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	<title>Freres des Hommes &#187; RDC</title>
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		<title>Congo : la guerre dans la guerre</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Jun 2010 12:50:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
La guerre au Congo a été d’une violence extrême envers la population civile. Au point qu’être fusillé était considéré par les gens comme une chance. Ils sont nombreux ceux qui ont dû creuser leur propre tombe pour y être enterrés vivants.
Une affiche d’Amnesty International où l’on voit les tours jumelles en feu résume le mieux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/06/femmescongo.jpg" target="_blank" rel='lytebox[congo-la-guerre-dans-la-guerre]'><img class="alignright size-medium wp-image-892" title="femmescongo" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/06/femmescongo-300x224.jpg" alt="femmescongo" width="258" height="141" /></a><br />
La guerre au Congo a été d’une violence extrême envers la population civile. Au point qu’être fusillé était considéré par les gens comme une chance. Ils sont nombreux ceux qui ont dû creuser leur propre tombe pour y être enterrés vivants.</p>
<p>Une affiche d’Amnesty International où l’on voit les tours jumelles en feu résume le mieux la situation : Au Congo, c’est le 11 septembre 2001 tous les jours. Commencée dans les années nonante, cette hécatombe a fait plus cinq millions de morts et deux millions et demi de déplacés dans l’Est du Congo.</p>
<p>Aussi, la situation au Congo est spécifique de par l’ampleur et la nature de la violence subie par les femmes, affirme Venantie Bisimwa Nabintu, sociologue active à Bukavu, de passage en Belgique pour recevoir le Doctorat honoris causa à l’UCL.</p>
<p>A la discrimination traditionnelle envers les femmes s’est ajoutée à présent la violence comme arme de guerre. Cette violence a son origine dans l’importation des conflits et des méthodes des pays voisins, vu que le Congo a été envahi à plusieurs reprises par des troupes étrangères. Avant ces conflits, il y avait des viols et ils étaient condamnés par des voies traditionnelles.</p>
<p>C’est à partir de 1999 que les viols sont devenus systématiques. Et ce ne sont pas de viols commis uniquement pour assouvir une pulsion sexuelle, mais c’est l’application des violences aux femmes comme arme de guerre.</p>
<p>« Attachée à un arbre les yeux bandés, j’écoutais impuissante, la peur dans le ventre, les pleurs et cris de détresse de ma sœur pendant que des hommes en armes la violaient » raconte une rescapée.</p>
<p>Ces formes de violence sont indescriptibles, des viols collectifs devant les enfants, des femmes enterrées vivantes, des femmes enceintes piétinées. Au point qu’on en arrive à se demander : est-ce bien vrai ? Les femmes ont été abandonnées à leur sort, tous les standards internationaux de protection aux femmes étaient inexistants.</p>
<p>La Coalition contre les violences faites aux femmes a été créée en 2000 par une centaine d’associations locales de l’Est du Congo. L’ONG internationale Human Right Watch  a commencé a relayer l’information. Une loi visant à la répression de la violence sexuelle envers les femmes a été dictée, qui protège les femmes sur le papier mais qui, sur le terrain, est difficilement applicable.</p>
<p>Face à ce drame, la réponse humanitaire ne suffit pas. Cela touche la cohésion sociale, le déséquilibre s’installe sur tous les plans, démographique, productif, familiale. La population est groggy. La réponse devrait être aussi complexe et multidimensionnelle que le problème.</p>
<p>L’opinion publique internationale commence à être informée de la situation des femmes dans l’Est du Congo, la mobilisation tarde néanmoins à se produire. L’impunité a été consacrée dans le Dialogue intercongolais et les tribunaux internationaux sont réticents à se saisir de ce drame.</p>
<p>Ce sont les femmes elles-mêmes les plus actives dans la dénonciation : la Marche mondiale des femmes a élu en cette année 2010 comme point d’arrivée la ville de Bukavu. Sa devise en dit long sur leur démarche : Tant que des femmes seront victimes des violences, d’autres femmes seront en marche.</p>
<p><em>Antonio de la Fuente, Iteco</em></p>
<p><strong>Extrait de la revue Antipodes, <a href="http://www.iteco.be/-Congo-cinquante-ans-" target="_blank">« Congo », n°188,</a> Iteco, mars 2010</strong></p>
