas toujours accès.</p>
<p><a title="Participation aux activités de la vie du village de Guelakh" href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2011/06/village-de-Guelakh.jpg" target="_blank" rel='lytebox[voir-le-senegal-avec-un-regard-neuf]'><img class="alignright size-medium wp-image-1453" title="village de Guelakh" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2011/06/village-de-Guelakh-300x225.jpg" alt="village de Guelakh" width="300" height="225" /></a>Mais le Sénégal c’est aussi le projet de développement rural et agricole intégré de Guelakh  (dans le nord du Sénégal, à 20km de Saint Louis). Un projet de sédentarisation des peuples Peuls. Ce village est le fruit de la volonté et de la détermination de deux cousins, Ousmane et Doudou Sow. Il est l’illustration du succès qui peut naître d’un rêve qui mûrit et s’enrichit, au fil des années, d’expériences observées ailleurs (Afrique de l’Ouest, Europe,…) et de partenariats équilibrés mais dont la réalisation dans son ensemble reste aux mains de ceux qui l’ont imaginé et en dépendent pour leur survie. Saint Charles en a ramené une image de bonheur, d’horaires africains (« vous européens, vous avez des montres, nous on a le temps ») et l’expérience des métiers indispensables pour survivre et pour vivre bien aux portes du désert de Mauritanie.</p>
<p><a title="Pose de la première pierre du hall agricole de Guelakh par les professeurs de l’ISC de Luingne" href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2011/06/hall-agricole-de-Guelakh.jpg" target="_blank" rel='lytebox[voir-le-senegal-avec-un-regard-neuf]'><img class="alignleft size-medium wp-image-1455" title="hall agricole de Guelakh" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2011/06/hall-agricole-de-Guelakh-300x225.jpg" alt="hall agricole de Guelakh" width="300" height="225" /></a>L’école a en plus laissé une trace indélébile de son passage en finançant la construction d’un Hall des foires pour les agriculteurs et les éleveurs de la région de Guelakh.<br />
La première pierre a été posée. Une prière conjointe entre catholiques et musulmans a consacré l’évènement.</p>
<p>Nous avons retenu que, au-delà de la précarité, nous avons  rencontré des gens heureux et toujours accueillants qui prennent en charge leur devenir sans avoir « la main tendue ». Une réalité s’impose: tout programme de coopération qui n’a pas son « porteur de projet » local est voué à sa désintégration lente.</p>
<p>Vous avez dit dépaysement ?</p>
<p><em>André Lequime et Peter Annegarn</em></p>
<p>Découvrez la marche parrainée pour Guélakh (vidéo réalisée par l&#8217;Institut Saint Charles de Luingne): </p>
<p><iframe width="425" height="349" src="http://www.youtube.com/embed/GhHWXTZj-Hs" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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		<title>Maman Zita Kavungirwa nous a quittés</title>
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		<pubDate>Tue, 31 May 2011 06:52:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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<category>Afrique</category><category>RDC</category><category>Témoignages</category>
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		<description><![CDATA[Après avoir lutté contre la maladie pendant des mois, Maman Zita nous a quittés. Sa famille et nous, ses amis et camarades de travail, nous sommes endeuillés. Pour les Congolais, et surtout pour les Congolaises, et pour les femmes du Nord et du Sud de la planète, son départ est une perte, une grande perte [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2011/06/zita.JPG" target="_blank" rel='lytebox[maman-zita-kavungirwa-nous-a-quittes]'><img src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2011/06/zita-300x182.jpg" alt="zita" title="zita" width="271" height="181" class="alignright size-medium wp-image-1347" /></a>Après avoir lutté contre la maladie pendant des mois, Maman Zita nous a quittés. Sa famille et nous, ses amis et camarades de travail, nous sommes endeuillés. Pour les Congolais, et surtout pour les Congolaises, et pour les femmes du Nord et du Sud de la planète, son départ est une perte, une grande perte car Maman Zita était une lutteuse infatigable de la cause démocratique. Elle se battait pour défendre les femmes qui ont tant souffert dans le Sud-Kivu, au Congo, mais aussi pour défendre les droits des femmes d’autres endroits du monde.</p>
<p>Frères des Hommes a connu Zita il y a plus de 20 ans. Elle était animatrice de Waki, la branche féminine de Solidarité Paysanne du Sud Kivu. A l’époque, elle se déplaçait partout à la campagne; elle allait surtout dans des régions très éloignées, là où personne ne voulait aller, afin de faire la promotion de la femme, tout en respectant l’harmonie au sein de la famille. C’est en faisant ce travail qu’elle a rencontré Maman Salufa Nunu, avec qui elle a continué à travailler jusqu’au moment de son départ. Frères des Hommes a commencé à collaborer avec Waki parce que nous avons été émerveillés par ces femmes courageuses et battantes, qui ne perdaient jamais le sens de l’humeur ni la joie de vivre. </p>
