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	<title>Freres des Hommes</title>
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	<description>Cultivons le Partage de notre Terre</description>
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		<title>Menaces et harcèlement à l&#8217;égard du CUC</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Apr 2013 09:03:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Guatemala]]></category>
		<category><![CDATA[Amérique latine]]></category>
<category>Amérique latine</category><category>Guatemala</category>
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		<description><![CDATA[Notre partenaire, le CUC, fait depuis plusieurs mois l&#8217;objet d&#8217;un harcèlement et de campagnes diffamatoires au Guatemala. Des associations membres de la CLOC-Via Campesina Centroamérica se sont regroupées à ses côtés pour dénoncer ces faits inquiétants. Voici leur communiqué commun :
Nous rejetons les attaques et la campagne de harcèlements dirigées contre le Comité d’Unité Paysanne &#8211; CUC &#8211; et&#8230; <a href="http://www.freresdeshommes.org/menaces-et-harcelement-a-legard-du-cuc/" class="read_more">Lire la suite</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Notre partenaire, le <a href="http://www.cuc.org.gt/es/" target="_blank">CUC</a>, fait depuis plusieurs mois l&rsquo;objet d&rsquo;un harcèlement et de campagnes diffamatoires au Guatemala. Des associations membres de la CLOC-Via Campesina Centroamérica se sont regroupées à ses côtés pour dénoncer ces faits inquiétants. Voici leur communiqué commun :</p>
<p><strong>Nous rejetons les attaques et la campagne de harcèlements dirigées contre le Comité d’Unité Paysanne &#8211; CUC &#8211; et contre ses dirigeants guatémaltèques.</strong></p>
<p>Nous, membres des organisations représentant le Salvador, le Honduras, le Nicaragua, le Panama, le Costa Rica ainsi que la délégation guatémaltèque du CLOC-Via Campesinas Centroamericanas, réunis à Managua, Nicaragua, du 11 au 13 février 2013, nous tenons à manifester notre totale opposition face aux persécutions, agressions et menaces dont font l’objet les dirigeants d’une des organisations précitées.</p>
<p>Depuis le mois de mai 2011, le CUC a été l’objet d’attaques, de calomnies et de diffamations mensongères de la part des fonctionnaires et des autorités gouvernementales, ainsi que de la part de soi-disant journalistes au service d’entreprises nationales et multinationales.</p>
<p>A cette date, le procureur du district de Huehuetenango tenta de compromettre le Comité d’Unité Paysanne – CUC – dans les luttes qui se déroulèrent dans la municipalité de Barillas. Le gouvernement avait alors décrété l’état d’exception et, en violation de la procédure réglementaire, laissa entendre qu’un des « témoins » accusait le Coordinateur Général du CUC d’être responsable de ces faits. Ayant été par après victime d’une attaque à main armée, ce procureur fit des déclarations dans lesquelles elle accusait faussement les membres du CUC d’en être éventuellement responsables. Durant plusieurs mois, le même procureur s’acharna à accuser le Comité d’Unité Paysanne dans différents médias.</p>
<p>Par la suite, plus de dix soi-disant journalistes rédigèrent dans plusieurs médias une importante quantité d’articles contre le CUC et ses dirigeants. Le 24 janvier 2013, Daniel Pascual fut attaqué par un groupe de personnes liées à une entreprise de ciment. Quelques jours après, le maire de la municipalité de San Juan Sacatepequez, commune où cette cimenterie prétendait s’installer et s’était vue massivement rejetée par les communautés concernées, publia dans deux des principaux journaux du pays plusieurs encarts payants dans lesquels il prétendait justifier les diffamations et les conditions dans lesquelles les agressions s’étaient déroulées.</p>
<p>Enfin, deux actions en justice menées contre le Coordinateur Général du CUC sont le fait d’une part du président du groupe lié à la cimenterie, et d’autre part du fils de l’ex-ministre du gouvernement en fonction sous Ríos Montt.</p>
<p>Notre préoccupation majeure consiste en ce que les documents signés par de réelles ou soi-disant associations d’extrême droite et qui sont en train de circuler, accusent le CUC de fomenter des troubles sociaux et de rendre le pays ingouvernable. Ces accusations peuvent servir de prétexte à des agressions physiques plus graves, y compris à des attentats perpétrés contre des membres et des dirigeants de l’organisation.</p>
<p>En conséquence, nous, membres des organisations paysannes, indigènes et garifunas regroupées au sein du CLOC Via Campesina Centroamericana :</p>
<p>Nous condamnons la criminalisation du CUC ainsi que la campagne de diffamation menée contre ses dirigeants.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Nous exigeons</span> :</p>
<ul>
<li>Que le Procureur Général de la République ordonne aux instances représentant les défenseurs des droits humains d’enquêter de manière impartiale sur les agressions dont le CUC et ses dirigeants font l’objet.</li>
<li>Que le Procureur chargé des Droits de l’homme se prononce contre le harcèlement et contre les attaques que subissent les dirigeants du CUC ainsi que les communautés.</li>
<li>Que le Président Constitutionnel du Guatemala, Otto Pérez Molina, prenne les mesures adéquates afin de garantir la sécurité et l’intégrité physique des membres du CUC, hommes et femmes, ainsi que de ses dirigeants.</li>
</ul>
<p><strong> Managua. Nicaragua, le 13 février 2012</strong></p>
<p style="text-align: center;">UNION PAYSANNE DU PANAMA – UCP</p>
<p style="text-align: center;">CONSEIL NATIONAL DES TRAVAILLEURS PAYSANS – CNTC</p>
<p style="text-align: center;">UNION NATIONALE DES PRODUCTEURS ET ELEVEURS DU COSTA RICA –UNAG</p>
<p style="text-align: center;">ASSEMBLEE NATIONALE PAYSANNE –MNC</p>
<p style="text-align: center;">ASSOCIATION DES TRAVAILLEURS PAYSANS – ATC</p>
<p style="text-align: center;">ASSOCIATION NATIONALE DE LA RESISTANCE ISRAEL GALEANO – ARNIG</p>
<p style="text-align: center;">COORDINATION NATIONALE DES OFFICIERS RETRAITES &#8211; CNOR</p>
<p style="text-align: center;">VIA CAMPESINA HONDURAS</p>
<p style="text-align: left;"><em>Traduction : Jean-Pierre Plumat</em></p>
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		<title>«Mon rêve:un Congo en paix !»: témoignage de Patient Bagenda</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 15:58:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[R.D. du Congo]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[RDC]]></category>
<category>Afrique</category><category>RDC</category>
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		<description><![CDATA[Patient Bagenda est Secrétaire Général du Comité Anti-Bwaki à Bukavu, une association partenaire d’Entraide et Fraternité investie dans le développement rural et le soutien à l’agriculture familiale à l’Est du Congo. Patient a apporté son témoignage dans le cadre d’une soirée-débat organisée conjointement par Frères des Hommes et Entraide en mars à Braine-l’Alleud sur le thème « Agrobusiness vs Agroécologie&#8230; <a href="http://www.freresdeshommes.org/mon-reve-un-congo-en-paix-temoignage-de-patient-bagenda/" class="read_more">Lire la suite</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Patient Bagenda est Secrétaire Général du Comité Anti-Bwaki à Bukavu, une association partenaire d’Entraide et Fraternité investie dans le développement rural et le soutien à l’agriculture familiale à l’Est du Congo. Patient a apporté son témoignage dans le cadre d’une soirée-débat organisée conjointement par Frères des Hommes et Entraide en mars à Braine-l’Alleud sur le thème « Agrobusiness vs Agroécologie ». Nous avons donc profité de son passage en Belgique pour l’interroger sur la situation actuelle en République Démocratique du Congo.</strong></p>
<p><strong>Frères des Hommes (FdH) : Qu’en est-il de la situation actuelle au Congo ? Les récents accords de paix permettent-ils d’espérer un apaisement à l’Est ?</strong></p>