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		<title>Chanter pour les femmes congolaises !</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 10:38:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Eglise Saint-Marc d’Uccle. Dimanche 7 mars. Vous étiez plus de 200 à venir applaudir la chorale La Pastourelle de Braine-l’Alleud&#8230;A venir tout simplement partager une après-midi solidaire. Des choristes tout de rouge et noir vêtus. Elégance! Quelle admiration! Quelle joie! Quel grand bonheur d&#8217;entendre les voix de ces femmes. De ces hommes&#8230;Merveilleuses voix!&#8230;«O Musica» «Alleluia» [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/03/chorale-7-mars-2010-002.jpg" target="_blank" rel='lytebox[chanter-pour-les-femmes-congolaises]'><img class="alignright size-medium wp-image-655" title="chorale 7 mars 2010 002" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/03/chorale-7-mars-2010-002-300x225.jpg" alt="chorale 7 mars 2010 002" width="260" height="141" /></a>Eglise Saint-Marc d’Uccle. Dimanche 7 mars. Vous étiez plus de 200 à venir applaudir la chorale <a href="http://chorale-la-pastourelle.be/" target="_blank">La Pastourelle de Braine-l’Alleud</a>&#8230;A venir tout simplement partager une après-midi solidaire. Des choristes tout de rouge et noir vêtus. Elégance! Quelle admiration! Quelle joie! Quel grand bonheur d&#8217;entendre les voix de ces femmes. De ces hommes&#8230;Merveilleuses voix!&#8230;«O Musica» «Alleluia» «Everybody sings freedom» «Que serais-je sans toi ?» «Tout va très bien, Madame la Marquise» «Chanter» etc&#8230;Le plaisir de chanter. Chanter pour les femmes congolaises !</p>
<p>« <strong>Fragilité, ton nom est femme ! </strong>» <em>William Shakespeare, Hamlet</em></p>
<p>Un concert dont les bénéfices permettront de soutenir une association de femmes de la région du Sud Kivu en République Démocratique du Congo :</p>
<ul>
<li style="text-align: left;">création d’unités de production d’huile de palme (la matière première pour la fabrication de savons à Bukavu),</li>
<li style="text-align: left;">et de maïs pour la fabrication de farine de maïs. Celle-ci pourra être commercialisée à Bukavu par la filière «commerce en produits alimentaires».</li>
</ul>
<p><a href="http://www.freresdeshommes.org/nos-activites/projets-sud/rdc-micro-entreprises-feminines/" target="_blank">En savoir plus sur notre partenaire local en RDC&#8230;</a></p>
<p>Encore bravo et merci à vous tous , public et choristes&#8230; un pur moment de ravissement !</p>
<p><a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/03/P1120194.jpg" rel='lytebox[chanter-pour-les-femmes-congolaises]'><img class="alignleft size-medium wp-image-690" title="P1120194" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/03/P1120194-300x199.jpg" alt="P1120194" width="260" height="169" /></a></p>
<p>« La musique chasse la haine chez ceux qui sont sans amour. Elle donne la paix à ceux qui sont sans repos, elle console ceux qui pleurent. »<br />
<em>Pablo Casals</em><br />
<a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/03/chorale-7-mars-2010-003.jpg" rel='lytebox[chanter-pour-les-femmes-congolaises]'><img class="alignright size-medium wp-image-694" title="chorale 7 mars 2010 003" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/03/chorale-7-mars-2010-003-300x225.jpg" alt="chorale 7 mars 2010 003" width="260" height="169" /></a></p>
<p>«Partout où l’homme a dégradé la femme, il s’est dégradé lui-même.»<br />
<em>Charles Fourier</em></p>
<p>«La musique donne une âme à nos coeurs et des ailes à la pensée.»<br />
<em>Platon, Extrait du poème La Musique</em></p>
<p><a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/03/P1120196.jpg" rel='lytebox[chanter-pour-les-femmes-congolaises]'><img class="size-medium wp-image-712 alignleft" title="P1120196" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/03/P1120196-300x199.jpg" alt="P1120196" width="260" height="169" /></a><br />
«De la femme vient la lumière.»<br />
<em>Louis Aragon, Le Roman inachevé</em><br />
<a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/03/chorale-7-mars-2010-007.jpg" rel='lytebox[chanter-pour-les-femmes-congolaises]'><img class="alignright size-medium wp-image-715" title="chorale 7 mars 2010 007" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/03/chorale-7-mars-2010-007-300x225.jpg" alt="chorale 7 mars 2010 007" width="260" height="169" /></a><br />
<a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/03/P1120197.jpg" rel='lytebox[chanter-pour-les-femmes-congolaises]'><img class="alignleft size-medium wp-image-717" title="P1120197" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/03/P1120197-300x199.jpg" alt="P1120197" width="260" height="169" /></a><br />