<p>Quand la guerre est venue dans sa région, Maman Zita donnait des conférences partout pour sensibiliser les gens sur les violences et atrocités commises sur les femmes, mais aussi pour montrer les potentiels de développement que ces mêmes femmes du Sud-Kivu portaient en elles, malgré les malheurs et disgrâces qu’elles vivaient. C’est à ce moment que Maman Zita, avec Maman Salufa Nunu, propose à Frères des Hommes de démarrer une recherche-action auprès des femmes les plus pauvres qui venaient s’installer à Bukavu fuyant les guerres et les misères de la campagne. Pendant plusieurs mois, Zita et Nunu se rendaient aux marchés populaires et dans les quartiers les plus défavorisés de Bukavu,  pour rencontrer des groupes de femmes qui essayent de s’en sortir en épargnant et en développant un petit commerce. Les deux mamans passaient de longues journées à écouter ces femmes, à discuter avec elles sur ce qu’il fallait faire pour améliorer leur situation et celle de leurs familles. C’est sur base de cette connaissance approfondie des femmes que Zita et Nunu créent l’Association pour l’Entreprenariat Féminin (APEF), qui s’est fixé comme objectif de rendre les femmes plus fortes en termes économiques et sociaux. </p>
<p><a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2011/06/zita-devant-groupe-de-femmes.JPG" rel='lytebox[maman-zita-kavungirwa-nous-a-quittes]'><img src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2011/06/zita-devant-groupe-de-femmes-300x225.jpg" alt="zita devant groupe de femmes" title="zita devant groupe de femmes" width="300" height="225" class="alignleft size-medium wp-image-1348" /></a>Si on se promenait avec Zita et Nunu dans les marchés populaires de Bukavu, on entendait partout le nom de ces deux mamans. Les femmes les appelaient des kiosques pour que les Mamans viennent leur rendre visite ; elles posaient des questions, elles demandaient des orientations par rapport à leurs commerces, mais aussi par rapport aux problèmes familiaux. Et Zita leur donnait des conseils sur comment mettre en valeur ce que faisaient ces femmes, sans créer une rupture familiale.</p>
<p>C’était en 2006 quand on commence à parler des élections démocratiques au Congo, Zita ressent le besoin de se former afin de pouvoir participer activement au processus et défendre ainsi les droits de la femme. Lors des rencontres internationales organisées par Frères des Hommes, elle apprend que le Brésil prépare des élections nationales et que dans ce pays on est à la pointe de la participation citoyenne. Les foras sociaux à Porto Alegre et les budgets participatifs au niveau communal attirent son attention et elle demanda à Frères des Hommes de pouvoir s’imprégner de cette expérience brésilienne afin de promouvoir une participation démocratique des femmes au Congo. Maman Zita et Maman Salufa se rendent alors au Brésil, à Recife, chez le partenaire ETAPAS pour connaître de près les mécanismes de la participation populaire. L’expérience a été inspiratrice : cette visite à Recife, la participation à des marches pour la Paix au Sud-Kivu, l’ouverture démocratique du Congo et, surtout, les besoins des femmes congolaises, la poussent à rentrer en politique. Elle mène sa campagne avec conviction, force, détermination ; les femmes qui la connaissent, les femmes des quartiers populaires en ville et celles de la campagne la soutiennent. Elles se présente aux élections pour devenir député national, mais elle les perd pour très peu de votes. Zita disait qu’au Congo la population, surtout les hommes, n’étaient pas prêts à accepter la participation de femmes en politique. Elle a beaucoup souffert des mauvais coups que ses adversaires lui ont fait. Mais elle gardait encore la conviction que ce n’est qu’en luttant à tous les niveaux, qu’on allait changer la situation d’oppression dans laquelle se trouve la femme congolaise. </p>
<p><a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2011/06/En-octobre-2008-Zita-devient-Maire-de-Bukavu.JPG" rel='lytebox[maman-zita-kavungirwa-nous-a-quittes]'><img src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2011/06/En-octobre-2008-Zita-devient-Maire-de-Bukavu-300x225.jpg" alt="En octobre 2008 Zita devient Maire de Bukavu!" title="En octobre 2008 Zita devient Maire de Bukavu!" width="300" height="225" class="alignright size-medium wp-image-1349" /></a>C’est dans cet esprit qu’elle a accepté de devenir d’abord conseiller du gouvernement à Kinshasa, mais ensuite, la première bourgmestre femme de Bukavu. C’était en novembre 2008 quand elle a pris les rênes de la Mairie. « Tu as voulu que je sois Maire de ma ville…..et voilà, maintenant je suis Maire de Bukavu », m’avait-elle dit en rigolant quand je l’ai rencontrée lors de son investiture. Dehors, dans la rue, il y  avait une foule énorme de femmes, mais aussi d’hommes qui l’attendaient pour lui montrer leur soutient et leur solidarité. On pensait qu’une étape importante était en train de se construire, qu’on tournait la page sombre de l’histoire de la région et que, enfin, une nouvelle ère allait démarrer pour les femmes du Sud-Kivu. Zita était une architecte, une artisane de ce changement. </p>
