Guatemala : Non à l’entreprise minière

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Au Guatemala, l’exploitation de la mine d’or et d’argent « El Tambor » a été lancée en 2007 dans la région de San José el Golfo et San Pedro Ayampuc. Diverses communautés ont été affectées par ce projet et par la pollution qui en résulte (abandon de déchets, pollution de cours d’eau, etc). Depuis le 2 mars 2012, la population de la région a décidé de bloquer l’entrée de la mine « El Tambor » en guise de protestation et a établi le campement de La Puya.

La licence d’exploitation de l’entreprise porte sur une étendue de 1200 km² et est la propriété de l’entreprise nord-américaine Kappes, Cassidy and Associates. Celle-ci a été autorisée à exploiter la mine le 24 novembre 2011 sans que la population locale concernée n’ait été consulté et n’ait pu exprimer son consentement libre, informé et préalable comme l’exigent les lois et conventions internationales ratifiées par le Guatemala.

Diverses agressions se sont produites. Il y a quelques mois, à 1h du matin, la Police Civile Nationale a fait irruption, encadrant 25 camions qui cherchaient à pénétrer dans la mine. Plus de 2000 habitants se sont rendus sur les lieux pour les en empêcher pacifiquement. Plusieurs hélicoptères ont survolé La Puya, nuit et jour, intimidant les populations par des vols à basse altitude, entre autres. Un camion a tenté de forcer le grillage qui protège l’entrée de la mine. Le 13 juin, la leader Yolanda Oqueli a été blessée par balles par des inconnus embusqués qui l’ont attaquée alors qu’elle quittait La Puya pour rejoindre son domicile. Après 4 mois de convalescence passés hors de sa communauté, et avoir dénoncé le cas sur le plan international, elle a regagné San José el Golfo et la résistance pacifique.

“Notre résistance pacifique se fait à l’encontre d’une entreprise minière qui a violé tous nos droits en tant que communauté”, explique Yolanda Oqueli

« Notre résistance pacifique se fait à l’encontre d’une entreprise minière qui a violé tous nos droits en tant que communauté, explique Yolanda Oqueli. On nous a accusés de nous opposer à ce projet et de manipuler les communautés. Mais la vérité, c’est que cette occupation est la preuve que les gens sont fatigués de ces accaparements, des agressions et de tant d’injustice. Notre résistance s’organise 24h sur 24 depuis plusieurs mois, en groupes, et doit faire face à des provocations intenses de la part des gens de la mine. Il s’agit en fait de certaines personnes très déterminées parmi lesquelles des colonels à la retraite ainsi que de Juan José Reyes qui appartient à la communauté de San José el Golfo. Les autres ont été amenés d’autres régions. Parfois, nous avons pu constater qu’il s’agissait de personnes sous l’effet de drogues. C’était manifeste dans leur attitude, leurs provocations ; ils avaient des gestes anormaux et ont tenté d’agresser les gens qui résistaient pacifiquement. J’ai moi-même subi de graves menaces publiquement : on m’a dit que l’on allait me tuer, on m’a demandé si je n’avais pas peur. J’espère que la justice en tiendra compte : s’ils ont eu des doutes sur les auteurs de l’attentat dont j’ai été victime en juin, ils ont donc maintenant des preuves manifestes concernant les coupables. J’espère qu’ils analyseront bien les faits et feront leur travail afin d’établir la vérité.

Pablo Rosco est l’une des personnes qui mène ces gens à la Puya et c’est l’un des plus agressifs. Il s’y entend à pratiquer une forme de torture psychologique à l’égard de ces communautés en résistance ; il est extrêmement agressif et pousse les gens à la violence. Il s’en est également pris à une déléguée des droits de l’homme qui jouait le rôle de médiatrice, au vu de tous. Cela montre également l’irresponsabilité de ces entreprises. Si l’on examine la situation sur le plan national, on voit que toutes ces entreprises ont engagé des militaires à la retraite pour agir chaque fois de la sorte. Nous vivons des moments difficiles, mais ils ont fait exactement la même chose à Barillas, à Totonicapán…C’était de la pure provocation pour inciter à la violence, forcer les barrières. Ils veulent faire croire que nous sommes les provocateurs, mais il y a des preuves qui démontrent clairement que ce sont eux qui sont les auteurs des agressions. Nous ne voulons donc plus que le gouvernement tolère de telles situations. Je suis certaine que s’il s’agissait de nous défendre, on ne nous aurait pas envoyé l’armée ! Mais comme il s’agit d’une entreprise minière dont ils tirent d’une façon ou d’une autre un bénéfice, ils les soutiennent. Nous avons tenté de joindre la police, 4 à 5 heures durant, pour qu’elle vienne sur les lieux afin de faire son travail de prévention, nous aurions voulu qu’ils viennent aujourd’hui, mais ils ne sont pas venus. La situation est donc bien difficile ! »

Ce texte a été rédigé à partir des interviews figurant dans le documentaire intitulé «Hostigamiento en La Puya» réalisé par le Collectif CLICA au Guatemala.

Pour le visionner, cliquez ici.

 

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