<p><strong> Patient Bagenda (P.B) :</strong> Depuis pratiquement 1990, la région se trouve dans une situation d’instabilité. Les troubles se sont accélérés vers ‘96 et subsistent encore aujourd’hui. Avant cette date, ils étaient le fruit de la contestation du régime de Mobutu. La population voulait qu’il s’en aille, que la dictature se termine. Elle avait mis tous ses espoirs dans la conférence nationale souveraine et attendait que les décisions prises dans ce cadre soient appliquées. Des élections étaient ainsi prévues en ’97, laissant espérer un nouvel ordre politique. Mais malheureusement en 96, un an avant l’échéance, la première guerre a commencé avec l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL), amenant Laurent-Désiré Kabila au pouvoir.</p>
<p>En ’98, une seconde guerre se déclenche avec le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) qui s’est scindé quelques mois plus tard en plusieurs groupes : le RCD-Goma, RCD-KML. Et en même temps apparaît aussi le Mouvement de Libération du Congo (MLC). Cela signifie trois rébellions en moins de deux mois, chacune occupant sa propre zone.</p>
<p>L’année 2003 marque la fin de la guerre et le départ des troupes rwandaises. De 2003 à 2006, le pays connaît une période de transition, toujours marquée par la violence à l’Est, et une situation d’ingouvernabilité à cause du fameux 1+4 (1). On savait que tous ces seigneurs de guerre avaient gardé leurs positions, leurs troupes et leur arsenal militaire.</p>
<p>Des élections se tiennent en 2006 et elles ont été une réussite totale. On ne peut jamais vraiment dire que des élections sont réussies, même dans les vieilles démocraties. Mais je veux dire par là que le pronostic de départ était négatif. Après 40 années sans élections et au vu des troubles que connaissait le pays, on peut dire que c’était une réussite. La manière dont le vote s’est passé et l’appropriation de ces élections par la population ont démenti le pronostic. On a voté dans le calme, tout allait bien. C’était le début de l’espoir d’une démocratisation qui se mettait en place, le début d’un processus vers une amélioration.</p>
<p>Mais en 2008, une troisième guerre débute, toujours à l’Est, avec le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) mené par Laurent Nkunda qui, avec son ami Mutebesi, met à feu et à sang le Nord et le Sud-Kivu. Et à chaque fois, ce sont des viols, des tueries, des pillages, des populations déplacées et une situation de criminalité qui se perpétue. On assiste à une multiplication des milices et des bandes armées. Le CNDP se termine aussi officiellement avec l’accord du 23 mars à Goma en 2009. Et en 2010, on a l’impression que cette fois, les gens ont compris que cela ne valait pas la peine de continuer à faire la guerre.</p>
<p>Viennent alors les élections de 2011. Un fiasco ! Tout le monde a critiqué la manière dont elles se sont déroulées. Vu le contexte de fraude, on ne pouvait pas attendre autre chose. La contestation se poursuit encore à l’heure actuelle et cela affecte le régime. Mais au moment où nous nous disions que nous allions organiser une résistance dans les règles, une autre guerre éclate à Goma en décembre 2012. Cette fois, avec un autre mouvement, le M23.</p>
<p>Si je rappelle tout cela, c’est pour montrer que la situation à l’Est reste marquée par cette instabilité qui est toujours provoquée par les mêmes hommes, les mêmes acteurs, depuis l’AFDL jusqu’à aujourd’hui. Ce sont les mêmes soldats, les mêmes groupes et les mêmes alliés internes et externes qui ne font que changer de nom en passant d’une rébellion à l’autre. Ils ne veulent pas de la stabilité, ils ne veulent pas que l’Est du pays soit gouverné dans les règles, comme les autres provinces. Le M23 a pris Goma. Souvent on ne veut pas le dire, mais on sait que ces milices sont soutenues ouvertement par le Rwanda et l’Ouganda. L’ONU elle-même en a désormais donné les preuves. La prise de Goma, ce sont des soldats rwandais qui ont passé la frontière et qui se sont installés là-bas. Il y a eu des pressions, ils se sont retirés par la suite. Kampala a commencé à négocier, l’ONU s’est impliquée dans les pourparlers et on vient de signer ce 3 mars un accord visant à garantir la sécurité à l’Est, la fin de la crise. Cet accord a engagé 11 chefs d’Etat et les Nations unies.</p>
<p>Mon avis ? En tant qu’habitant de la région et au vu des différents accords antérieurs, au vu de la multiplication des rébellions par le passé, je dirais qu’un accord n’a de valeur que si on en voit les résultats sur le terrain. Si pendant qu’on signe les accords, on planifie le contraire de ce qu’on est en train de signer, c’est juste un papier de plus, une messe de plus. C’est une spécialité dans la région ! On l’a vu au Rwanda. On le voit d’une certaine manière au Burundi ; et en tout cas, au Congo, c’est de cela qu’il s’agit. Ce qui nous intéresse, c’est la paix durable et la sécurité. Les Nations unies savent depuis longtemps pourquoi il y a ces guerres et qui sont derrière ces guerres. Parmi les seigneurs de guerre, il y a des gens qui sont recherchés par la justice internationale. La MONUSCO est là, mais elle ne les a jamais inquiétés.</p>
<p><strong>FdH : Maintenant, elle a quand même reçu un autre mandat. Mais c’est peut-être trop tôt pour juger de l’évolution des choses…</strong></p>
<p><strong>P.B :</strong> L’accord qui vient d’être signé est différent des précédents dans la mesure où il engage beaucoup de pays, parmi lesquels des pays neutres. En outre, tout le monde a essayé de mettre le doigt sur les vrais problèmes. Le texte évoque également l’intervention d’une force neutre. Par là-même, c’est la reconnaissance de la faillite de la MONUSCO. Parce qu’il n’y a pas de raison qu’il y ait une autre force, alors que la MONUSCO est sur le terrain avec 17.000 hommes. On a aussi entendu parler de la possibilité de déploiement de drones pour contrôler les frontières. Tout cela est bien beau, mais ce sont au moins de nouvelles dispositions par rapport aux accords antérieurs. C’est la preuve qu’il y a de la bonne volonté et que tout le monde est fatigué de ce qui se passe. Mais attendons les résultats ! Le M23 vient déjà de se scinder en 2 groupes ; et donc un autre nom va certainement apparaître après le M23. Ca ne nous étonnerait pas. Néanmoins, tant qu’on ne concrétise pas cet accord, tant qu’on continue à jouer la politique du deux poids deux mesures, cela n’aura pas de sens. Quand je parle de faire deux poids deux mesures, je pense au fait que l’on exige d’un côté des choses du Congo et que de l’autre, on laisse faire les pays voisins qui sont toujours derrière les rébellions. Si on continue à agir ainsi, c’est un accord qui ne sera qu’un autre papier de plus.</p>
<p><strong>FdH : L’intérêt des pays voisins (Rwanda, Ouganda), c’est clairement la mainmise sur les ressources du Congo…</strong></p>
<p><strong>P.B</strong> : Ce n’est pas moi qui le dis. Les Nations unies ont publié des rapports, au moins 3, sur l’exploitation des ressources naturelles du Congo. Quand on les lit, on se rend compte qu’il s’agit de guerres économiques. L’Ouganda et le Rwanda veulent exploiter l’Est du pays et ses ressources, et empêchent pour ce faire que le Congo ne soit gouverné, que l’autorité de l’Etat congolais ne soit exercée à l’Est pour pouvoir en exploiter les ressources. Les Nations unies le reconnaissent finalement aujourd’hui. Nous avions évoqué cela dès la première guerre, mais on ne nous a jamais écoutés, on nous a pris pour des alarmistes, des gens qui avancent des faits non fondés. Mais aujourd’hui, c’est tout à fait clair. Le Rwanda depuis ‘96 a mis en place des réseaux d’exploitation minière au Congo et l’Ouganda également. Ces réseaux doivent être actifs et pour cela, ces pays génèrent l’insécurité, des guerres, des rébellions, profitant du désordre. Derrière le Rwanda, il y a certainement d’autres mains beaucoup plus fortes. Ils n’agissent pas seuls. Il y a des multinationales qui utilisent le Rwanda et l’Ouganda comme la main armée, et au passage, ces pays prennent évidemment leur part.</p>