<p>Malgré ses occupations, elle restait toujours très proche de l’APEF, et par ce biais, de Frères des Hommes. Elle continuait à s’informer sur le développement de l’organisation et, surtout, sur le sort des femmes avec qui APEF travaille. Elle posait des questions, donnait son avis, réfléchissait avec Maman Salufa et les autres membres de l’APEF sur ce qui était le mieux pour l’organisation et pour les femmes. Elle continuait à être intéressée par ce qui se passait en Europe, par les actions d’éducation que nous menons ici, auxquelles elle avait participé brillamment à plusieurs reprises. Elle croyait, elle gardait de l’espoir. </p>
<p><a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2011/06/Merci-Maman-Zita.jpg" rel='lytebox[maman-zita-kavungirwa-nous-a-quittes]'><img src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2011/06/Merci-Maman-Zita-300x205.jpg" alt="Merci, Maman Zita" title="Merci, Maman Zita" width="300" height="205" class="alignleft size-medium wp-image-1351" /></a>Hélas, la maladie n’a pas permis qu’elle continue à construire une nouvelle société, plus juste, plus humaine et plus démocratique pour les femmes congolaises, mais aussi pour nous, pour les femmes des différents coins du monde. Merci, Maman Zita !  </p>
<p><em>Cecilia Díaz</em></p>
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		<title>L’APEF à Bukavu face aux objectifs du millénaire</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Mar 2011 15:09:44 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Depuis plusieurs années, Frères des Hommes soutient le travail de l’APEF, Association pour la Promotion de l’Entreprenariat Féminin, dans le Sud-Kivu en République Démocratique du Congo. L’une des activités fondamentales consiste en l’octroi de micro-crédits à des milliers de femmes de la région, leur permettant de développer des petites activités commerciales telles que le tricotage, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a title="L’accès à l’éducation pour tous figure dans la constitution congolaise " href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2011/03/apef_education.jpg" target="_blank" rel='lytebox[l%e2%80%99apef-a-bukavu-face-aux-objectifs-du-millenaire]'><img class="alignright size-medium wp-image-1268" title="apef_education" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2011/03/apef_education-300x165.jpg" alt="apef_education" width="264" height="174" /></a>Depuis plusieurs années, Frères des Hommes soutient le travail de <a target="_blank" href="http://www.freresdeshommes.org/nos-activites/projets-sud/rdc-micro-entreprises-feminines/">l’APEF</a>, Association pour la Promotion de l’Entreprenariat Féminin, dans le Sud-Kivu en République Démocratique du Congo. L’une des activités fondamentales consiste en l’octroi de micro-crédits à des milliers de femmes de la région, leur permettant de développer des petites activités commerciales telles que le tricotage, la savonnerie, les petite épiceries, etc. Derrière ce projet qui semble tout simple en apparence, un travail de fond est réalisé avec les bénéficiaires au travers de la sensibilisation et de formations multiples. Profitant du passage en Belgique de Nunu Salufa, Coordinatrice de l’APEF, nous avons passé en revue avec elle les multiples facettes de l’impact de cette association en regard des objectifs du millénaire définis par les Nations unies. Un petit exercice qui démontre que de petites organisations oeuvrent concrètement et quotidiennement sur le terrain pour la réalisation de ces objectifs, aussi modestes soient leurs actions.</p>
<p><strong>Objectif 1 : Réduction de l’extrême pauvreté et de la faim </strong></p>
<p><strong>Nunu Salufa (N.S.)</strong> : L’ensemble du travail de l’APEF s’inscrit dans cet objectif. Grâce aux activités génératrices de revenus que mènent les femmes, elles peuvent, avec leur famille, avoir accès à une alimentation équilibrée. Certaines femmes parviennent même à développer ces activités à plus grande échelle, bien au-delà de la survie. Elles disposent alors d’économies qui leur permettent de faire des investissements. Nous avons même plusieurs exemples de femmes qui sont devenues des entrepreneuses et commencent actuellement à faire le même travail que l’APEF, à savoir l’octroi de petits crédits sans intérêts à d’autres femmes pour leur permettre, à elles aussi, de mettre en place des activités économiques sous leur suivi.</p>