<a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/03/P1120189.jpg" rel='lytebox[chanter-pour-les-femmes-congolaises]'><img class="alignright size-medium wp-image-719" title="P1120189" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/03/P1120189-300x199.jpg" alt="P1120189" width="260" height="169" /></a><br />
«La musique a été donnée à l’homme pour qu’il soit heureux, pour accentuer les moments importants de sa vie.»<br />
<em>Andrei Stoiciu, Extrait de Montana</em><br />
<a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/03/P1120200.jpg" rel='lytebox[chanter-pour-les-femmes-congolaises]'><img src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/03/P1120200-300x199.jpg" alt="P1120200" title="P1120200" width="260" height="169" class="alignleft size-medium wp-image-725" /></a><br />
<a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/03/P1120191.jpg" rel='lytebox[chanter-pour-les-femmes-congolaises]'><img src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/03/P1120191-300x199.jpg" alt="P1120191" title="P1120191" width="260" height="169" class="alignleft size-medium wp-image-727" /></a><br />
<a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/03/P1120192.jpg" rel='lytebox[chanter-pour-les-femmes-congolaises]'><img src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2010/03/P1120192-300x199.jpg" alt="P1120192" title="P1120192" width="260" height="169" class="alignleft size-medium wp-image-730" /></a><br />
«Ce génie particulier de la femme qui comprend l’homme mieux que l’homme ne se comprend.»<br />
<em>Victor Hugo, Les Misérables</em></p>
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		<title>Comment l’éducation populaire donne un nouveau visage  à la femme congolaise</title>
		<link>http://www.freresdeshommes.org/education-populaire-en-rdc/</link>
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		<pubDate>Thu, 08 Oct 2009 10:03:16 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Education populaire]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans le Sud Kivu, à l’Est du Congo, l’APEF (Association pour la Promotion de l’Entreprenariat Féminin) se bat aux côtés des femmes afin qu’elles puissent développer des moyens de subsistance et défendre leurs droits. Son fil conducteur et outil de prédilection avec ce public très défavorisé : l’éducation populaire. Notre  responsable du projet, Cecilia Díaz, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a title="Grâce à l’aide de l’APEF  des centaines de femmes ont pu améliorer leur niveau de vie." href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2009/10/DSC00170.jpg" target="_blank" rel='lytebox[education-populaire-en-rdc]'><img class="alignright size-medium wp-image-349" title="DSC00170" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2009/10/DSC00170-300x159.jpg" alt="DSC00170" width="260" height="140" /></a>Dans le Sud Kivu, à l’Est du Congo, l’APEF (Association pour la Promotion de l’Entreprenariat Féminin) se bat aux côtés des femmes afin qu’elles puissent développer des moyens de subsistance et défendre leurs droits. Son fil conducteur et outil de prédilection avec ce public très défavorisé : l’éducation populaire. Notre  responsable du projet, Cecilia Díaz, a recueilli les témoignages de Nunu Salufa, coordinatrice et animatrice, et Anny Ilunga Mujinga, chargée des animations au sein de l’association. Des propos éclairants sur les méthodes concrètes utilisées par l’éducation populaire et les fruits qu’elle peut apporter.</p>
<p><strong>Cecilia Díaz, Frères des Hommes (C.D) : Comment concevez-vous votre travail d’éducation populaire avec les femmes congolaises?</strong></p>
<p><strong>Anny Ilunga Mujinga (A.I.M) : </strong>En fait, notre objectif est que les femmes conscientisent les problèmes vécus et qu’à travers la sensibilisation, elles parviennent à changer, que les mentalités, les comportements puissent se transformer.</p>
<p><strong>Nunu Salufa (N.S.) :</strong> Par ce changement des mentalités, nous voulons parvenir à une société équitable où hommes et femmes trouvent leur place sans qu’aucune partie ne soit lésée. Il faut dire que le contexte général est difficile, c’est celui d’une dégradation économique qui perdure depuis plus de 35 ans en raison de la mauvaise gestion du pays. Au règne de Mobutu ont succédé des conflits dans la région des Grands Lacs, des guerres à répétition….  Cette situation a entraîné une débâcle socio-économique qui a contraint la femme à trouver elle-même des moyens de subsistance pour la famille. L’APEF en accompagne ainsi 1800 rassemblées dans plus de 80 petites associations à l’heure actuelle à travers, entre autres, l’octroi de micro-crédits leur permettant de mettre sur pied des commerces,  faire de l’élevage de poulets, de la savonnerie, etc…. Et aujourd’hui, ce sont elles qui pallient en grande partie aux besoins familiaux ou qui assument le paiement des frais scolaires des enfants, les soins de santé, les dépenses ménagères, la nourriture, etc…</p>