<p>Le Rwanda est présenté aujourd’hui comme un modèle sur le plan économique. Est-ce que c’est l’argent de l’aide extérieure ou du budget du Rwanda qui permet de construire les buildings qui poussent tous les jours à Kigali ? Tout le monde sait où l’élite rwandaise économique, politique puise l’argent pour construire autant de maisons sur Kigali (ou sur Kampala en ce qui concerne l’Ouganda). Le Rwanda montre patte blanche : « Vous m’avez donné un million et voilà à quoi cela a servi ! ». Du coup, on le dit bon élève, bon gestionnaire, on le qualifie de modèle pour l’Afrique. Mais pendant ce temps, il est en train de voler au Congo et personne n’en parle, personne ne le contrôle. Qui va contrôler que le Rwanda a pris autant au Congo ? Personne !</p>
<p><strong>FdH : Le problème, c’est que la Belgique et d’autres pays comme probablement les USA et la France, rachètent les richesses minières au Rwanda et à l’Ouganda tout en sachant que ça vient du Congo. Comment faire ? Il faudrait une pression citoyenne, mais les gens ne savent pas ou ne bougent pas…</strong></p>
<p><strong>P.B :</strong> Je crois que les gens bougent, je vois ce que la société civile en Europe, en Belgique et en France fait. Je vois des publications et j’imagine qu’il y en a plus encore. On entend ce que vous faites, mais vous parlez évidemment dans le désert. Quand vous parlez aux politiques, j’imagine qu’ils vous disent qu’ils ne sont pas au courant. Bien sûr, ils ne vont pas dénoncer les multinationales ; mais ils les connaissent car ce sont les multinationales qui font leur politique, qui les installent au pouvoir. Ils sont eux-mêmes dans tous les systèmes de ces multinationales, dans les conseils d’administration, dans les capitaux et tout le reste. Ils ne vont pas dénoncer, scier la branche sur laquelle ils sont assis, du moins économiquement et même politiquement. Ils tiennent donc un discours pour dire qu’ils regrettent, qu’il ne faut pas tolérer cela. Mais en sous-main, ils alimentent le système.</p>
<p><strong>FdH : Il y a eu la formation récente d’un groupe armé dans la région de Bukavu, l’Union des Forces Révolutionnaires du Congo (UFRC). Quel est l’impact de ce groupe sur les populations ?</strong></p>
<p><strong>P.B :</strong> Le leader politique aurait été arrêté tout récemment à Uvira. Il n’y a aucun impact à l’heure actuelle. Mais au moins, il y a une chose sur laquelle tout le monde est unanime, toute la ville. Car ce leader, on le connaît, on connaît sa famille, on voit comment il cherche sa place au soleil. Mais nous sommes tous d’accord sur un point : nous n’avons plus besoin d’une nouvelle guerre, d’une nouvelle rébellion, d’une nouvelle libération, d’une nouvelle promesse de démocratie. On ne veut plus de ça ! Le peuple est fatigué et je suis sûr que personne ne va le suivre. Bien sûr, il se trouvera toujours des gens qui auront besoin d’une kalachnikov pour s’emparer de l’argent d’untel, des personnes désoeuvrées dans un contexte de chômage et de désespoir. Les jeunes gens se jettent dans les bras de tous ceux qui leur promettent le ciel. C’est une milice en plus, une bande armée en plus. Tout simplement. Mais, le peuple n’a pas besoin de libérateurs. Nous n’en avons plus besoin. Tous nos «libérateurs» et tous ces mouvements dont j’ai cité le nom ont invariablement eu deux termes à la bouche : démocratie et libération. Ont-ils apporté cela ? Nous préférons la dictature de Mobutu à ces « démocratie et libération ». Nous sommes aujourd’hui dans une situation où des villageois, des personnes regrettent Mobutu ou la colonisation. Les gens le disent car ils considèrent qu’au moins, ils pouvaient dormir tranquillement et jouir du fruit de leur travail à cette époque.</p>
<p><strong>FdH : Et via le gouvernement Kabila, y a-t-il un espoir quelconque de voir les choses évoluer?</strong></p>
<p><strong>P.B :</strong> Je crois qu’avec les élections de 2011 et la situation actuelle qui continue à pourrir, Kabila lui-même s’est rendu compte de la difficulté et de l’impasse. Il vient d’ailleurs lui-même de proposer la tenue d’un débat national. Tout le monde est d’accord pour que l’on se mette autour de la table, pour qu’on échange sur la légitimité du pouvoir de Kabila aujourd’hui. Il ne faut pas me qualifier d’opposant car je dis ce que lui-même a reconnu. Je parle en tant que paysan et citoyen. Le pouvoir de Kabila a besoin d’un consensus national, d’une certaine crédibilité intérieure et extérieure qui malheureusement a été entamée avec les élections de 2011. Mais en même temps, il a besoin de se libérer de cet emprisonnement dans lequel il se trouve par le fait d’une élite autour de lui, une élite qui ne jure que par la fortune et les honneurs. Malheureusement !</p>
<p><strong>FdH : Et dans l’Est même, y a-t-il une personnalité qui émerge et soit porteuse de changement sur le plan politique ?</strong></p>
<p><strong>P.B :</strong> Je préfère ne pas citer de nom au risque qu’on dise que je soutiens un tel ou un tel autre. Mais nous sommes plus de 60 millions d’habitants au Congo. On ne peut pas imaginer que sur 60 millions, il n’y ait pas quelqu’un, et même plus d’une personne, qui soit à la hauteur…pour autant qu’on lui en donne l’occasion. Et par ailleurs, dans le système de démocratie que nous voulons, il faut au moins accorder à chacun le bénéfice du doute par rapport à ses capacités, tant qu’on ne l’a pas mis à l’épreuve. Si Kabila n’est pas efficace, qu’on mène une opposition dans les règles parce que l’opposition peut l’aider à changer. Et quant à son mandat, il y a un processus transparent qui permet que le peuple vote pour un autre qui tirera les leçons du prédécesseur dans le but de s’améliorer. C’est ça le principe. Je ne peux pas citer de nom, mais je sais qu’il y a des hommes capables au Congo, pour autant que les jeux soient clairs et qu’on soit dans un système transparent. On est au moins une population qui revendique et qui ne se laisse pas faire.</p>
<p><strong>FdH : D’où viendra l’espoir pour le Congo ?</strong></p>
<p><strong>P.B :</strong> L’espoir, c’est le peuple lui-même ; le peuple qui travaille, qui résiste et qui veut le changement. Certes, le contexte est différent de la lutte qui est menée en Afrique du Nord, mais c’est quand même un peuple qui lutte. J’en vois le résultat chaque jour. Le peuple a une grande capacité d’analyse politique. Et le pouvoir a d’ailleurs changé la constitution parce que le peuple avait analysé et vu. Certains avaient voté pour Kabila mais beaucoup ont changé d’avis lors des élections suivantes.</p>
<p>L’espoir réside aussi dans la créativité des gens, des paysans qui essaient de cultiver les terres alors que les meilleures ont été accaparées par des multinationales. Et puis, le secteur informel aussi marche bien. L’Eglise est du côté du peuple, c’est un acteur important qui peut certainement aider.</p>
<p>Et enfin, il existe aussi une population en dehors du Congo qui est solidaire avec le peuple congolais et qui peut dénoncer les actions de certaines multinationales. Les appuis à ces forces armées vont diminuer. Le Rwanda a fait du génocide – cette terrible réalité – un fonds de commerce qui ne pourra éternellement fonctionner, bien que son régime ne cesse de s’en prévaloir.</p>
<p>Mais c’est la classe politique qui est irresponsable. Et un des autres points négatifs, c’est le système des Nations unies qui n’est pas ce qu’il devrait être. Pour certains pays, on n’admet pas certaines choses. Pensez à l’invasion du Koweit par l’Irak. Mais ce droit-là, visiblement, ne s’applique pas au Congo. C’est la politique du deux poids deux mesures. Bien entendu, il faut que l’on puisse exploiter à l’aise les richesses du Congo !!! Il faut créer le désordre pour tout prendre et ne rien laisser. Le problème du Congo n’a rien à voir avec la superficie du pays. Ca, c’est une raison fallacieuse qui est utilisée.</p>
<p><strong>FdH : Le Congo s’est doté d’une nouvelle loi agricole. Que faut-il penser de cette loi ?</strong></p>
