«Mon rêve:un Congo en paix !»: témoignage de Patient Bagenda

Patient Bagenda

Patient Bagenda est Secrétaire Général du Comité Anti-Bwaki à Bukavu, une association partenaire d’Entraide et Fraternité investie dans le développement rural et le soutien à l’agriculture familiale à l’Est du Congo. Patient a apporté son témoignage dans le cadre d’une soirée-débat organisée conjointement par Frères des Hommes et Entraide en mars à Braine-l’Alleud sur le thème « Agrobusiness vs Agroécologie ». Nous avons donc profité de son passage en Belgique pour l’interroger sur la situation actuelle en République Démocratique du Congo.

Frères des Hommes (FdH) : Qu’en est-il de la situation actuelle au Congo ? Les récents accords de paix permettent-ils d’espérer un apaisement à l’Est ?

 Patient Bagenda (P.B) : Depuis pratiquement 1990, la région se trouve dans une situation d’instabilité. Les troubles se sont accélérés vers ‘96 et subsistent encore aujourd’hui. Avant cette date, ils étaient le fruit de la contestation du régime de Mobutu. La population voulait qu’il s’en aille, que la dictature se termine. Elle avait mis tous ses espoirs dans la conférence nationale souveraine et attendait que les décisions prises dans ce cadre soient appliquées. Des élections étaient ainsi prévues en ’97, laissant espérer un nouvel ordre politique. Mais malheureusement en 96, un an avant l’échéance, la première guerre a commencé avec l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL), amenant Laurent-Désiré Kabila au pouvoir.

En ’98, une seconde guerre se déclenche avec le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) qui s’est scindé quelques mois plus tard en plusieurs groupes : le RCD-Goma, RCD-KML. Et en même temps apparaît aussi le Mouvement de Libération du Congo (MLC). Cela signifie trois rébellions en moins de deux mois, chacune occupant sa propre zone.

L’année 2003 marque la fin de la guerre et le départ des troupes rwandaises. De 2003 à 2006, le pays connaît une période de transition, toujours marquée par la violence à l’Est, et une situation d’ingouvernabilité à cause du fameux 1+4 (1). On savait que tous ces seigneurs de guerre avaient gardé leurs positions, leurs troupes et leur arsenal militaire.

Des élections se tiennent en 2006 et elles ont été une réussite totale. On ne peut jamais vraiment dire que des élections sont réussies, même dans les vieilles démocraties. Mais je veux dire par là que le pronostic de départ était négatif. Après 40 années sans élections et au vu des troubles que connaissait le pays, on peut dire que c’était une réussite. La manière dont le vote s’est passé et l’appropriation de ces élections par la population ont démenti le pronostic. On a voté dans le calme, tout allait bien. C’était le début de l’espoir d’une démocratisation qui se mettait en place, le début d’un processus vers une amélioration.

Mais en 2008, une troisième guerre débute, toujours à l’Est, avec le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) mené par Laurent Nkunda qui, avec son ami Mutebesi, met à feu et à sang le Nord et le Sud-Kivu. Et à chaque fois, ce sont des viols, des tueries, des pillages, des populations déplacées et une situation de criminalité qui se perpétue. On assiste à une multiplication des milices et des bandes armées. Le CNDP se termine aussi officiellement avec l’accord du 23 mars à Goma en 2009. Et en 2010, on a l’impression que cette fois, les gens ont compris que cela ne valait pas la peine de continuer à faire la guerre.

Viennent alors les élections de 2011. Un fiasco ! Tout le monde a critiqué la manière dont elles se sont déroulées. Vu le contexte de fraude, on ne pouvait pas attendre autre chose. La contestation se poursuit encore à l’heure actuelle et cela affecte le régime. Mais au moment où nous nous disions que nous allions organiser une résistance dans les règles, une autre guerre éclate à Goma en décembre 2012. Cette fois, avec un autre mouvement, le M23.