<p><strong>C.D : Quelle est votre approche ? </strong></p>
<p><strong>N.S :</strong> Nous avons une approche participative, c’est-à-dire que quand nous rencontrons une communauté, nous cherchons d’abord à la connaître par le biais d’interviews. Ensuite, nous allons vers elle afin de nous imprégner des problèmes qu’elle vit. Ensemble, nous essayons de tracer des lignes directrices qui peuvent aider la femme à sortir de ses problèmes. En fait, nous nous intéressons plus spécifiquement à la femme car nous savons qu’à travers elle, c’est toute la communauté qui va bénéficier de l’information. La méthode participative est très exigeante pour les animateurs, mais c’est à notre sens la meilleure car elle permet que la personne se découvre et ensemble, nous pouvons essayer de trouver des solutions.</p>
<p><strong>C. D : Concrètement, comment procédez-vous pour transmettre l’information, pour inciter les femmes à participer?</strong></p>
<p><strong>N.S :</strong> Parfois, j’utilise des saynètes. A travers le théâtre et la mise en scène, la femme écoute, s’identifie aux personnages et tire des leçons de son vécu. Le message passe aisément. C’est une des meilleures façons de communiquer, surtout avec ces femmes qui sont pour la plupart accablées par les problèmes. Cette méthode permet de mieux capter leur attention et de faire passer des idées. Nous mettons donc en scène une histoire où l’on parle, par exemple, de la façon de bien gérer le micro-crédit, on aborde la question des « magouilles » aussi…</p>
<p><strong>A.I.M.</strong> : Nous avons découvert que cette méthode favorise une meilleure compréhension chez la femme. C’est vrai, son esprit est souvent encombré de beaucoup de problèmes et elle ne peut pas tout mémoriser. Par le théâtre, elle apprend plus facilement. Les scènes lui rappellent parfois quelque chose qu’elle a vécu ou entendu.</p>
<p><strong>N.S</strong> : En plus des saynètes, nous organisons aussi des carrefours à travers lesquels les femmes peuvent se découvrir également. Par exemple, je prépare un questionnaire sur l’approvisionnement ou les produits à commercialiser. Les femmes travaillent alors en groupes et exposent ensuite le résultat de leurs échanges à la salle. Au moment de la mise en commun à laquelle tout le monde participe, j’essaie de faire des commentaires, des ajouts par rapport aux travaux réalisés par les femmes. C’est un espace de discussion où elles peuvent encore poser des questions. Voilà des méthodes qui font que les femmes mémorisent rapidement la matière.</p>
<p><strong>A.I.M.</strong> : Les carrefours s’inscrivent également dans l’approche participative dans la mesure où l’on donne l’occasion à la femme de libérer son expression. Dans le carrefour, chacune est obligée de parler, d’apporter sa contribution au travail qui lui a été proposé en parlant de ce qu’elle connaît, de son expérience. Il y a des femmes qui n’ont pas le courage de témoigner en public, mais à travers ces petits travaux, les femmes parviennent à s’exprimer sans honte et clairement.</p>
<p><strong>C.D. : Vous demandez également à la femme qu’elle restitue la formation qu’elle a suivie auprès des autres membres de l’association…</strong></p>
<p><strong>A.I.M.</strong> : Effectivement, nous organisons ce que nous appelons une restitution guidée. La formation est donnée à un petit nombre de femmes et nous nous efforçons ensuite de les accompagner dans un exercice de restitution auprès du groupe élargi qui n’a pas eu la chance de participer au cours. C’est une façon de faire parvenir le message à tout le monde.  Notre rôle est alors d’aider la femme qui a été à la formation en la complétant dans ce qu’elle n’a pas été capable de reformuler. La formation ne se limite donc pas à un groupe de personnes, mais ainsi fait tache d’huile et cela donne de bons résultats.</p>
<p><strong>N.S.</strong> : Un engagement est en fait pris par ces femmes qui participent à la formation pour qu’elles en restituent le contenu auprès de leur groupe. C’est une des obligations que nous leur demandons de prendre. Elles ne peuvent faire cette restitution seules car parfois les matières sont ardues. Il faut qu’elles soient aidées et accompagnées lors de la transmission du message. Nous avons donc pour obligation à notre tour d’aider cette femme à transmettre la formation aux autres. C’est la raison pour laquelle nous parlons de restitution guidée dans la mesure où la femme doit être guidée par la formatrice qui a participé à la formation. C’est une bonne méthode car nous ne pouvons pas convoquer aux formations les 1800 femmes qu’APEF encadre.</p>
