Notre partenaire, le CUC souffle ses 34 bougies !

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Notre partenaire, le CUC, Comité d’Unité Paysanne, fête en ce mois d’avril l’anniversaire d’un engagement de 34 ans aux côtés des petits paysans guatémaltèques. A cette occasion, le CUC diffuse le communiqué suivant : TRENTE QUATRE ANNEES DE TETE CLAIRE, DE COEUR SOLIDAIRE ET DE POINGS SERRES, PRETS AU COMBAT. Nous, femmes et les hommes qui travaillons aux champs, nous les indigènes et les ladinos pauvres, nous qui avons uni nos pensées et nos coeurs, nous qui avons fait de la lutte de chacun et de chacune une lutte collective et organisée qui donna naissance au Comité pour l’Unité Paysanne, nous voulons envoyer un salut fraternel aux communautés, aux peuples, aux organisations et aux personnes qui, au niveau national et international, nous ont accompagnés sur ce chemin tout au long de ces trente-quatre années.

Aujourd’hui, notre organisation célèbre une année de plus de luttes, de résistances, de victoires, de leçons apprises au cours de ce processus durant lequel notre organisation est passée par différentes étapes, dans des contextes différents, mais qui nous ont vus chercher à être fidèles à la consigne que nous nous étions donnée dès la naissance de notre mouvement.

Avoir la tête claire pour défendre les besoins, les exigences et les intérêts des communautés indigènes et paysannes, une tête claire pour détruire à la racine l’injustice et un système caractérisé par l’exploitation et l’exclusion.

Avoir un coeur solidaire pour unir notre lutte à la résistance et à la lutte de toutes ces organisations et communautés avec lesquelles nous cherchons à transformer la situation d’injustice que nous connaissons dans notre pays et que d’autres pays connaissent.

Avoir les poings serrés et prêts à la lutte parce que nous savons que nous affrontons des pouvoirs qui ont voulu nous dominer et devant lesquels nous affirmons très haut notre dignité et aussi parce que nous savons qu’à aucun moment le combat ne doit faiblir.

En cette année 2012, nous célébrons également la fin du cycle OXLAJUJ BAKTUN (treize baktun). Nous réaffirmons à cette occasion que la lutte et la mobilisation populaire constituent le chemin qui conduira notre pays vers une nouvelle ère.

C’est dans cet esprit et habités par cette certitude, qu’avec d’autres organisations nous avons lancé un appel afin d’organiser et de réaliser une Marche Indigène, Paysanne et Populaire.

Ce qui nous a poussés à organiser cette mobilisation, c’est le fait qu’une année s’est passée depuis les expulsions de Polochic et qu’aucune réponse n’a été donnée aux communautés qui ont été expulsées. Ce qui nous a également motivés, c’est que ce gouvernement en est arrivé à accélérer le processus de militarisation entamé par le parti UNE alors au pouvoir, et que ce gouvernement doit entendre la voix et le sentiment de milliers de communautés à travers tout le pays. Ce qui nous a motivés, c’est aussi que nous avons dit NON aux expulsions et à la criminalisation, NON à l’industrie minière, aux industries hydroélectriques, aux monocultures et aux autres mégaprojets, NON à ce que de nouveau des terres nous soient volées.

Ce qui nous a motivés, c’est que nous avons dit OUI à la Vie, UI à la terre pour les paysannes et les paysans, OUI à la Défense de la Mère Nature.

La Marche Indigène, Paysanne et Populaire nous a montré qu’à travers tout le pays de nombreuses communautés et organisations disent YA BASTA, C’EST ASSEZ. Assez d’injustice, d’oreilles restant sourdes à nos cris et devant nos exigences. Ces communautés et ces organisations ainsi que les personnes partageant leur projet affirment que l’heure est venue de dépasser nos divisions dans la lutte au nom des intérêts populaires, que l’heure est venue de marcher tous ensemble, comme nous l’avons fait tout au long de ces 214 kilomètres, affrontant la fatigue et les difficultés, écoutant toutes ces voix s’élevant aux quatre coins de notre pays, unissant nos forces et nos pensées, affirmant clairement nos objectifs et nos exigences. La Marche nous a permis également de mieux voir de quel côté se trouvaient les organisations, les communautés et les personnes.

La Marche nous a montré que, oui, nous pouvons rassembler nos diverses exigences locales et les transformer en une clameur nationale. Elle nous a montré que nous ne pouvons plus continuer à attendre, parce qu’on nous a fait attendre pendant des générations. Elle nous a montré que la lutte est le seul moyen dont nous disposons pour que notre voix soit entendue. Elle nous a montré que, grâce à nos mains et à la force organisée dont nous disposons, nous avons la certitude que nous commençons à construire un nouveau cycle à l’occasion de ce nouveau baktun qui débutera à la fin de cette année.

Au moment où nous entamons une nouvelle année de lutte, nous avons voulu l’entreprendre avec nos frères et sœurs de la Communauté Indigène Xinca de Santa María Xalapán. En plus de nous sentir unis dans une lutte commune, nous avons en effet la certitude que ce temps est celui des Peuples Originaires. Un temps où toutes celles et tous ceux qui, avec nous, veulent un Guatemala fondé sur la reconnaissance de la diversité, de la dignité et de la justice, poursuivent leur marche tous ensemble.

C’est pour ces raisons que nous faisons appel à tous ceux qui ont participé à la Marche Indigène, Paysanne et Populaire ; à tous ceux qui ont apporté leur soutien pour que cette Marche fût possible ; à tous ceux qui ont suivi nos pas, poussés par une espérance sans cesse renouvelée et dont le cœur, malgré qu’ils soient à des kilomètres de distance, marchait avec nous tous et nous toutes. Nous lançons un appel à toutes celles et à tous ceux avec qui nous marchons pour que nous unissions nos voix et nos pensées, que nous gardions la tête claire, pour que se rejoignent nos cœurs solidaires et pour que, toutes et tous, nous levions le poing, prêts à combattre l’injustice et l’oppression.

Levons-nous, toutes et tous, et rendons possible une Aube Nouvelle.
Comité de Unidad Campesina –CUC-.
Ouvrières et ouvriers agricoles
à la tête claire, au coeur solidaire, les poings serrés, prêts au combat.
Ixim uleu Jun Tz’i
Guatemala 15 Avril 2012

Traduit par Jean-Pierre Plumat

De nombreuses réunions et formations du CUC (Comité d’unité paysanne) débutent par un cérémonial. Ici, les bougies et pétales de fleurs symbolisent les 4 points cardinaux et les 4 éléments fondamentaux (feu, terre, air et eau). Tout autour ont été disposés des feuilles de papier où figurent les mots «liberté», «justice»…comme un écho aux aspirations profondes d’un peuple dont la culture a été brimée des siècles durant.
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