<p><strong>P.B :</strong> Nous avons été écoutés pour les amendements. Il y a de très bonnes choses dans cette loi. Elle donne un cadre permettant de tenir compte de l’agriculture paysanne. Il y a une volonté de promouvoir cette agriculture. Il y a beaucoup d’aspects positifs, de choses qui ont été proposées par les paysans. C’est une loi favorable et nous avons commencé à sensibiliser les paysans à son sujet. Mais elle a peu de chance d’être exécutée. Elle n’est d’ailleurs pas encore appliquée. On a beaucoup de contestations, notamment de propriétaires belges qui ont émis des critiques car cette loi touche à leurs intérêts. Nous craignons donc qu’elle ne soit pas mise en application.</p>
<p>C’est la même chose pour la décentralisation. Nous avons peur qu’elle ne se mette pas en place. Les élections locales prévues pour 2006 n’ont pas eu lieu. En 2011, on nous a promis des élections locales, mais nous avons la même crainte. Que vont devenir ces promesses ? On va se battre, on va faire pression sur les députés pour que cela soit appliqué, mais va-t-on y parvenir ? Rien n’est moins sûr !</p>
<p><strong>FdH : Quel est le rôle de la Chine en République Démocratique du Congo ?</strong></p>
<p><strong>P.B :</strong> La Chine fait partie des rendez-vous manqués qui caractérisent notre élite politique. Devant l’hypocrisie occidentale, le désintérêt mondial, la Chine a trouvé un terrain ouvert et elle apparaît comme le pays le moins exigeant. Et nous sommes tombés dans le panneau. Avec une classe politique qui est corrompue, nous avons signé des contrats bidons, parmi lesquels figurent les contrats chinois. Il y a des choses inadmissibles dans ces contrats léonins : leur durée s’étend à 80/90 ans. Nous n’avons pas l’impression de voir la couleur de l’argent chinois : tout se fait à Kinshasa, mais pas chez nous. Mais où en sont les 5 chantiers (2) ? On attend, mais nous n’avons pas beaucoup d’espoir. Les Chinois viennent aussi comme d’autres pour piller, s’enrichir et plier bagage. Bien sûr, ils ont fait quelques petites choses. Mais, par exemple, la réfection des routes n’a pas été bien faite. Nous devrions demander des comptes aux Chinois. Le contrat a fait l’objet d’interpellations, mais cela n’a pas été débattu. On a voulu revisiter tous les contrats miniers (et pas seulement le contrat chinois), mais on a tout fait pour empêcher cela. Par contre, tout le marché congolais est envahi de produits chinois. Avant la première guerre, il y avait plus de produits, notamment plus de voitures qui venaient d’Europe. Mais si vous fermez vos frontières, les gens se tournent vers ce qui est plus facile et donc, on se tourne vers les produits chinois.</p>
<p><strong>FdH : Et s’il fallait résumer les raisons de votre engagement pour le Congo ?</strong></p>
<p><strong>P.B :</strong> Je suis fils de paysan et je suis paysan moi-même. Je tiens à la terre. Tenir à la terre, cela signifie aussi défendre cette terre. Quand on défend sa terre, on se bat aussi pour son pays. J’ai fait des études de développement rural et c’est un engagement qui renforce encore mon projet. Je suis un citoyen congolais et je ne serai heureux que lorsque mon rêve sera réalisé : avoir un Congo en paix, qui vit dignement.</p>
<p><span style="font-size: x-small;"><em>(1) « 1 +4 » est la formule qui a été communément utilisée pour désigner le gouvernement de la transition : Joseph Kabila (PPRD) en tant que Président et 4 vice-Présidents : Abdoulaye Yerodia Ndombasi (PPRD), Azarias Ruberwa (RCD), Jean-Pierre Bemba (MLC) et Arthur Z’ahidi Ngoma (opposition démocratique)</em></span></p>
<p><span style="font-size: x-small;"><em>(2) Le programme électoral de Kabila en 2006 évoquait 5 chantiers : emploi, santé/éducation, eau/électricité, logement et infrastructures</em></span></p>
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		<title>L’or qui mine le Guatemala</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:20:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Face aux incertitudes générées par la crise financière et en dépit de quelques controverses, l’or demeure une valeur refuge aux dires des spécialistes. L’once a atteint le cours record de 850 USD le 21 janvier 1980 pour baisser par la suite et remonter à nouveau à 1.921 UDS le 6 septembre 2011. L’engouement pour le métal jaune occulte toutefois une&#8230; <a href="http://www.freresdeshommes.org/lor-qui-mine-le-guatemala/" class="read_more">Lire la suite</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Face aux incertitudes générées par la crise financière et en dépit de quelques controverses, l’or demeure une valeur refuge aux dires des spécialistes. L’once a atteint le cours record de 850 USD le 21 janvier 1980 pour baisser par la suite et remonter à nouveau à 1.921 UDS le 6 septembre 2011. L’engouement pour le métal jaune occulte toutefois une réalité préoccupante sur le terrain dont la presse belge ou européenne ne fait pratiquement jamais écho. Profitant du silence complice des médias et des gouvernements locaux, des multinationales font main basse sur les minerais de certains pays, comme au Guatemala, au mépris des lois et au grand dam des populations qui tentent désespérément de faire respecter leurs droits.</strong></p>
<p><strong>Le Guatemala, une affaire en or pour les multinationales</strong></p>
<p>A l’aube du 21ème siècle, le Guatemala a connu une multiplication des projets miniers. C’est le continent sud-américain qui a attiré les principaux investissements dans ce secteur durant la décennie des années ’90, stimulés notamment par la demande croissante des pays asiatiques émergents. Alors que le Pérou, le Chili et le Brésil étaient au centre des intérêts, le Guatemala a quant à lui été épargné dans un premier temps en raison du conflit armé qui sévissait dans ses frontières. Le vent a tourné depuis et ses vastes ressources en or, argent et nickel n’ont pas manqué de réveiller progressivement l’appétit vorace de multinationales. On estime en effet que les gisements de métaux dans ce pays représentent près de 12% des réserves mondiales. Selon le ministère guatémaltèque de l’Energie et des Mines, 379 licences(1) étaient attribuées sur son territoire au 6 février 2013, sans compter les demandes présentées et en cours d’examen au nombre de 656 à cette même date. Il faut dire que les redevances fixées par la loi minière guatémaltèque sont inférieures aux taux généralement pratiqués à l’échelle internationale. Et même si la taxe est passée de 1 à 5% en janvier 2012, les affaires se révèlent toujours extrêmement juteuses pour les multinationales. D’après Yuri Melini, Directeur du Centre d’Action Légale Environnementale et Sociale (CALAS), elle devrait être fixée à 14% au moins(2). L’argument brandi par le pouvoir selon lequel l’exploitation génèrerait des revenus pour le pays est donc fallacieux : au Guatemala, ce sont les multinationales en première ligne qui tirent les bénéfices de l’extraction minière.</p>
<p>L’exploitation de la première mine d’or après la signature des accords de paix au Guatemala remonte à 2005. C’est alors que le fameux projet Marlin mené par la compagnie canadienne Goldcorp Inc. au travers de sa filiale Montana Exploradora de Guatemala a vu le jour à San Miguel Ixtahuacán (département de San Marcos), faisant d’emblée couler beaucoup d’encre et semant la désolation parmi les populations locales : dommages aux habitations résultant d’explosions dans la mine, pollution par le cuivre, arsenic, fer, sulfate et manganèse détectés à des niveaux supérieurs à la norme dans l’eau utilisée par les communautés, affectant par là même leur santé. En dépit des termes de la Convention 169 de l’OIT(3) ratifiée par le Guatemala en 1996, les autorités n’ont pas daigné organiser de consultation populaire préalable à l’octroi de la licence.</p>
<p><strong>Impacts de l’industrie extractive</strong></p>