Si je rappelle tout cela, c’est pour montrer que la situation à l’Est reste marquée par cette instabilité qui est toujours provoquée par les mêmes hommes, les mêmes acteurs, depuis l’AFDL jusqu’à aujourd’hui. Ce sont les mêmes soldats, les mêmes groupes et les mêmes alliés internes et externes qui ne font que changer de nom en passant d’une rébellion à l’autre. Ils ne veulent pas de la stabilité, ils ne veulent pas que l’Est du pays soit gouverné dans les règles, comme les autres provinces. Le M23 a pris Goma. Souvent on ne veut pas le dire, mais on sait que ces milices sont soutenues ouvertement par le Rwanda et l’Ouganda. L’ONU elle-même en a désormais donné les preuves. La prise de Goma, ce sont des soldats rwandais qui ont passé la frontière et qui se sont installés là-bas. Il y a eu des pressions, ils se sont retirés par la suite. Kampala a commencé à négocier, l’ONU s’est impliquée dans les pourparlers et on vient de signer ce 3 mars un accord visant à garantir la sécurité à l’Est, la fin de la crise. Cet accord a engagé 11 chefs d’Etat et les Nations unies.

Mon avis ? En tant qu’habitant de la région et au vu des différents accords antérieurs, au vu de la multiplication des rébellions par le passé, je dirais qu’un accord n’a de valeur que si on en voit les résultats sur le terrain. Si pendant qu’on signe les accords, on planifie le contraire de ce qu’on est en train de signer, c’est juste un papier de plus, une messe de plus. C’est une spécialité dans la région ! On l’a vu au Rwanda. On le voit d’une certaine manière au Burundi ; et en tout cas, au Congo, c’est de cela qu’il s’agit. Ce qui nous intéresse, c’est la paix durable et la sécurité. Les Nations unies savent depuis longtemps pourquoi il y a ces guerres et qui sont derrière ces guerres. Parmi les seigneurs de guerre, il y a des gens qui sont recherchés par la justice internationale. La MONUSCO est là, mais elle ne les a jamais inquiétés.

FdH : Maintenant, elle a quand même reçu un autre mandat. Mais c’est peut-être trop tôt pour juger de l’évolution des choses…

P.B : L’accord qui vient d’être signé est différent des précédents dans la mesure où il engage beaucoup de pays, parmi lesquels des pays neutres. En outre, tout le monde a essayé de mettre le doigt sur les vrais problèmes. Le texte évoque également l’intervention d’une force neutre. Par là-même, c’est la reconnaissance de la faillite de la MONUSCO. Parce qu’il n’y a pas de raison qu’il y ait une autre force, alors que la MONUSCO est sur le terrain avec 17.000 hommes. On a aussi entendu parler de la possibilité de déploiement de drones pour contrôler les frontières. Tout cela est bien beau, mais ce sont au moins de nouvelles dispositions par rapport aux accords antérieurs. C’est la preuve qu’il y a de la bonne volonté et que tout le monde est fatigué de ce qui se passe. Mais attendons les résultats ! Le M23 vient déjà de se scinder en 2 groupes ; et donc un autre nom va certainement apparaître après le M23. Ca ne nous étonnerait pas. Néanmoins, tant qu’on ne concrétise pas cet accord, tant qu’on continue à jouer la politique du deux poids deux mesures, cela n’aura pas de sens. Quand je parle de faire deux poids deux mesures, je pense au fait que l’on exige d’un côté des choses du Congo et que de l’autre, on laisse faire les pays voisins qui sont toujours derrière les rébellions. Si on continue à agir ainsi, c’est un accord qui ne sera qu’un autre papier de plus.

FdH : L’intérêt des pays voisins (Rwanda, Ouganda), c’est clairement la mainmise sur les ressources du Congo…

P.B : Ce n’est pas moi qui le dis. Les Nations unies ont publié des rapports, au moins 3, sur l’exploitation des ressources naturelles du Congo. Quand on les lit, on se rend compte qu’il s’agit de guerres économiques. L’Ouganda et le Rwanda veulent exploiter l’Est du pays et ses ressources, et empêchent pour ce faire que le Congo ne soit gouverné, que l’autorité de l’Etat congolais ne soit exercée à l’Est pour pouvoir en exploiter les ressources. Les Nations unies le reconnaissent finalement aujourd’hui. Nous avions évoqué cela dès la première guerre, mais on ne nous a jamais écoutés, on nous a pris pour des alarmistes, des gens qui avancent des faits non fondés. Mais aujourd’hui, c’est tout à fait clair. Le Rwanda depuis ‘96 a mis en place des réseaux d’exploitation minière au Congo et l’Ouganda également. Ces réseaux doivent être actifs et pour cela, ces pays génèrent l’insécurité, des guerres, des rébellions, profitant du désordre. Derrière le Rwanda, il y a certainement d’autres mains beaucoup plus fortes. Ils n’agissent pas seuls. Il y a des multinationales qui utilisent le Rwanda et l’Ouganda comme la main armée, et au passage, ces pays prennent évidemment leur part.