<p><strong>C.D. : Quels sont les besoins auxquels vous tentez de répondre par cette méthode ?</strong></p>
<p><strong>A.I.M.</strong> : Les besoins sont vraiment énormes. Les femmes demandent à être soutenues dans leurs multiples difficultés, elles veulent faire entendre leur voix et nous les conscientisons donc afin qu’elles puissent être représentées au travers des postes de décisions.</p>
<p><strong>N.S.</strong> : Les femmes éprouvent le besoin d’harmonie dans les familles en terme de genre et il y a des milieux où cette harmonie n’existe pas. La masse de travail est considérable sur ce plan et nous pensons que l’APEF seule n’est pas en mesure de couvrir tous ces besoins. Parmi ceux-ci, nous remarquons que les femmes n’arrivent parfois pas à comprendre qu’elles sont exposées à beaucoup de maladies. Nous faisons donc de la sensibilisation sur cette question. N’osant se refuser à leur mari, certaines tombent enceintes et accouchent même parfois deux fois par an, ce qui est vraiment anormal lorsque l’on est dans un processus de survie. En effet, où trouvera-t-elle les revenus pour nourrir ses enfants ? Certains souffrent par conséquent de malnutrition. Un appui en terme de santé reproductive de la femme est indispensable dans la région. Nous tentons bien de contacter des organisations dans le secteur, mais elles sont peu nombreuses et ne parviennent pas toujours à répondre aux besoins d’animations.</p>
<p><strong>C.D. : Quelles sont les difficultés majeures que vous rencontrez ?</strong></p>
<p><strong>N.S.</strong> : Les femmes ont parfois des difficultés à dégager du temps pour participer aux formations. En effet, leurs besoins nécessitent qu’elles s’occupent de leurs activités quotidiennes, de l’approvisionnement de leur famille, etc. La femme est en quête de survie, ne l’oublions pas. Par ailleurs, les outils de communication font défaut. Si nous voulons transmettre une information à une femme qui se trouve très loin de Bukavu, nous n’y parvenons pas toujours car il n’y a ni courrier électronique, ni radio… Les femmes des campagnes sont donc particulièrement isolées. Les intervenants dans la région sont également peu nombreux ou parfois, n’ont pas les moyens de travailler avec les populations. Ce manque de moyens limite également le suivi qui devrait être apporté à certaines actions. Nous nous trouvons également face à cette problématique lorsqu’une femme veut avoir un crédit important car l’APEF n’est pas toujours en mesure de le lui accorder. Comme les femmes sont nombreuses, nous cherchons à satisfaire au moins une partie des demandes, mais les autres restent en attente et parfois se découragent.</p>
<p><strong>C.D. : Mais il y a aussi les réussites, bien entendu…</strong></p>
<p><a title="Depuis 2006, l’APEF cible ses actions sur les ménages, principalement en milieu rural. Les hommes sont ainsi directement impliqués pour permettre un changement de regard de la société congolaise sur les femmes." href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2009/10/DSC00196.JPG" target="_blank" rel='lytebox[education-populaire-en-rdc]'><img class="alignleft size-medium wp-image-366" title="DSC00196" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2009/10/DSC00196-300x225.jpg" alt="DSC00196" width="300" height="225" /></a><strong>A.I.M.</strong> : Sans aucun doute. Ainsi, nous remarquons maintenant que les femmes sont davantage à  l’avant-plan. Certaines gèrent même des petites unités de production. La méthode participative que nous utilisons a aussi encouragé beaucoup d’hommes à s’impliquer dans les activités de leurs épouses. Certains sont même disposés à faire de la sensibilisation sur la problématique du genre, que ce soit à travers des émissions de radio ou encore lors de rencontres avec d’autres hommes. Notre travail a également incité des femmes à insister pour régulariser leur mariage et ainsi faire valoir leurs droits au sein de la famille. Petit à petit, nous constatons que plus d’hommes et de femmes travaillent ensemble, que les barrières tombent. L’homme commence à découvrir que la femme est un partenaire incontournable et qu’ils doivent collaborer.</p>