<p>Le démarrage d’une exploitation minière, par les caractéristiques qui lui sont propres, constitue un véritable bouleversement pour une région. La première conséquence visible est l’élimination du couvert végétal et/ou le déboisement, entraînant conséquemment la disparition de toute vie animale, mais détruisant aussi la fertilité des sols, les organismes et micro-organismes les composant. En outre, le recours aux substances chimiques durant la phase d’exploitation détruit irrémédiablement les écosystèmes existants ; les travaux génèrent un drainage acide en raison d’un processus d’oxydation des minéraux sulfurés une fois qu’ils sont exposés au vent et aux pluies, phénomène dont les effets peuvent se prolonger au-delà de plusieurs siècles.</p>
<p>Même lorsque les projets se terminent ou sont abandonnés, les dégâts environnementaux occasionnés perdurent et parfois même s’aggravent. Et la législation en vigueur au Guatemala est déficiente en matière de restauration des zones dans cette dernière étape du cycle minier. La gestion des déchets et des impacts environnementaux ultérieurs à l’exploitation relève donc strictement du bon vouloir de la compagnie, pour qui ce n’est pas une priorité une fois qu’elle a replié bagage.</p>
<p>Par ailleurs, ce type d’activité implique l’utilisation de grandes quantités d’eau auxquelles sont ajoutées diverses substances chimiques (notamment le cyanure de sodium) en vue de récupérer les minerais métalliques. Outre la grave pollution aquatique qui en résulte, cette caractéristique de l’industrie extractive la met automatiquement en compétition avec les communautés locales en termes d’accessibilité à cette ressource naturelle. L’exploitation de la mine Marlin, par exemple, requiert la consommation gratuite de 250.000 litres d’eau par heure(4) ! De plus, le cyanure présente une véritable dangerosité pour la santé. L’exposition à des taux élevés, même durant une brève période, peut ainsi engendrer des problèmes cérébraux ou cardiaques, provoquer le coma voire la mort. A de moindres doses, cette substance peut être source de maladies respiratoires, entraîner des vomissements, des maux de tête, des irritations de la peau, une dilatation de la glande thyroïde, etc.</p>
<p>L’exploitation minière est également très vorace en énergie. Elle peut s’approvisionner à partir du réseau électrique national ou éventuellement développer son propre système d’approvisionnement sur le site via la construction d’une centrale thermique au charbon, par exemple.</p>
<p>En outre, la grande quantité d’explosifs nécessaires pour extraire la roche ne sont pas sans présenter des dangers et peuvent aussi occasionner des dégâts aux habitations environnantes, comme ce fut le cas avec le projet Marlin. Dans cet exemple précis, diverses maisons ont été gravement fissurées par les explosions répétitives.</p>
<p>Enfin, cette activité requiert la construction d’une infrastructure routière et la circulation fréquente de véhicules lourds générant l’émission de particules et de poussières sources de pollution environnementale, sans oublier le transport dangereux de substances chimiques ou encore le simple bruit incommodant quotidiennement les populations.</p>
<p>Il est par ailleurs illusoire de penser qu’une telle activité est automatiquement génératrice d’emplois locaux. De nombreux cas ont montré au Guatemala que la population environnante n’est pas nécessairement qualifiée pour accéder à de ce type de fonctions. Un personnel externe est ainsi engagé, souvent rémunéré par des salaires supérieurs aux revenus dont disposent les habitants du coin ; une situation qui crée une véritable fracture sociale, exerce une pression sur les prix pratiqués localement ou même engendre le développement de la prostitution. C’est donc tout un tissu social qui est affecté par ce type de projet.</p>
<p><strong>La voix ignorée des communautés locales</strong></p>
<p>C’est cette somme de caractéristiques propres à l’industrie extractive qui réveille généralement l’opposition des communautés environnantes, voire les conflits violents. Dans ce pays où la question foncière est déjà extrêmement problématique et sensible(5), la multiplication de projets miniers constitue une pression supplémentaire sur les terres. Les populations locales font souvent l’objet de manipulations de la part des futurs concessionnaires de mines ou d’intermédiaires. Ainsi, dans le cas du projet Marlin, les premières familles ont été convaincues par l’entreprise Peridot (6), alors intermédiaire, de vendre leurs terres à grand renfort de fausses promesses d’un emploi futur, de rémunérations ou appâtées par de simples repas ou services gratuits. Mal informées, manipulées et disposant de peu de moyens, elles ont fini par céder leur source principale de revenus. Parfois, elles l’ont fait à la suite de pressions et d’intimidations à leur encontre. On estime que de 1.500 à 2.000 personnes de la région de San Miguel Ixtahuacán se sont par conséquent retrouvées dans une situation de pauvreté aggravée dans la mesure où elles n’avaient plus – ou très peu &#8211; de terre et où elles ne pouvaient en acheter d’autres en raison de l’indisponibilité de terrains localement. Beaucoup de ces familles ne pouvaient envisager de couper les liens qui les unissaient à leur communauté. Elles se sont donc installées le long des routes nouvellement construites où transitent une quarantaine de camions chaque jour.</p>
<p>Par ailleurs, dans la mesure où d’énormes intérêts financiers sont en jeu, on constate trop fréquemment que des dispositions légales sont aisément détournées et que la voix des populations touchées n’est pas entendue, que des menaces sont exercées envers les leaders de mouvements de résistance. L’arrivée au pouvoir au début 2012 d’Otto Pérez Molina, accusé de violations des droits de l’homme durant la guerre civile (1960-1996) constitue une source d’inquiétude accrue pour les mouvements sociaux qui redoutent la répression violente par l’armée de manifestations contre les exploitations minières, un secteur auquel cet ex-général militaire accorde son soutien manifeste et pour lequel il encourage ouvertement les investissements étrangers.</p>
<p>Les recours sont également compliqués par le simple fait que souvent, les entreprises changent de nom et de représentation au niveau local, ou passent entre les mains d’une nouvelle maison-mère, semant le trouble en termes de responsabilité.</p>
<p><strong>Ce que dit la loi</strong></p>
<p>Le premier instrument juridique vers lequel se tournent les opposants aux projets miniers au Guatemala est la convention 169 de l’OIT visant à protéger les droits et l’intégrité des peuples indigènes. Son article 7 stipule que ceux-ci sont en droit de déterminer leurs propres priorités dans tout processus de développement qui affecte leurs vie, croyances, institutions, bien-être spirituel et les terres qu’ils utilisent. L’article 15.2 précise que dans les cas où les ressources du sous-sol sont de la propriété de l’Etat, les gouvernements devront consulter les peuples concernés avant d’autoriser une quelconque prospection ou exploitation sur leurs terres.</p>
<p>Dans la ligne de la convention 169, le code municipal guatémaltèque établit que si les droits et les intérêts des communautés indigènes locales sont menacés, le conseil communal est tenu de consulter ces dernières tout en appliquant par ailleurs des critères propres à leurs coutumes et traditions.</p>
<p>Beaucoup de communautés indigènes dans le pays se sont donc à juste titre appuyées sur ces dispositions légales pour réclamer l’organisation de consultations populaires préalables au démarrage d’un projet minier. Mais comme dans bien d’autres cas, les revendications avancées en ce sens par les opposants à la mine Marlin sont restées lettre morte. Face aux manquements des autorités, les communautés locales ont alors organisé leur propre referendum qui a montré l’opposition nette des populations aux activités d’extraction. Le gouvernement a toutefois refusé de reconnaître le caractère contraignant de ce résultat.</p>
<p>A ce jour, les activités de la Goldcorp Inc se poursuivent donc dans la région de San Miguel Ixtahuacán. Pour les habitants qui sont engagés dans la mobilisation, c’est un peu le combat de David contre Goliath. Mais malgré cela, ils restent déterminés et espèrent obtenir gain de cause à l’avenir.</p>