<p>Notre soutien porte également sur l’organisation des filières. Par ce biais, nous aidons les producteurs à pouvoir améliorer leur rendement et à mieux écouler leur marchandise dans de bonnes conditions. Nous encourageons, par exemple, l’organisation de dépôts de stockage ou de formations sur la gestion des stocks. C’est un travail concret de lutte contre la pauvreté.</p>
<p><strong>Objectif 2 : Accès à l’éducation primaire pour tous</strong></p>
<p><strong>N.S.</strong>: L’APEF est attentive à cet objectif. Ainsi, en 2004,  nous avons fait une évaluation de l’impact socio-économique de nos actions sur les bénéficiaires et dans cette étude, il est apparu que, parmi nos membres, plus de 60% des filles vont à l’école et à peu près 40% des femmes se font alphabétiser. Nous veillons donc à cela et les choses se mettent progressivement en application.</p>
<p>L’accès à l’éducation pour tous figure dans la constitution congolaise et l’on y souligne spécifiquement l’éducation des jeunes filles à l’école primaire. Dans la législation, il est fait mention d’accès libre, sans paiement de frais scolaires. Mais l’application de ce point est encore compliquée. Certaines femmes accompagnées par l’APEF acceptent malgré tout de payer une prime aux enseignants afin de garantir un enseignement à leur enfant, tout en connaissant leurs droits et en sachant qu’elles doivent faire pression sur le gouvernement pour que la mesure de la constitution puisse être appliquée.</p>
<p><strong>Objectif 3 : Promouvoir l’égalité homme/femme et l’autonomisation des femmes</strong></p>
<p><strong>N.S.</strong> : Le fait que la femme ait une activité génératrice de revenus via l’APEF lui permet d’avoir un positionnement au sein de la famille. Elle acquiert par ce biais une certaine autonomie, même si ce n’est pas à 100%. Les formations lui apprennent à prendre une décision et à influencer les décisions au sein de la famille. Ce changement commence à se percevoir tout doucement un peu partout, même dans l’intérieur du pays. Auparavant, si une femme souhaitait construire sa maison, elle hésitait longuement, se demandant si cela en valait la peine, sachant que son bien irait à sa belle-famille en cas du décès de son compagnon. Les femmes de l’APEF apprennent qu’en cas de divorce, par exemple, elles ont droit à la moitié de la maison. Elles commencent à devenir autonomes et à ne plus dépendre de leur partenaire pour la prise de décisions.</p>
<p>Mais ces décisions sont aussi parfois concertées, bien entendu, car elles savent comment elles peuvent discuter avec leur mari et faire valoir leur point de vue. Dans le cadre des formations que nous donnons aux femmes, elles découvrent qu’il existe des mécanismes d’érosion de pouvoir. Les femmes savent comment elles peuvent parvenir à éroder le pouvoir de leur conjoint s’il en abuse. Elles savent également comment amener les enfants à les soutenir en cas de décision. C’est important car les enfants peuvent influencer la position du mari. En quelque sorte, elles apprennent à se faire des alliés au niveau de la famille.</p>
<p>Notre vision est aussi celle d’une femme en réseau avec d’autres. Il ne s’agit pas seulement d’une femme dans son association, mais bien d’une femme avec une ouverture sur l’extérieur via ces réseaux. Elle voit ainsi ce qui se passe ailleurs et cela l’aide à développer son autonomie.</p>
<p>En outre, avec le temps, elle se voit évoluer dans les réflexions et dans l’exercice de l’activité génératrice de revenus. La plupart des femmes font en sorte que le mari puisse s’intéresser à l’activité qu’elles mènent. Le couple établit ensemble le calcul de prix de revient, par exemple, afin de garantir la bonne marche des affaires. La femme acquiert cette compétence par le biais des formations de l’APEF. Parfois, l’homme se charge de faire la comptabilité pour sa femme, bien que ce soit elle qui reste la gestionnaire et contrôle les recettes. Même si une femme est analphabète, nous avons remarqué qu’elle savait au moins calculer. Elle sait que si elle a acheté les produits à tel prix et qu’elle les revend à tel prix, elle va gagner autant. Mais, souvent, ce qui lui manque au départ, c’est le calcul du prix de revient. Par nos formations, elle sait qu’elle doit tenir compte des frais de transport afin que son activité soit rentable. Les formations en gestion de crédit dont elle bénéficie lui permettent aussi de mettre en place une stratégie pour atteindre l’objectif qu’elle s’est fixé. Elle apprend également à répartir les bénéfices, à épargner étant donné qu’une partie des bénéfices doit aller au remboursement du crédit. Elle sait qu’il faut placer l’argent dans une coopérative. Peu à peu, la femme apprend des choses et cela contribue à son autonomie financière.</p>