<p><strong>N.S</strong>: Le rapprochement hommes/femmes se voit également par le fait que nous avons commencé à octroyer des crédits aux ménages (et donc plus seulement à la femme). Nous savons que cela renforce le pouvoir de la femme au sein de la famille car si l’homme a obtenu ce crédit, il sait que c’est grâce à elle. Alors qu’au départ, le mari empêchait parfois son épouse de sortir, il l’encourage maintenant de plus en plus souvent à poursuivre son activité car il a compris les bénéfices que pouvait en tirer la famille. C’est ainsi que l’image de la femme évolue peu à peu… Et puis, la femme est maintenant persuadée qu’elle doit aussi se préoccuper de son avenir et notamment de sa pension. Elle apprend à gérer son argent en conséquence, en économisant pour ses vieux jours au lieu de compter sur ses enfants. C’est donc également son autonomie future qu’elle prépare de la sorte. Enfin, au terme de 12 années d’expérience sur le terrain, l’APEF commence à constater que certaines femmes sortent peu à peu de l’économie informelle pour passer dans l’économie formelle. C’est également une belle réussite. Notre apport est également reconnu au sein du CRONG (Conseil Régional des Organisations Non Gouvernementales) car l’APEF a permis l’émergence des activités de la femme dans la région. Concrètement, cela a contribué à améliorer la scolarisation des enfants et l’accès à l’université pour les jeunes. Sur la scène politique, les choses changent également. Prenons simplement l’exemple de Zita Kavungirwa, ancienne coordinatrice de l’APEF. Elle est maintenant devenue maire de Bukavu. Ceci traduit que la femme a aujourd’hui davantage de pouvoir, qu’elle est mieux reconnue, davantage en mesure de se défendre.</p>
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		<title>Témoignage de Zita Kavungirwa, Bukavu</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Nov 2008 15:10:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Lundi 6 octobre, on m’invite à la Mairie de Bukavu (Sud-Kivu, RDC) afin d’assister à l’investiture de la nouvelle Maire de la ville. « Je suis très contente de te voir ici. Tu voulais que je devienne Maire de la ville…..et finalement, je suis devenue Maire de Bukavu!», me dit en m’embrassant Madame Zita Kavungirwa.
Ancienne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a title="Zita Kavungirwa" href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2008/11/zita.jpg" rel='lytebox[temoignage-de-zita-kavungirwa-bukavu]'><img class="alignright size-medium wp-image-226" title="zita" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2008/11/zita-300x149.jpg" alt="" width="260" height="131" /></a>Lundi 6 octobre, on m’invite à la Mairie de Bukavu (Sud-Kivu, RDC) afin d’assister à l’investiture de la nouvelle Maire de la ville. « Je suis très contente de te voir ici. Tu voulais que je devienne Maire de la ville…..et finalement, je suis devenue Maire de Bukavu!», me dit en m’embrassant Madame Zita Kavungirwa.</p>
<p>Ancienne collaboratrice de la grande organisation Solidarité Paysanne et fondatrice de l’Association pour l’Entreprenariat Féminin (partenaire de longue date de FdH), Zita Kavungirwa s’est lancée en politique pour « faire bouger les choses », donner une place à la femme dans les différentes sphères de la vie publique. Cela s’est avéré très difficile dans un pays qui vit des conflits armés constants, qui sort de la dictature et qui cherche à construire une démocratie en prenant en compte la parité Homme/Femme.</p>
<p><a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2008/11/dscn3358.jpg" rel='lytebox[temoignage-de-zita-kavungirwa-bukavu]'><img class="alignleft size-medium wp-image-227" title="dscn3358" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2008/11/dscn3358-300x224.jpg" alt="" width="300" height="224" /></a>Dans les conflits armés, ce sont principalement les femmes et les enfants qui ont le plus souffert : les atrocités et la violence envers les femmes, et l’extrême pauvreté qui touche tout particulièrement cette partie importante de la population,  sont amplement connus de nous tous. Afin de contribuer à un changement vers plus de démocratie et de justice dans son pays, Zita Kavungirwa a assumé la difficile tâche de se faire un chemin dans la politique.</p>
<p>Le gouverneur de la Province commence la cérémonie en disant : « c’est une prémisse dans l’histoire de Bukavu : il n’y a jamais eu une femme maire dans cette ville. La tâche sera lourde, on manque de moyens, il faut reconstruire la région…nous espérons beaucoup de vous, Madame, la nouvelle Maire ».</p>