<p>Cette âpre lutte a néanmoins eu une répercussion positive : elle a contribué à revitaliser certaines structures indigènes traditionnelles. Ainsi, les communautés mayas de San Miguel Ixtahuacán ont décidé de remettre sur pied « la commune du peuple », autorité locale à laquelle elles accordent toute sa légitimité face à un conseil communal qui s’est montré favorable au projet minier.</p>
<p>De façon générale, les communautés en résistance ont pris en charge leur propre représentation face au gouvernement guatémaltèque et aux multinationales en créant « le Conseil des Peuples d’Occident » (CPO) qui constitue une plate-forme régionale visant à coordonner les mouvements de résistance face au « méga développement »(7).</p>
<p>Cette résurgence de l’identité indigène est certainement un élément de poids dans la lutte des mouvements de résistance aux projets miniers. Ainsi que le préconise Serjus, partenaire de Frères des Hommes au Guatemala, la promotion de l’unité de ces peuples, de leur structures organisationnelles, de leur économie propre et le soutien à leurs capacités à défendre leur territoire ainsi qu’à revendiquer leurs droits figurent parmi les dispositions essentielles à adopter si l’on ne veut pas que les richesses naturelles de ce pays soient accaparées par des multinationales sans scrupules.</p>
<p><strong><em>Milena Merlino, Frères des Hommes</em></strong></p>
<p><span style="font-size: x-small;"><em>(1) Ce chiffre comprend à la fois les licences de prospection, d’exploration et d’exploitation de mines de métaux, de minéraux non métalliques et de carrières. Pour plus d’informations<a href="http://www.mem.gob.gt/viceministerio-de-mineria-e-hidrocarburos-2/estadisticas-mineras/" target="_blank"> cliquez ici.</a></em></span></p>
<p><em><span style="font-size: x-small;">(2) « Otto Pérez Molina y la minería en Guatemala », COPAE, janvier 2012</span></em></p>
<p><em><span style="font-size: x-small;">(3) OIT : Organisation Internationale du Travail</span></em></p>
<p><span style="font-size: x-small;"><em>(4) « Realidad ecológica de Guatemala », Savia – Escuela de pensamiento ecologista, segunda edición 2011</em></span></p>
<p><em><span style="font-size: x-small;">(5) Au Guatemala, la concentration des terres est l’une des plus élevées au monde. Selon <a href="http://www.ine.gob.gt/np/agropecuario/index.htm" target="_blank">l’institution national de statistiques de ce pays</a>, le coefficient Gini relatif à la distribution de la terre est de 0.84, le chiffre 0 indiquant l’égalité parfaite et le chiffre 1 l’inégalité la plus grande</span></em></p>
<p><span style="font-size: x-small;"><em>(6) « Conflictos mineros y pueblos indígenas en Guatemala », Cordaid, septembre 2009</em></span></p>
<p><em><span style="font-size: x-small;">(7) Ibid.</span></em></p>
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<td style="border-color: #000000; border-style: solid; border-width: 1px; text-align: center;">
<p><strong>La responsabilité des firmes achetant les minerais – L’exemple du Congo</strong></p>
<p style="text-align: left;">Le Congo regorge de richesses minières telles que le cuivre, le cobalt, l’or, le diamant, le radium, le coltan et la cassitérite. L’entreprise minière est un secteur très important et très lucratif dans le pays, ce qui implique beaucoup de convoitise notamment de la part des pays étrangers très intéressés par ces matières premières de grande valeur. Les conditions d’extraction, l’origine et la traçabilité desdites matières posent, quant à elles, problème.</p>
<p style="text-align: left;">Considérons le cas du coltan et de la cassitérite que l’on retrouve dans nos gsms et autres appareils électroniques dernier cri.</p>
<p style="text-align: left;">Le premier problème qui se pose concerne l’identification du produit. De quelle mine est extraite la matière première ? D’une mine officiellement reconnue par les comptoirs miniers ou d’une mine située dans une zone de conflits où aucun contrôle n’est possible ?</p>
<p style="text-align: left;">Le deuxième problème &#8211; et peut-être le plus important &#8211; porte sur les conditions de travail des mineurs et le racket permanent auquel ils sont soumis, en grande partie orchestré par les milices armées (parfois sous couvert de vêtements civils). Les fausses taxes instaurées amputent leur dû de la moitié de sa valeur. De plus, outre les pillages et le vol de matériel, ils font régulièrement face à des menaces de mort, parfois mises à exécution.</p>
<p style="text-align: left;">Il est donc plus que nécessaire que les grands fabricants d’électronique prennent leurs responsabilités quant à la provenance des matières qu’ils achètent. Que ce soit pour le respect des travailleurs, ou pour la préservation d’un pays doté de grandes richesses qui risque de ne pas le rester, si rien n’est fait pour le protéger.</p>
<p style="text-align: left;"><em>Roxane Tilman </em></p>
</td>
</tr>
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		<title>Une femme à la pointe du combat d’une communauté contre une multinationale</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Mar 2013 15:11:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le projet minier « El Tambor » a été initié dans la région de San José del Golfo et San Pedro Ayampuc en 2007 au Guatemala. L’exploitation a été officiellement autorisée par l’Etat guatémaltèque le 24 novembre 2011 sans que les communautés locales n’aient été consultées préalablement sur le projet, alors que la convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail&#8230; <a href="http://www.freresdeshommes.org/une-femme-a-la-pointe-du-combat-dune-communaute-contre-une-multinationale/" class="read_more">Lire la suite</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le projet minier « El Tambor » a été initié dans la région de San José del Golfo et San Pedro Ayampuc en 2007 au Guatemala. L’exploitation a été officiellement autorisée par l’Etat guatémaltèque le 24 novembre 2011 sans que les communautés locales n’aient été consultées préalablement sur le projet, alors que la convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail ratifiée par le pays l’impose. Après avoir été la propriété de Radius Gold, entreprise canadienne, cette mine d’or est passée maintenant entre les mains de la compagnie nord-américaine Kappes, Cassiday &amp; Associates qui en gère l’exploitation au travers de sa filiale Exmingua S.A.</p>
<p>Les habitants, affectés par les conséquences de l’exploitation minière et notamment par la pollution environnementale qu’elle occasionne, se sont mobilisés derrière une femme, Yolanda Oquelí, qui promeut inlassablement une résistance pacifique. 24h sur 24, des groupes se relaient sur le lieu de campement « La Puya » dont l’objectif est de bloquer l’entrée de la mine.</p>
<p>Yolanda Oquelí est née à San José del Golfo. Après avoir vécu un temps à la capitale, elle est retournée sur les terres de son enfance en mars 2010. C’est à ce moment qu’elle a appris qu’une entreprise minière était présente sur le territoire de la municipalité. Inquiète, elle a commencé à assister à diverses réunions sur le sujet. Au début, elle était la seule femme à y participer.</p>
<p>A la suite d’une de ces rencontres, une première manifestation publique et pacifique a été organisée à San José del Golfo, le 17 juin 2010. Yolanda a rendu visite aux habitants pour les informer de la situation et les motiver à participer au mouvement de résistance et à la manifestation. 500 personnes ont alors défilé dans les rues.</p>
<p>De façon générale, son implication personnelle dans cette lutte a suscité la mobilisation de nombreuses femmes et jusqu’à l’heure d’aujourd’hui, l’une des caractéristiques de cette dynamique, c’est le leadership de Yolanda ainsi que la participation massive et pacifique de femmes déterminées à défendre leur vie, celle de leur famille et leur territoire.</p>