<p>Mais il reste toutefois encore beaucoup à faire dans le cadre de cet objectif du millénaire. Sur un autre plan, on parle bien sûr beaucoup du genre dans nos politiques, mais il n’y a pas vraiment de mécanismes d’intégration des femmes dans les instances de prises de décisions. Dans ces cercles, la femme est trop souvent absente. Si vous voyez notre Assemblée, elle compte environ 500 députés ; or, il n’y a même pas 30 femmes qui en font partie. Donc, le respect de notre constitution en matière de parité n’existe pas. Il faut se battre pour améliorer la représentativité politique des femmes.</p>
<p><strong>Objectifs 3-4 et 5 : Diminution de la mortalité infantile – Amélioration de la santé maternelle – Lutte contre le sida, le paludisme et autres maladies</strong></p>
<p><strong>N.S.</strong> : De nombreuses difficultés existent encore car la femme doit supporter beaucoup de charges telles que la scolarité des enfants et les soins de santé. Même s’il existe une mutuelle à Bukavu, les femmes n’ont pas encore résolu le problème de santé car il faut malgré tout assumer parfois jusqu’à 60% des frais médicaux. Par conséquent, pour la personne qui n’a pas les moyens suffisants, c’est parfois la mort qui l’attend&#8230; Tant qu’il n’y a pas de prise en charge par l’Etat, ces problèmes persisteront.  Sur ce plan, l’APEF fait aussi un travail de sensibilisation auprès des femmes et les encourage malgré tout à adhérer à la mutuelle parce que même si la facture est lourde, la mutuelle intervient pour au moins 40, 50 ou 60% des frais, le pourcentage variant en fonction des communes où l’on est enregistré et des moyens dont dispose la personne. L’APEF insiste pour que l’on amène les enfants à l’hôpital en cas de maladie, car certains traitements comme celui de la tuberculose y sont pris en charge à 100%.  Et si en dépit des soins donnés en milieu hospitalier, l’enfant décède, il est important de se dire que l’on a tout fait pour le sauver.</p>
<p>Nous organisons aussi des rencontres de sensibilisation sur la santé de reproduction. Sur ce plan, nous faisons un constat : si la femme qui a mis un enfant au monde retombe tout de suite enceinte, cette situation aura des répercussions sur ses activités économiques. Lorsqu’elle accouche, elle ne va pas au marché et les choses ne tournent pas. Nous essayons donc de lui expliquer comment elle peut planifier les grossesses. C’est une chose qui n’a pas été acceptée facilement au départ en raison de la pression de la religion. Et pour parvenir à convaincre une femme, qu’elle soit chrétienne ou musulmane, c’est compliqué. Nous invitons donc à des séances les responsables de certaines églises afin qu’ils puissent discuter avec les femmes. Cette démarche commence à produire des résultats. Reste aussi la question du mari. Certaines femmes nous rétorquent : « Moi je veux bien planifier, mais mon mari ne voudra pas ». Alors, nous essayons de convier également les maris autour de la table. Je me rappelle que lors d’une telle réunion, des hommes s’étaient manifestés en demandant s’il n’existait pas des moyens de contraception aussi pour les hommes, autres que le préservatif. Cette sensibilisation par rapport à la santé de reproduction est demandée partout : dans le milieu rural aussi.</p>
<p>Par rapport au sida, je pense que c’est un des grands objectifs aussi dans certains programmes de l’Etat congolais. Il existe des programmes nationaux de lutte contre le sida qui sont implantés un peu partout en République Démocratique du Congo et via lesquels un travail de sensibilisation est réalisé. En effet, tout le monde ne reconnaît pas l’importance du problème du sida et il est important de montrer qu’il s’agit d’une maladie et qu’il faut s’en protéger.  Médecins Sans Frontières avait réalisé un travail de prise en charge, mais ils ont arrêté leurs activités et dans certains hôpitaux, cette prise en charge commence à disparaître.</p>
<p>Par rapport à la malaria, nous suggérons à chaque famille d’acheter une moustiquaire. C’est le seul moyen dont nous disposons. Mais dans le cadre de nos sensibilisations, nous insistons aussi sur l’entretien des parcelles, sur le fait qu’il convient d’éviter d’y laisser des eaux stagnantes. Nous faisons aussi en sorte que les femmes puissent participer à certains travaux communautaires comme par exemple le débouchage de certains caniveaux, toujours avec pour perspective de lutter contre certaines maladies.</p>
<p><strong>Objectif 7 : Développement durable et protection de l’environnement</strong></p>