<p>L’actuel gouvernement a montré sa volonté d’appliquer la parité homme/femme dans les postes à responsabilité publique. A côté de la nomination de Madame Kavungirwa, trois autres femmes ont été investies en tant que bourgmestres des trois communes de la ville: Bagira, Kadutu et Ibanda. Il s’agit aussi de femmes engagées, membres d’associations de la société civile.</p>
<p>Pour la première fois aussi, la nouvelle Maire est invitée à lire son discours en face de la foule. Environ 500 personnes attendent à la sortie de la Mairie. Plusieurs groupes de femmes manifestent leur joie quand les responsables politiques prennent la parole.</p>
<p><em><strong>Ensuite, Zita nous dit quelques mots sur cette nomination </strong>:</em></p>
<p>« Aujourd’hui, pour les femmes de Bukavu, et peut-être aussi pour tout le pays, l’ascension de femmes au pouvoir, c’est une victoire. Une victoire pour une longue lutte parce que malgré tout ce que nous avons fait, tous les efforts pour que la parité soit inscrite dans la nouvelle constitution, on ne voyait toujours pas les femmes aux postes de commandement. La loi électorale n’a pas favorisé les femmes. Donc, la parité est inscrite dans la constitution, mais sans loi spécifique on ne pouvait pas espérer un changement réel. Aujourd’hui, on trouve beaucoup de femmes dans la nomination des autorités territoriales. Le gouvernement est -enfin !- devenu sensible à ce que nous, les femmes, nous avons toujours demandé. Il a dû exiger, même forcer les partis politiques afin qu’ils proposent des femmes aux postes de responsabilité.</p>
<p><a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2008/11/dscn3447.jpg" rel='lytebox[temoignage-de-zita-kavungirwa-bukavu]'><img class="alignright size-medium wp-image-228" title="dscn3447" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2008/11/dscn3447-300x224.jpg" alt="" width="300" height="224" /></a>Mais cette nomination est aussi –pour moi, pour les femmes et pour toute la population du Kivu-  un grand défi à relever : on souhaite une gestion différente de celle qui a été jusqu’à présent réalisée par les hommes. Nous voulons que les actions arrivent jusqu’au bout. La population a remarqué qu’en général, il y avait de bonnes idées, de bonnes initiatives, mais qui manquaient complètement de suivi et d’application. C’est ce que nous, les femmes, nous voulons changer ! »</p>
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		<title>République Démocratique du Congo :  l’économie populaire et sociale au quotidien</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Sep 2008 12:17:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Quand les structures et les infrastructures s’effondrent, l’économie populaire (ou informelle) reste l’une des seules sources de revenus pour les populations du Sud. Développement de petits commerces de vêtements, d’objets artisanaux, services de coiffure,…la variété est de mise en la matière et dépend des compétences de chacun et chacune. C’est précisément ce type d’activités que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2008/09/ventechaussures.jpg" rel='lytebox[republique-democratique-du-congo-l%e2%80%99economie-populaire-et-sociale-au-quotidien]'><img class="alignright size-full wp-image-196" title="ventechaussures" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2008/09/ventechaussures.jpg" alt="" width="590" height="250" /></a>Quand les structures et les infrastructures s’effondrent, l’économie populaire (ou informelle) reste l’une des seules sources de revenus pour les populations du Sud. Développement de petits commerces de vêtements, d’objets artisanaux, services de coiffure,…la variété est de mise en la matière et dépend des compétences de chacun et chacune. C’est précisément ce type d’activités que soutient Frères des Hommes en République Démocratique du Congo (RDC) et en particulier dans le Sud Kivu, une région fortement éprouvée par les guerres, les violences et les destructions ces dernières années. Mais concrètement, comment ces activités s’organisent-elles ? Zita Kavungirwa qui a été coordinatrice de l’APEF (association pour la promotion de l’entreprenariat féminin) explique…</p>
<p><strong>Pourrais-tu décrire la pratique de l’économie populaire et sociale de l’APEF ? </strong></p>