Le Rwanda est présenté aujourd’hui comme un modèle sur le plan économique. Est-ce que c’est l’argent de l’aide extérieure ou du budget du Rwanda qui permet de construire les buildings qui poussent tous les jours à Kigali ? Tout le monde sait où l’élite rwandaise économique, politique puise l’argent pour construire autant de maisons sur Kigali (ou sur Kampala en ce qui concerne l’Ouganda). Le Rwanda montre patte blanche : « Vous m’avez donné un million et voilà à quoi cela a servi ! ». Du coup, on le dit bon élève, bon gestionnaire, on le qualifie de modèle pour l’Afrique. Mais pendant ce temps, il est en train de voler au Congo et personne n’en parle, personne ne le contrôle. Qui va contrôler que le Rwanda a pris autant au Congo ? Personne !

FdH : Le problème, c’est que la Belgique et d’autres pays comme probablement les USA et la France, rachètent les richesses minières au Rwanda et à l’Ouganda tout en sachant que ça vient du Congo. Comment faire ? Il faudrait une pression citoyenne, mais les gens ne savent pas ou ne bougent pas…

P.B : Je crois que les gens bougent, je vois ce que la société civile en Europe, en Belgique et en France fait. Je vois des publications et j’imagine qu’il y en a plus encore. On entend ce que vous faites, mais vous parlez évidemment dans le désert. Quand vous parlez aux politiques, j’imagine qu’ils vous disent qu’ils ne sont pas au courant. Bien sûr, ils ne vont pas dénoncer les multinationales ; mais ils les connaissent car ce sont les multinationales qui font leur politique, qui les installent au pouvoir. Ils sont eux-mêmes dans tous les systèmes de ces multinationales, dans les conseils d’administration, dans les capitaux et tout le reste. Ils ne vont pas dénoncer, scier la branche sur laquelle ils sont assis, du moins économiquement et même politiquement. Ils tiennent donc un discours pour dire qu’ils regrettent, qu’il ne faut pas tolérer cela. Mais en sous-main, ils alimentent le système.

FdH : Il y a eu la formation récente d’un groupe armé dans la région de Bukavu, l’Union des Forces Révolutionnaires du Congo (UFRC). Quel est l’impact de ce groupe sur les populations ?

P.B : Le leader politique aurait été arrêté tout récemment à Uvira. Il n’y a aucun impact à l’heure actuelle. Mais au moins, il y a une chose sur laquelle tout le monde est unanime, toute la ville. Car ce leader, on le connaît, on connaît sa famille, on voit comment il cherche sa place au soleil. Mais nous sommes tous d’accord sur un point : nous n’avons plus besoin d’une nouvelle guerre, d’une nouvelle rébellion, d’une nouvelle libération, d’une nouvelle promesse de démocratie. On ne veut plus de ça ! Le peuple est fatigué et je suis sûr que personne ne va le suivre. Bien sûr, il se trouvera toujours des gens qui auront besoin d’une kalachnikov pour s’emparer de l’argent d’untel, des personnes désoeuvrées dans un contexte de chômage et de désespoir. Les jeunes gens se jettent dans les bras de tous ceux qui leur promettent le ciel. C’est une milice en plus, une bande armée en plus. Tout simplement. Mais, le peuple n’a pas besoin de libérateurs. Nous n’en avons plus besoin. Tous nos «libérateurs» et tous ces mouvements dont j’ai cité le nom ont invariablement eu deux termes à la bouche : démocratie et libération. Ont-ils apporté cela ? Nous préférons la dictature de Mobutu à ces « démocratie et libération ». Nous sommes aujourd’hui dans une situation où des villageois, des personnes regrettent Mobutu ou la colonisation. Les gens le disent car ils considèrent qu’au moins, ils pouvaient dormir tranquillement et jouir du fruit de leur travail à cette époque.