<p><a title="La savonnerie requiert l’usage de produits dangereux et polluants." href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2011/03/savonnerie.jpg" target="_blank" rel='lytebox[l%e2%80%99apef-a-bukavu-face-aux-objectifs-du-millenaire]'><img class="alignleft size-medium wp-image-1274" title="savonnerie" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2011/03/savonnerie-300x225.jpg" alt="savonnerie" width="300" height="225" /></a><strong>N.S.</strong> : On parle beaucoup de la protection de l’environnement à l’APEF étant donné l’organisation de certaines formations telles que la teinturerie, la savonnerie qui requièrent l’usage de produits dangereux et polluants. Comme on utilise souvent la soude caustique dans la fabrication, il faut voir où jeter ce type de déchet et cela fait partie de notre travail de sensibilisation. En plus, on essaie d’encourager les gens à s’investir dans des travaux communautaires pour planter des végétaux ou s’il faut assainir un endroit, par exemple. Ainsi, en particulier dans le milieu rural, comme dans la plaine de la Ruzizi qui est frappée par  le changement climatique, on exigeait, parmi les conditions d’octroi de crédit, que chaque bénéficiaire plante un arbre chez lui ou dans son champ. Cela faisait partie des conditions pour obtenir un crédit. Notre objectif était de contribuer à la protection de l’environnement.</p>
<p><strong>Objectif 8 : Partenariat mondial pour le développement</strong></p>
<p><strong>N.S.</strong> : Souvent, la question suivante me vient à l’esprit : comment est-il possible qu’un pays tel que le Congo où il pleut 9 mois sur 12 en arrive à dépendre de l’extérieur sur le plan alimentaire ? Il est important que la coopération puisse soutenir ce secteur de production afin de nous aider à atteindre l’autonomie en la matière.</p>
<p>Par ailleurs, aujourd’hui, les intérêts du peuple congolais ne sont pas défendus dans ce contexte de mondialisation. Nous avons l’impression de nous trouver face à une montagne en quelque sorte ! Par exemple, si vous voyez ce téléphone portable, la matière première, le coltan, vient de notre pays. Mais pour fixer le prix de ce téléphone, on ne demande même pas notre avis ! Le Congo est parmi les pays les plus pauvres du monde et quand vous regardez les ressources du Congo, elles sont énormes : il n’y a pas vraiment de politiques qui encouragent le développement dans notre pays. Et les raisons, vous les connaissez autant que moi… !</p>
<p><em>Propos recueillis par Milena Merlino, Frères des Hommes</em></p>
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		<title>Voix de 3 jeunes brésiliens du MST</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Aug 2010 12:15:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Par le cours « Pé no Chão » organisé par le Mouvement des Sans Terre de l’Etat de Pernambouco au Brésil, 90 jeunes se préparent à prendre la relève pour soutenir la réforme agraire. Ils y acquièrent les connaissances politiques, techniques, civiques nécessaires pour continuer à défendre l’accès à la terre des petits paysans en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/08/DSC01470.JPG" target="_blank" rel='lytebox[voix-de-3-jeunes-bresiliens-du-mst]'><img class="alignright size-medium wp-image-948" title="DSC01470" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/08/DSC01470-300x129.jpg" alt="DSC01470" width="258" height="141" /></a>Par le cours « Pé no Chão » organisé par le Mouvement des Sans Terre de l’Etat de Pernambouco au Brésil, 90 jeunes se préparent à prendre la relève pour soutenir la réforme agraire. Ils y acquièrent les connaissances politiques, techniques, civiques nécessaires pour continuer à défendre l’accès à la terre des petits paysans en proposant un modèle agricole axé sur la production familiale et respectueux de l’environnement. Cecilia Díaz, en mission récemment au Brésil, a ramené des témoignages du terrain. Il y a celui de Rogelio. Un jeune homme âgé de 27 ans qui habite dans l’assentamento(1) María Aparecida (Ipanera) situé dans la région du Sertão. Rogelio vit encore avec ses parents et ses quatre frères et sœurs. Il n’a pas terminé l’école, mais a arrêté ses études. Il y aussi Ana, âgée de 17 ans. Elle est en dernière année scolaire, dans l’organisation locale Petrolina du MST, dans l’assentamento Agua Viva. Elle est née dans un accampamento ; ses parents ont finalement obtenu leur terre quand elle était enfant. Elle a une sœur. Le dernier témoignage est celui de Geraina. Agée de 18 ans, elle n’a pas terminé l’école. Son assentamento s’appelle Denis Santana, dans l’organisation locale San Francisco du MST (Sertão). Elle a 4 frères et sœurs ; ils habitent tous avec les parents. Tous ces assentamentos produisent principalement haricots, maïs et manioc.</p>
<p><strong>FDH : Comment avez-vous connu le cours et en quoi ce cours vous a-t-il aidés ?</strong></p>
<p><strong>Rogelio </strong>: « J’ai connu ‘Pé no Chão’ grâce aux dirigeants du MST de l’Etat de Pernambouco qui sont venus à mon assentamento et nous en ont parlé.  Nous, les jeunes, nous étions invités à y participer pour qu’on puisse améliorer notre travail et notre organisation dans l’assentamento.</p>
