Déclaration au peuple du Guatemala et à la communauté internationale

Copie de DSC01110

Attaquer le commissaire et la CICIG (Commission internationale contre l’impunité au Guatemala) a été une mauvaise décision, contraire à la volonté du peuple guatémaltèque, aggravant la crise sociale, politique et institutionnelle et entravant la validité des droits de l’homme dans notre pays.

 

Nous condamnons l’intention de Jimmy Morales qui est illégale, immorale et contraire aux intérêts du peuple du Guatemala, ainsi que celle des membres de son gouvernement, militaires à la retraite et  députés du Congrès qui le soutiennent, d’attaquer en permanence le fonctionnement de la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala, une institution qui, comme l’indiquent les considérants de l’accord qui l’établit, combat l’impunité des corrupteurs, meurtriers et trafiquants de drogue dans l’État et dans la société.

 

Comme la Cour constitutionnelle a considéré illégale la déclaration de persona non grata contre le commissaire de la CICIG émise par Jimmy Morales en tant que président de la République, la responsabilité pénale doit être accordée à Jimmy Morales pour avoir transgressé la même Constitution politique de la République du Guatemala et l’Accord de création de la Commission internationale contre l’impunité signée avec les Nations Unies.

 

La déclaration de Jimmy Morales, qui soutient que le commissaire intervient dans les affaires intérieures et exerce un lobbying pour des réformes constitutionnelles visant à améliorer le système de justice, est impertinente parce que l’accord de création de la CICIG lui confère la liberté de rencontrer et d’interroger n’importe quelle personne ou groupe de personnes, y compris les fonctionnaires de l’État, le personnel militaire et de police, les leaders communautaires, les organisations non gouvernementales, les institutions privées et toute personne dont le témoignage est jugé nécessaire pour l’accomplissement de son mandat; ainsi que de recommander à l’État l’adoption de politiques publiques pour éradiquer les dispositifs clandestins et les forces de sécurité illégales et prévenir leur réapparition, y compris les réformes juridiques et institutionnelles nécessaires à cet effet.

 

La déclaration de persona non grata a été immorale parce que le véritable objectif de Jimmy Morales depuis plusieurs mois a consisté à entraver la justice à laquelle sont soumis ses proches, alliés militaires et députés corrompus, et qui l’implique également en raison des financements illégaux de sa campagne électorale, de la violation de la Constitution de la République et de ses transgressions des lois du pays et des accords internationaux.

 

Nous rejetons l’intention d’expulser le commissaire Ivan Velasquez et ses actions constantes contre la CICIG qui affectent les intérêts du peuple du Guatemala, car elles ne cherchent qu’à dissimuler la corruption, le trafic d’influences, le crime organisé au sein des institutions de l’État, du gouvernement et des partis politiques qui ont été amenés devant les tribunaux et les prisons et qui montrent leur complicité et leur connivence avec ces pouvoirs parallèles qui, année après année, ont augmenté leurs privilèges illégaux et tentent de consolider l’impunité de ceux qui mènent des affaires illicites en étant couverts par l’État.

 

Nous soutenons sans réserve les recours à l’aide, les poursuites présentées contre la violation des droits de l’homme et les violations de la loi qui ont causé la déclaration de persona non grata et l’expulsion du commissaire Ivan Velásquez, ainsi que les plaintes contre les transgressions de la loi par Jimmy Morales.

 

Nous félicitons les fonctionnaires qui, avec dignité et respect pour le peuple guatémaltèque, ont préféré démissionner de leurs fonctions au sein du gouvernement plutôt que d’approuver les positions illégales et immorales de Jimmy Morales et d’autres fonctionnaires de son gouvernement.

 

Nous regrettons le soutien de plusieurs maires municipaux aux positions irresponsables et illégales de Jimmy Morales contre les intérêts des communautés et des personnes qui les ont élus, ainsi que les appels constants du maire Álvaro Arzú à la violence.

 

Nous demandons aux députés du Congrès de la République d’approuver les réformes constitutionnelles visant à améliorer le système de justice du pays tel que présenté.

 

Nous demandons que soient respectés les résultats de la consultation de bonne foi à Santa María Cahabón qui, dans 98,08%, se sont manifestés pour la défense du territoire et de la vie des communautés.

 

Étant sûrs que les gens sont conscients des objectifs et de la gestion illégale des dirigeants et des maires corrompus, nous faisons appel à toutes les communautés, organisations populaires, organisations sociales, institutions démocratiques et à la société en général afin d’organiser ensemble des manifestations pacifiques dans tous les domaines, et de continuer à lutter contre les mafias, le crime organisé, le trafic d’influence et la corruption au sein de l’Etat.

 

LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION ET L’IMPUNITE DOIT CONTINUER

Guatemala 30 août 2017

Asociación Comunitaria para el Desarrollo SERJUS

Multisectorial de Guatemala

Multisectorial de Villa Nueva -CCM-

Multisectorial de Chinautla

Multisectoriales San Juan Sacatepéquez

Plataforma Urbana

Autoridades ancestrales de Tecpán

Alcaldía Indígena Xinca de Tecuaco

Resistencia Pacifica la Puya;

Asociación de Mujeres Indígenas Voces de la Resistencia AMIVR

Asociación Custodios del Bosque ACB

Coordinadora Campesina Kab’awil CCK

Red de Organizaciones de Educadores Populares de Guatemala RED K’AT

Asociación de Campesinos de Chiquimulilla  ASOCAMCHI

Coordinadora Departamental de ONG de Quetzaltenango

Red de Seguridad Democrática de Quetzaltenango (RESEDEQ)

Consejo de Alcaldes y Consejos Comunitarios-COALCO

Organización Todas contra la Violencia

Asociación de Prensa Comunitaria

Asociación PA LE QANI¨L

Asociación de Mujeres Laguna de Chikabal,

San Martín Sacatepéquez,

Coordinadora de organizaciones integral Comunitaria Huitaneca,

Coordinadora de asociaciones comunitarias y Consejos Comunitarios de desarrollo de San Juan Ostuncalco.

Asociación para el Desarrollo Social del Ixcán ADESI

Rais-Ixcán

ACCSS

Movimiento Social Intercultural del Pueblo de Ixcán

FICCI

ROMI

Puente de Paz

CIRCULO AMBIENTAL OCCIDENTE

(Traduction : Daniel de la Fuente)

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