FdH : Et via le gouvernement Kabila, y a-t-il un espoir quelconque de voir les choses évoluer?

P.B : Je crois qu’avec les élections de 2011 et la situation actuelle qui continue à pourrir, Kabila lui-même s’est rendu compte de la difficulté et de l’impasse. Il vient d’ailleurs lui-même de proposer la tenue d’un débat national. Tout le monde est d’accord pour que l’on se mette autour de la table, pour qu’on échange sur la légitimité du pouvoir de Kabila aujourd’hui. Il ne faut pas me qualifier d’opposant car je dis ce que lui-même a reconnu. Je parle en tant que paysan et citoyen. Le pouvoir de Kabila a besoin d’un consensus national, d’une certaine crédibilité intérieure et extérieure qui malheureusement a été entamée avec les élections de 2011. Mais en même temps, il a besoin de se libérer de cet emprisonnement dans lequel il se trouve par le fait d’une élite autour de lui, une élite qui ne jure que par la fortune et les honneurs. Malheureusement !

FdH : Et dans l’Est même, y a-t-il une personnalité qui émerge et soit porteuse de changement sur le plan politique ?

P.B : Je préfère ne pas citer de nom au risque qu’on dise que je soutiens un tel ou un tel autre. Mais nous sommes plus de 60 millions d’habitants au Congo. On ne peut pas imaginer que sur 60 millions, il n’y ait pas quelqu’un, et même plus d’une personne, qui soit à la hauteur…pour autant qu’on lui en donne l’occasion. Et par ailleurs, dans le système de démocratie que nous voulons, il faut au moins accorder à chacun le bénéfice du doute par rapport à ses capacités, tant qu’on ne l’a pas mis à l’épreuve. Si Kabila n’est pas efficace, qu’on mène une opposition dans les règles parce que l’opposition peut l’aider à changer. Et quant à son mandat, il y a un processus transparent qui permet que le peuple vote pour un autre qui tirera les leçons du prédécesseur dans le but de s’améliorer. C’est ça le principe. Je ne peux pas citer de nom, mais je sais qu’il y a des hommes capables au Congo, pour autant que les jeux soient clairs et qu’on soit dans un système transparent. On est au moins une population qui revendique et qui ne se laisse pas faire.

FdH : D’où viendra l’espoir pour le Congo ?

P.B : L’espoir, c’est le peuple lui-même ; le peuple qui travaille, qui résiste et qui veut le changement. Certes, le contexte est différent de la lutte qui est menée en Afrique du Nord, mais c’est quand même un peuple qui lutte. J’en vois le résultat chaque jour. Le peuple a une grande capacité d’analyse politique. Et le pouvoir a d’ailleurs changé la constitution parce que le peuple avait analysé et vu. Certains avaient voté pour Kabila mais beaucoup ont changé d’avis lors des élections suivantes.

L’espoir réside aussi dans la créativité des gens, des paysans qui essaient de cultiver les terres alors que les meilleures ont été accaparées par des multinationales. Et puis, le secteur informel aussi marche bien. L’Eglise est du côté du peuple, c’est un acteur important qui peut certainement aider.

Et enfin, il existe aussi une population en dehors du Congo qui est solidaire avec le peuple congolais et qui peut dénoncer les actions de certaines multinationales. Les appuis à ces forces armées vont diminuer. Le Rwanda a fait du génocide – cette terrible réalité – un fonds de commerce qui ne pourra éternellement fonctionner, bien que son régime ne cesse de s’en prévaloir.

Mais c’est la classe politique qui est irresponsable. Et un des autres points négatifs, c’est le système des Nations unies qui n’est pas ce qu’il devrait être. Pour certains pays, on n’admet pas certaines choses. Pensez à l’invasion du Koweit par l’Irak. Mais ce droit-là, visiblement, ne s’applique pas au Congo. C’est la politique du deux poids deux mesures. Bien entendu, il faut que l’on puisse exploiter à l’aise les richesses du Congo !!! Il faut créer le désordre pour tout prendre et ne rien laisser. Le problème du Congo n’a rien à voir avec la superficie du pays. Ca, c’est une raison fallacieuse qui est utilisée.

