Menaces et harcèlement à l’égard du CUC

Maria Josefa Max, vice-coordinatrice du CUC, secteur femme
Maria Josefa Max, vice-coordinatrice du CUC, secteur femme

Notre partenaire, le CUC, fait depuis plusieurs mois l’objet d’un harcèlement et de campagnes diffamatoires au Guatemala. Des associations membres de la CLOC-Via Campesina Centroamérica se sont regroupées à ses côtés pour dénoncer ces faits inquiétants. Voici leur communiqué commun :

Nous rejetons les attaques et la campagne de harcèlements dirigées contre le Comité d’Unité Paysanne – CUC – et contre ses dirigeants guatémaltèques.

Nous, membres des organisations représentant le Salvador, le Honduras, le Nicaragua, le Panama, le Costa Rica ainsi que la délégation guatémaltèque du CLOC-Via Campesinas Centroamericanas, réunis à Managua, Nicaragua, du 11 au 13 février 2013, nous tenons à manifester notre totale opposition face aux persécutions, agressions et menaces dont font l’objet les dirigeants d’une des organisations précitées.

Depuis le mois de mai 2011, le CUC a été l’objet d’attaques, de calomnies et de diffamations mensongères de la part des fonctionnaires et des autorités gouvernementales, ainsi que de la part de soi-disant journalistes au service d’entreprises nationales et multinationales.

A cette date, le procureur du district de Huehuetenango tenta de compromettre le Comité d’Unité Paysanne – CUC – dans les luttes qui se déroulèrent dans la municipalité de Barillas. Le gouvernement avait alors décrété l’état d’exception et, en violation de la procédure réglementaire, laissa entendre qu’un des « témoins » accusait le Coordinateur Général du CUC d’être responsable de ces faits. Ayant été par après victime d’une attaque à main armée, ce procureur fit des déclarations dans lesquelles elle accusait faussement les membres du CUC d’en être éventuellement responsables. Durant plusieurs mois, le même procureur s’acharna à accuser le Comité d’Unité Paysanne dans différents médias.

Par la suite, plus de dix soi-disant journalistes rédigèrent dans plusieurs médias une importante quantité d’articles contre le CUC et ses dirigeants. Le 24 janvier 2013, Daniel Pascual fut attaqué par un groupe de personnes liées à une entreprise de ciment. Quelques jours après, le maire de la municipalité de San Juan Sacatepequez, commune où cette cimenterie prétendait s’installer et s’était vue massivement rejetée par les communautés concernées, publia dans deux des principaux journaux du pays plusieurs encarts payants dans lesquels il prétendait justifier les diffamations et les conditions dans lesquelles les agressions s’étaient déroulées.

Enfin, deux actions en justice menées contre le Coordinateur Général du CUC sont le fait d’une part du président du groupe lié à la cimenterie, et d’autre part du fils de l’ex-ministre du gouvernement en fonction sous Ríos Montt.

Notre préoccupation majeure consiste en ce que les documents signés par de réelles ou soi-disant associations d’extrême droite et qui sont en train de circuler, accusent le CUC de fomenter des troubles sociaux et de rendre le pays ingouvernable. Ces accusations peuvent servir de prétexte à des agressions physiques plus graves, y compris à des attentats perpétrés contre des membres et des dirigeants de l’organisation.

En conséquence, nous, membres des organisations paysannes, indigènes et garifunas regroupées au sein du CLOC Via Campesina Centroamericana :

Nous condamnons la criminalisation du CUC ainsi que la campagne de diffamation menée contre ses dirigeants.

Nous exigeons :

  • Que le Procureur Général de la République ordonne aux instances représentant les défenseurs des droits humains d’enquêter de manière impartiale sur les agressions dont le CUC et ses dirigeants font l’objet.
  • Que le Procureur chargé des Droits de l’homme se prononce contre le harcèlement et contre les attaques que subissent les dirigeants du CUC ainsi que les communautés.
  • Que le Président Constitutionnel du Guatemala, Otto Pérez Molina, prenne les mesures adéquates afin de garantir la sécurité et l’intégrité physique des membres du CUC, hommes et femmes, ainsi que de ses dirigeants.

 Managua. Nicaragua, le 13 février 2012

UNION PAYSANNE DU PANAMA – UCP

CONSEIL NATIONAL DES TRAVAILLEURS PAYSANS – CNTC

UNION NATIONALE DES PRODUCTEURS ET ELEVEURS DU COSTA RICA –UNAG

ASSEMBLEE NATIONALE PAYSANNE –MNC

ASSOCIATION DES TRAVAILLEURS PAYSANS – ATC

ASSOCIATION NATIONALE DE LA RESISTANCE ISRAEL GALEANO – ARNIG

COORDINATION NATIONALE DES OFFICIERS RETRAITES – CNOR

VIA CAMPESINA HONDURAS

Traduction : Jean-Pierre Plumat

 

 

 

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