<p><strong>Zita Kavungirwa (ZK) :</strong> Il s’agit d’une économie populaire par le biais de laquelle les femmes tentent de s’organiser pour trouver un revenu. Par exemple, aux endroits où se rassemble la population, elles vont créer une petite restauration, proposer des services de coiffeuse…Comme elles n’ont pas confiance dans les institutions financières officielles, d’ailleurs quasi inexistantes, elles ont trouvé un système d’épargne concret qui n’utilise par directement l’argent liquide. Par exemple, à Baghira, une femme achète un sac de 25 kg de chaussures de seconde main dont elle extrait une ou deux paires parmi les meilleures et elle les conserve. Elle vend le reste et son bénéfice assure les besoins du ménage. Après avoir acheté un certain nombre de sacs, elle aura constitué une sorte d’épargne, grâce aux chaussures sélectionnées qu’elle pourra revendre plus tard à meilleur prix et renflouer ainsi son capital. C’est aussi une économie solidaire car les femmes ne travaillent pas de manière isolée, mais se soutiennent l’une l’autre par des conseils, l’échange d’informations, la constitution d’une épargne en groupe… L’APEF a encouragé ces deux aspects. Elle a incité les femmes à adopter un système plus fiable et qui permette l’épargne. La politique de crédit de l’APEF en témoigne : les femmes remboursent le crédit, mais parallèlement, elles remboursent une partie du capital chaque mois. De cette façon, l’APEF peut récupérer de quoi allouer d’autres crédits. La solidarité est née des coutumes de la population, au sein de la communauté, mais aussi en fonction des groupements par quartiers, des groupes religieux ou professionnels. Cette solidarité permet l’entraide en cas de maladies, deuil, mariage…L’APEF a encouragé la permanence de cette solidarité.</p>
<p><strong>Comment tout cela est-il expliqué aux femmes ? </strong><a title="Zita Kavungirwa" href="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2008/09/zita-kavungirwa.jpg" rel='lytebox[republique-democratique-du-congo-l%e2%80%99economie-populaire-et-sociale-au-quotidien]'><img class="alignleft size-medium wp-image-197" title="zita-kavungirwa" src="http://www.freresdeshommes.org/wp-content/uploads/2008/09/zita-kavungirwa-300x199.jpg" alt="Zita Kavungirwa" width="300" height="199" /></a></p>
<p><strong>ZK : </strong>Par une mise en scène théâtrale des événements de la vie courante qui débouche sur une analyse, ensemble, des situations présentées. C’est un apprentissage concret qui est mieux compris. On a aussi recours aux témoignages de certaines femmes qui soulignent aussi bien les côtés positifs que négatifs de leurs expériences. Certaines expériences négatives vécues par les femmes sont aussi évoquées. Les femmes ont confiance en ces témoignages car elles se connaissent et ont donc vu évoluer les situations. L’APEF apporte une sensibilisation et une formation à l’épargne. On part d’exemples concrets : celle qui a épargné et celle qui ne l’a pas fait et on souligne l’importance de l’épargne lors d’activités comme la maladie ou le deuil, ou encore pour faire le « pont » entre un premier et un deuxième crédits.</p>
<p><strong>Les femmes parlent-elles facilement de leurs problèmes ?</strong></p>
<p>ZK : Une fois les solutions trouvées, les femmes sont fières et témoignent volontiers. Sans solution, il est plus difficile d’en parler. Au début, les femmes exposaient leurs problèmes aux animatrices. Désormais, elles les exposent devant tout le monde. Elles considèrent aussi leur association comme un lieu d’expression.</p>
<p><strong>Les femmes ont donc créé un système d’économie populaire face aux difficultés. Que se passera-t-il en cas de normalisation de la vie en RDC ?</strong></p>
<p><strong>ZK </strong>: A ce moment-là, peut-être ouvriront-elles des comptes à la coopérative d’épargne ou dans des banques. Elles pourraient alors bénéficier de crédits plus diversifiés : comme par exemple, un crédit pour un projet social concernant les frais de voyage d’un enfant pour aller à l’université ou la construction d’une maison.</p>
<p><strong>Les unités de savonnerie et de teinturerie où travaillent les femmes ne sont-elles pas en compétition ?</strong></p>
<p><strong>ZK </strong>: Non, car les productions sont encore peu importantes. Nous allons travailler sur la quantité et sur la qualité de production pour bien nous adapter au marché plutôt que de multiplier les unités. Nous pensons aussi à la nécessité d’avoir un lieu de vente où l’on puisse acheter les produits de l’APEF, en tout cas pour les savons et la teinturerie, comme un hangar par exemple.</p>
<p><strong>L’objectif final est de créer des pôles d’achat et peut-être des coopératives. Cela amène à une autre forme d’économie, différente de celle où chacun développe son propre commerce. En parlez-vous ensemble ?</strong></p>
<p><strong>ZK </strong>: Certaines femmes en font elles-mêmes la demande.</p>
<p><em class="highlight-block">Propos recueillis par Cecilia Díaz</em></p>
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