FdH : Le Congo s’est doté d’une nouvelle loi agricole. Que faut-il penser de cette loi ?

P.B : Nous avons été écoutés pour les amendements. Il y a de très bonnes choses dans cette loi. Elle donne un cadre permettant de tenir compte de l’agriculture paysanne. Il y a une volonté de promouvoir cette agriculture. Il y a beaucoup d’aspects positifs, de choses qui ont été proposées par les paysans. C’est une loi favorable et nous avons commencé à sensibiliser les paysans à son sujet. Mais elle a peu de chance d’être exécutée. Elle n’est d’ailleurs pas encore appliquée. On a beaucoup de contestations, notamment de propriétaires belges qui ont émis des critiques car cette loi touche à leurs intérêts. Nous craignons donc qu’elle ne soit pas mise en application.

C’est la même chose pour la décentralisation. Nous avons peur qu’elle ne se mette pas en place. Les élections locales prévues pour 2006 n’ont pas eu lieu. En 2011, on nous a promis des élections locales, mais nous avons la même crainte. Que vont devenir ces promesses ? On va se battre, on va faire pression sur les députés pour que cela soit appliqué, mais va-t-on y parvenir ? Rien n’est moins sûr !

FdH : Quel est le rôle de la Chine en République Démocratique du Congo ?

P.B : La Chine fait partie des rendez-vous manqués qui caractérisent notre élite politique. Devant l’hypocrisie occidentale, le désintérêt mondial, la Chine a trouvé un terrain ouvert et elle apparaît comme le pays le moins exigeant. Et nous sommes tombés dans le panneau. Avec une classe politique qui est corrompue, nous avons signé des contrats bidons, parmi lesquels figurent les contrats chinois. Il y a des choses inadmissibles dans ces contrats léonins : leur durée s’étend à 80/90 ans. Nous n’avons pas l’impression de voir la couleur de l’argent chinois : tout se fait à Kinshasa, mais pas chez nous. Mais où en sont les 5 chantiers (2) ? On attend, mais nous n’avons pas beaucoup d’espoir. Les Chinois viennent aussi comme d’autres pour piller, s’enrichir et plier bagage. Bien sûr, ils ont fait quelques petites choses. Mais, par exemple, la réfection des routes n’a pas été bien faite. Nous devrions demander des comptes aux Chinois. Le contrat a fait l’objet d’interpellations, mais cela n’a pas été débattu. On a voulu revisiter tous les contrats miniers (et pas seulement le contrat chinois), mais on a tout fait pour empêcher cela. Par contre, tout le marché congolais est envahi de produits chinois. Avant la première guerre, il y avait plus de produits, notamment plus de voitures qui venaient d’Europe. Mais si vous fermez vos frontières, les gens se tournent vers ce qui est plus facile et donc, on se tourne vers les produits chinois.

FdH : Et s’il fallait résumer les raisons de votre engagement pour le Congo ?

P.B : Je suis fils de paysan et je suis paysan moi-même. Je tiens à la terre. Tenir à la terre, cela signifie aussi défendre cette terre. Quand on défend sa terre, on se bat aussi pour son pays. J’ai fait des études de développement rural et c’est un engagement qui renforce encore mon projet. Je suis un citoyen congolais et je ne serai heureux que lorsque mon rêve sera réalisé : avoir un Congo en paix, qui vit dignement.

(1) « 1 +4 » est la formule qui a été communément utilisée pour désigner le gouvernement de la transition : Joseph Kabila (PPRD) en tant que Président et 4 vice-Présidents : Abdoulaye Yerodia Ndombasi (PPRD), Azarias Ruberwa (RCD), Jean-Pierre Bemba (MLC) et Arthur Z’ahidi Ngoma (opposition démocratique)

(2) Le programme électoral de Kabila en 2006 évoquait 5 chantiers : emploi, santé/éducation, eau/électricité, logement et infrastructures

 

 

 

 

 

 

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