<p>En 2010 et 2011, les personnes encadrant le mouvement d’opposition à la mine se sont attelées à s’informer et à s’entretenir avec des acteurs-clés, tels que des représentants du ministère de l’Energie et des Mines et du ministère de l’Environnement. Outre l’importance de se documenter adéquatement en vue de prendre des décisions relatives au projet minier, diverses démarches les ont amenées à rencontrer d’autres organisations et peuples impliqués dans des combats similaires.</p>
<p>Dès la fin du mois de juillet 2010, des menaces ont été proférées à l’encontre de Yolanda Oquelí et de ses proches. L’objectif était d’exercer une pression sur elle et son entourage à chaque moment où une action de la communauté était planifiée et au moment où des décisions concernant le positionnement de la population à l’égard de l’entreprise minière devaient être prises. L’implication de Yolanda en première ligne du mouvement de résistance de la Puya lui a coûté un harcèlement infatigable de ses opposants. Elle a même failli y laisser sa vie le 13 juin 2012. En effet, ce jour-là, alors qu’elle regagnait son domicile, elle a été blessée par balle par un tireur embusqué. Touchée au dos, elle a dû être hospitalisée. Mais 4 mois après cet épisode, elle était de retour à San José del Golfo pour reprendre la tête de la résistance.</p>
<p>Le 24 août 2012, la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH) a adopté des mesures conservatoires en faveur de Yolanda et de sa famille au Guatemala. La CIDH a conséquemment demandé à l’Etat guatémaltèque de prendre les mesures nécessaires pour garantir leur intégrité physique et d’informer les personnes concernées et leurs représentants quant à l’avancement de l’enquête destinée à identifier les auteurs de l’attentat.</p>
<p>Le 8 mai 2012, à une heure du matin, un contingent policier accompagnant du personnel de la mine avec 25 véhicules lourds et matériaux a voulu forcer l’entrée du site gardée par les résistants. L’information a rapidement circulé dans la communauté et en peu de minutes, plus de 2.000 personnes se sont rassemblées pour les empêcher de pénétrer dans la mine. Face à cette pression ainsi qu’aux vols d’hélicoptères à basse altitude destinés à effrayer la communauté, Yolanda Oquelí a demandé que personne ne réponde aux provocations et ne réagisse avec violence. C’est la résistance pacifique qui a gagné : le contingent s’est retiré.</p>
<p>Le 13 novembre et les jours suivants, des personnes payées par l’entreprise minière se sont rendues sur les lieux, ont insulté et menacé la population, en cherchant à diviser la communauté. Yolanda s’est alors employée à sensibiliser les habitants au fait que ces personnes n’étaient pas des ennemis, mais qu’elles agissaient par nécessité financière, ayant été payées par l’entreprise. Elle les a donc invités à ne pas leur répondre et les a incités à entonner des chants religieux et à prier.</p>
<p>Le 7 décembre, différents contingents policiers venant de tout le pays, de même qu’un peloton antiémeute ont tenté de déloger les communautés, lancé des gaz lacrymogènes, mais les résistants ont imité Yolanda Oquelí qui s’était jetée sur le sol, bloquant l’entrée de la mine, chantant et priant. Pour la deuxième fois, les pelotons antiémeutes n’ont pas su comment réagir et se sont retirés.</p>
<p>Interrogée par les journalistes, Yolanda a déclaré : « Nous poursuivrons cette résistance jusqu’à moment où des consultations populaires seront organisées au sein des deux communautés, San José del Golfo et San Pedro Ayampuc. Et nous voulons que le résultat de ces consultations soit respecté. »</p>
<p>Le rôle de Yolanda Oquelí témoigne de la capacité des femmes de ces communautés à défendre le droit à une vie digne, à protester pacifiquement dans des moments cruciaux, alors que ce sont les premières à être affectées par la perte des terres et l’augmentation de la pauvreté.</p>
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<p><em>Source : « Curriculum vitae de Yolanda Oquelí » par l’ONG Serjus (Guatemala)</em></p>
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		<title>Frères des Hommes remet le couvert avec le MAP</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Mar 2013 13:20:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
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<category>Agriculture</category><category>Amérique latine</category><category>Guatemala</category>
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		<description><![CDATA[Les premiers mois de 2013 ont été l’occasion de nous pencher sur la collaboration étroite que Frères des Hommes développe avec le Mouvement d’Action Paysanne (MAP) depuis un peu plus d’un an. En janvier dernier, Stefanie Vannieuwenhove, chargée du secteur Education au Développement et Cecilia Díaz, responsable des projets Sud chez Frères des Hommes ont rencontré 7 membres du MAP&#8230; <a href="http://www.freresdeshommes.org/freres-des-hommes-remet-le-couvert-avec-le-map/" class="read_more">Lire la suite</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Les premiers mois de 2013 ont été l’occasion de nous pencher sur la collaboration étroite que Frères des Hommes développe avec le Mouvement d’Action Paysanne (MAP) depuis un peu plus d’un an. En janvier dernier, Stefanie Vannieuwenhove, chargée du secteur Education au Développement et Cecilia Díaz, responsable des projets Sud chez Frères des Hommes ont rencontré 7 membres du MAP afin d’évaluer ce récent partenariat.</p>
<p> En 2012, Frères des Hommes est ainsi intervenu dans les formations organisées par le MAP via son Ecole Paysanne Indépendante (EPI). Ces formations sont proposées à tous ceux qui veulent s’initier au savoir-faire de paysans membres du mouvement. Elles ont lieu sur le terrain, dans des fermes-écoles en Wallonie et portent sur diverses thématiques. C’est ainsi que Frères des Hommes a apporté un éclairage sur les pratiques paysannes dans le Sud dans le cadre de deux modules de formation spécifiques, à savoir « l’autonomie alimentaire » et « l’installation à l’agriculture paysanne », le premier étant organisé dans la ferme de Thomas Lauwers à Chevron et le second dans celle de Bernard Moreau à Mierchamps.</p>
<p>Nos partenaires du MAP se sont montrés satisfaits de cette première année de collaboration. L’évaluation a souligné l’intérêt de la vision Sud apportée par Frères des Hommes, ce qui permet aux responsables des fermes-écoles et aux apprenants d’avoir un regard plus global sur l’agriculture et de situer leurs activités dans une perspective plus large. Les séances les plus appréciées étaient sans doute celles qui ont permis l’intervention d’un partenaire Sud, comme ce fut le cas l’été passé avec la visite de Gustavo Yaxon, membre du CUC (Comité d’Unité Paysanne) du Guatemala. Nos collaborateurs du MAP ont toutefois exprimé le souhait que nos interventions soient plus longues et qu’éventuellement, nous puissions nous attarder davantage sur les lieux de la formation.</p>
<p>Au vu des commentaires essentiellement positifs, il a été décidé de poursuivre ce partenariat, voire de l’élargir à d’autres fermes-écoles. Ainsi, par exemple, Serge Peereboom, responsable la ferme-école Arc-en-Ciel de Wellin s’est montré intéressé par une intervention future de Frères des Hommes dans le cadre d’une formation sur le thème de l’agroécologie et du maraîchage.</p>
<p>Soulignons enfin qu’au travers de ce partenariat, le lien avec le Sud ne se vit pas que dans les fermes-écoles de Wallonie. En 2011 déjà, Frères des Hommes avait accompagné Catherine Tellier et Bernard Moreau, tous deux membres du MAP sur les chemins du Brésil à la rencontre du Mouvement des Sans Terre. Cette rencontre s’étant révélée très enrichissante pour les deux participants belges, il a été décidé de remettre le couvert en 2013. Cette année, un représentant du MAP pourra ainsi découvrir le travail d’un partenaire de Frères des Hommes en Bolivie.</p>
<p><strong>Pour en savoir plus sur les fermes-écoles du MAP<a href="http://lemap.be/fermesecoles/" target="_blank"> <em>cliqu</em></a></strong><a href="http://lemap.be/fermesecoles/" target="_blank"><strong><em>ez ic</em></strong></a><strong><a href="http://lemap.be/fermesecoles/" target="_blank"><em>i</em></a>.</strong></p>