<p>Ici, on apprend à travailler en collectif, on apprend aussi à mieux travailler en agriculture. Les jeunes peuvent faire changer la société, peuvent faire évoluer l’agriculture, peuvent changer beaucoup de choses, c’est pour cela que le MST veut travailler spécifiquement avec nous. En général, on nous laisse de côté et on ne nous intègre pas dans les changements qui se produisent dans le cadre de la réforme agraire. Les adultes ne se rendent pas compte que nous pouvons apporter beaucoup dans les assentamentos. C’est à cette intégration qu’on travaille dans le cours.</p>
<p>Après, quand on termine notre cours, le MST nous indique quelles autres formations nous pouvons continuer à suivre. Il y a des cours techniques comme « les Savoirs de la Terre », ou bien on peut tenter d’aller à des facultés qui ont des accords de collaboration avec le MST,…ou bien, si on veut arrêter les études pendant quelques mois, le MST peut nous orienter pour améliorer la production dans nos assentamentos… ‘Pé no Chão’ est une première étape pour reprendre les études pour les jeunes qui ont abandonné ou qui veulent abandonner l’école ou leur centre d’étude.</p>
<p>Dans le futur, je voudrais peut-être continuer mes études en techniques agricoles ».</p>
<p><strong>Geraina </strong>: « Moi, c’est plutôt ma famille qui m’a dit de venir ici. Mes parents m’ont expliqué que j’allais apprendre à partir d’expériences pratiques. Mais qu’il y a aussi des cours théoriques à suivre ! J’ai appris plusieurs choses, j’ai beaucoup de connaissances maintenant, mais pour moi, une des choses les plus importantes, c’est d’apprendre à vivre avec d’autres personnes, à partager les tâches, les devoirs, les responsabilités et les beaux moments.</p>
<p>Ici, on apprend en plus à parler avec des personnes extérieures. On n’a plus honte de prendre la parole, de dire ce qu’on pense. Le cours m’a fort aidée dans ce sens ».</p>
<p><strong>Ana </strong>: « Nous avons appris à connaître un terrain ‘mandala’, c’est-à-dire : au milieu on creuse un puits ou un étang. Autour de cet étang, on a des cultures maraîchères et des poules, etc. Dans le cercle plus éloigné, on a du maïs, des haricots, du manioc, etc. Et, plus loin, on a des arbres, la maison…C’est très bien cette manière de produire. On sait maintenant comment faire pour avoir des abeilles, des bovins, des cochons, tous les animaux…</p>
<p>Ma famille m’a fort soutenue pour que je puisse venir au cours ‘Pé no Chão’. Après le cours, je voudrais peut-être faire les études pour devenir institutrice et travailler dans les écoles des assentamentos. Je sens que cela peut être ma vocation, mais avant de venir au cours ‘Pé no Chão’, je n’osais même pas penser que je pouvais continuer à étudier cette profession. Je trouvais qu’elle était trop difficile pour moi, fille de paysans ».</p>
<p><a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/08/DSC01468.JPG" target="_blank" rel='lytebox[voix-de-3-jeunes-bresiliens-du-mst]'><img class="alignleft size-medium wp-image-952" title="DSC01468" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/08/DSC01468-300x225.jpg" alt="DSC01468" width="300" height="225" /></a><strong>FDH : Et quand vous rentrez dans les assentamentos pour mettre en pratique ce que vous avez appris au cours, comment cela se passe-t-il ? </strong></p>
<p><strong>Rogelio </strong>: « Dans mon assentamento, je participe aux assemblées mensuelles et j’informe de ce que j’ai appris ici. Parfois, il y a quelqu’un du MST qui m’aide à le faire. Alors, je réunis un groupe de jeunes et j’explique comment on peut améliorer l’organisation et la production dans notre assentamento. Les adultes participent aux assemblées et ils écoutent ce que nous, les jeunes, nous avons appris. C’est comme cela qu’ils s’informent du cours ‘Pé no Chão’.</p>
<p>Dans mon assentamento, je fais régulièrement beaucoup de promotion pour l’utilisation de produits naturels et l’élimination des produits chimiques (engrais et poisons). J’explique que l’utilisation de ces produits nuit à l’agriculture et aussi à la santé. Ce n’est pas facile, mais je dis : ‘nous sommes jeunes et nous connaissons les avancées scientifiques, alors vous pouvez nous faire confiance. Dernièrement, la science a pu vérifier que ces produits sont très mauvais pour les être humains, qu’il ne faut plus les utiliser…’. Ce n’est pas facile de convaincre tout le monde. Mais quelques adultes commencent à nous écouter ».</p>
<p><strong>Ana </strong>: « D’autres parents essayent d’apprendre ce que nous faisons dans le cours ‘Pé no Chão’. Parfois, ils ont peur d’envoyer leurs jeunes car ils imaginent qu’il n’y a pas de contrôle, que la vie entre jeunes peut déraper… Mais quand ils nous voient et quand nous racontons ce que nous faisons tous les jours, alors ils commencent à avoir davantage confiance, ils ont moins de peur.</p>
<p>Dans mon assentamento, avec d’autres jeunes, nous avons fait la proposition de créer un terrain ‘mandala’. Nous avons finalement rédigé le projet (avec l’aide de mes profs d’ici) et nous sommes en train de le présenter pour obtenir un financement minimal du programme de promotion de la réforme agraire. J’espère qu’on obtiendra ce financement afin de mettre en pratique l’expérience acquise lors de la formation !</p>