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		<title>Vision du contexte guatémaltèque et proposition de stratégie selon Serjus</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Mar 2013 09:46:38 +0000</pubDate>
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<category>Agriculture</category><category>agrocarburants</category><category>Amérique latine</category><category>Environnement</category><category>Guatemala</category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Selon notre analyse contextuelle, le Guatemala sera soumis à l’invasion de multinationales durant les prochaines années en raison de sa situation dans le corridor biologique méso-américain qui concentre 12% de la biodiversité de la planète, avec pour corollaire la spoliation des ressources minérales, hydriques et une concentration accrue de la propriété et de la possession de la terre résultant de la production d’agrocarburants. Les multinationales sont entrées dans le pays en permettant, en leur sein, l’action et la participation de l’oligarchie nationale, des riches, mais également maintenant celles des ex-militaires qui détiennent le pouvoir politique et répressif.</p>
<p>Tout cela a été aggravé par le traité de libre-échange (TLC) signé avec les USA et sera renforcé avec l’Accord d’association UE-Amérique centrale (AA) dans la mesure où ils encouragent le commerce relatif aux ressources naturelles et aux agrocarburants et qu’ils favorisent l’investissement des multinationales.</p>
<p>Les effets sont dévastateurs en termes d’accès à la terre et autres moyens de production pour la majeure partie de la population, pénalisant la production agricole à petite échelle qui soutient en réalité l’économie nationale et constitue le seul espoir pour garantir au moins la sécurité alimentaire ainsi que la lutte contre la malnutrition chronique de la majorité des habitants. L’agro-exportation se fonde sur l’utilisation temporaire de la main d’œuvre et son exploitation, le nombre d’emplois diminuant par ailleurs dans le cadre de la production d’agrocarburants qui réduit la source de travail agricole, générant un accroissement du chômage.</p>
<p>Pour faciliter la spoliation et l’exploitation, l’oligarchie nationale alliée avec le parti des ex-militaires issus des forces contre-insurrectionnelles qui seront au gouvernement jusqu’en 2015 au moins ont impulsé un processus de réadéquation du système économique, politique et de remilitarisation. Il existe des preuves démontrant que les personnes faisant partie ou liées à ces structures participent ou entretiennent des relations avec le trafic de stupéfiants et le crime organisé. Leur objectif est de réduire à néant et réprimer l’opposition sociale face à la spoliation, en la criminalisant et en imposant un contrôle militaire total sur le pays sous prétexte de combattre le narcotrafic et le crime organisé qu’eux-mêmes ont soutenus.</p>
<p>Le système de partis politiques est totalement dominé par des négociants de la politique qui l’ont prostitué, transformant le parlement et la fonction législative en un simple marché de votes.</p>
<p>La majeure partie des grands moyens de communication sont entre les mains de ces mêmes secteurs dominants qui manipulent l’opinion publique au gré de leurs intérêts. En outre, ils attaquent les moindres efforts visant à développer des médias populaires.</p>
<p>Entre le mouvement social et les partis qui pourraient être l’instrument ou le chemin de la participation politique populaire, la diversité et l’unité dans la diversité ne sont pas respectées. Toutes les démarches se perdent dans une lutte pour l’hégémonie du leadership, des tentatives d’homogénéisation idéologique et un combat pour l’accès aux ressources.</p>
<p> Dans le meilleur des cas, les efforts se concentrent autour de rêves et de paradigmes et on perd le sens de la réalité que les processus requièrent, oubliant que les choses ne changent pas seulement parce qu’on le souhaite ou parce qu’on l’imagine. On omet que le changement doit émaner d’une reconstruction à tous les niveaux et dans tous les contextes, tout en générant conscience et organisation, et essayant de remporter et obtenir tous les espaces possibles, à partir des revendications propres face à la corrélation défavorable de forces jusqu’aux revendications sociales et populaires.</p>
<p><strong>Défis pour les différents acteurs dans le contexte actuel</strong></p>
<p>Dans ce contexte, pour que la coopération ait du sens, il est fondamental qu’elle s’oriente vers le renforcement des peuples indigènes qui sont les plus affectés par la pauvreté, la malnutrition, la méconnaissance de leurs droits, l’exclusion du système politique, économique, social et culturel en place, la nouvelle spoliation des ressources naturelles sur leurs territoires, l’invasion du narcotrafic, le crime organisé, la militarisation, la criminalisation de l’opposition sociale et la répression exercée par les forces coercitives de l’Etat.</p>
<p>Ce renforcement des peuples depuis leurs bases mêmes est fondamental dans la mesure où ce sont eux qui soutiennent l’économie du pays, avec l’argent envoyé par les migrants et qui actuellement représente la principale entrée de devises, dans la mesure en outre où ce sont eux qui par leur agriculture familiale de survie soutiennent et participent à la reproduction de la grande force de travail employée dans le cadre de l’agroexportation du café, de la canne à sucre et maintenant aussi de la palme africaine. Sans cette force, l’accumulation capitaliste des petits secteurs concentrant la propriété de la terre et se présentant publiquement comme l’axe de l’économie nationale ne serait pas possible.</p>
<p>Le renforcement des peuples indigènes implique qu’il faut faciliter et promouvoir leur unité en tant que telle, depuis leurs propres formes d’organisation et de gouvernement, de même que les articulations entre elles ainsi que leurs liens avec les organisations et mouvements sociaux et populaires. Mais il convient également de promouvoir leur production et économie propre, leur capacité à défendre le territoire et la revendication de leurs droits en termes d’accès à la terre en tant que moyen principal de production, ainsi que leur accès au pouvoir dans tous les espaces décisionnels de l’Etat. La promotion culturaliste qui a été soutenue par la coopération multilatérale et les entités publiques ne suffit pas.</p>
<p>Il est nécessaire que la coopération à tous les niveaux prenne en compte les aspects relatifs aux relations internationales qui favorisent davantage les secteurs accaparant le pouvoir et l’économie du pays, principalement à travers les accords de libre-échange, TLC et AA, qui facilitent l’introduction sur les marchés étrangers de la palme africaine, de la canne à sucre, du café, des minerais et de l’énergie électrique, sans aucun contrôle en termes de responsabilité entrepreneuriale, sociale, environnementale ainsi qu’en termes de travail et de protection de la vie humaine et de la biodiversité.</p>
<p>Il faut renforcer l’organisation communautaire qui existe déjà, plutôt que de nouvelles organisations qui divisent et dispersent, à la manière des entreprises nationales et multinationales à travers les médias et le système éducatif qu’elles accaparent également pour éviter la réaction des communautés face à la mainmise sur leurs ressources naturelles et la défense de leurs droits. Il faut plutôt soutenir l’accès des peuples aux moyens de communication et à l’éducation, avec leur propre cosmovision, leurs principes et valeurs de communauté, de service, de respect de la nature, d’équilibre et harmonie sociale, politique et économique.</p>
<p>Il est nécessaire de développer une coopération qui indemnise les dégâts provoqués aussi par le réchauffement global qui affecte fondamentalement les communautés rurales dans une zone dite à haut risque.</p>
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