<p>J’ai un oncle qui a utilisé toute sa vie des produits chimiques. Il est maintenant fort malade. J’ai insisté pour qu’il comprenne que c’est à cause de ces produits chimiques qu’il a abîmé sa santé. Ces derniers temps, il a accepté que je vienne l’aider dans une production plus naturelle, moins chimique. On verra s’il changera après cette expérience».</p>
<p><strong>Geraina </strong>: « La seule expérience que j’ai appris ici et que j’ai pu mettre en œuvre dans mon assentamento, c’est celle de créer un compost pour plusieurs familles. J’ai appris à entretenir un compost, et les familles ont accepté que je fasse le suivi des composts qu’elles ont installés après les explications que j’avais données lors des assemblées ».</p>
<p><a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/08/DSC01469.JPG" target="_blank" rel='lytebox[voix-de-3-jeunes-bresiliens-du-mst]'><img class="alignright size-medium wp-image-953" title="DSC01469" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/08/DSC01469-300x225.jpg" alt="DSC01469" width="300" height="225" /></a><strong>FDH : Pouvez-vous parler des étapes du cours ?</strong></p>
<p><strong>Geraina </strong>: « Le cours est fait en trois étapes. Les premiers mois dans le Centre de formation suffisent pour que vous, une fois cette étape terminée, vous en sortiez ‘comme un grand’. Ainsi, vous savez déjà parler de plusieurs sujets, vous savez déjà comment fonctionne l’agriculture, vous connaissez déjà l’histoire du Brésil… Beaucoup de choses ! Je n’ai jamais appris autant de choses dans mon école « traditionnelle ». Là, on devait écrire ce que le prof disait et on devait apprendre par cœur, sans réfléchir, pour avoir des bons points. Si l’école normale était comme le cours ‘Pé no Chão’, alors on ne l’abandonnerait pas ! »</p>
<p><strong>Ana </strong>: « A l’école ‘traditionnelle’, tout est individualiste. Vous êtes seul, les points qu’on vous donne sont à vous seul. Ce que vous apprenez, ce n’est que pour vous. Ici, on décide ensemble du type d’agriculture qu’on va faire sur le terrain du Centre (2), on décide de la nourriture qu’on va manger, du type de pratiques qu’on va mettre en oeuvre, de la façon d’élaborer des règles de vie en commun, on est en collectif comme dans les acampamentos et les assentamentos.</p>
<p>Ce qui est fondamental pour moi, c’est qu’ici nous tous sommes traités comme des êtres humains semblables. On ne fait pas de différence si on est noir, métis, homme, femme, homosexuel, pauvre, paysan, … Dans les écoles traditionnelles, tous font la différence et vous êtes traité selon votre condition sociale. Ici, dans ‘Pé no Chão’, on est tous des jeunes de la Réforme Agraire ».</p>
<p><strong>Rogelio </strong>: « Ici, on connaît l’autre partie de l’histoire. Par exemple, on a toujours entendu dire que les noirs ont été libérés de l’esclavage parce que les propriétaires terriens l’ont voulu ainsi. Ici, en retraçant l’histoire de Zumbi, on se rend compte que la libération des esclaves correspond aussi à toute une lutte des noirs, des fuites vers les «quilombos»(3), des indigènes qui n’ont pas voulu se soumettre. On a un autre regard sur l’histoire de notre peuple.</p>
<p>L’objectif de ‘Pé no Chão’, c’est de nous montrer, à nous les jeunes, la réalité et de nous donner les outils pour la transformer, l’améliorer. Je trouve qu’on ne devrait jamais arrêter de soutenir ce type de cours car ils permettent que les jeunes se forment et qu’ils ne rentrent pas dans la spirale de la drogue, qu’ils ne « s’échappent pas » vers les villes où ils n’ont pas d’autres possibilités que devenir des délinquants. Il faut avoir plus de cours comme ‘Pé no Chão’ pour que les jeunes se forment et apprennent à mieux vivre, contribuent avec leurs familles à l’amélioration de l’agriculture, et à l’amélioration de notre pays. C’est une demande des jeunes des assentamentos : il faut pouvoir continuer à avoir ce cours ‘Pé No Chão’ ! »</p>
<p><strong>Notes </strong><em>:</em></p>
<ol>
<li>Un « assentamento » regroupe des familles de paysans qui ont reçu l’approbation officielle après l’occupation d’une terre, alors qu’un « acampamento » est constitué d’un groupe de familles dont l’occupation de la terre n’est pas encore légalisée</li>
<li>Le Centre Paulo Freire est situé dans un assentamento pilote. Quelques hectares de cet assentamento sont gérés par les jeunes suivant la formation « Pé no Chão » et « Savoirs de la Terre »</li>
<li>Les quilombos sont les villages et communautés que formaient les esclaves en fuite à l’intérieur des terres</li>
</ol>
<p><em>Découvrir notre projet</em> : <a href="http://www.freresdeshommes.org/nos-activites/projets-sud/bresil-former-les-jeunes/" target="_blank">&laquo;&nbsp;Brésil : former les jeunes&nbsp;&raquo;</a></p>
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