Carnet de Voyage: Le paysan et la sage-femme (1ère partie)

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De la terre rouge du Malawi à la Pachamama de Bolivie…

Extrait d’un troisième  Carnet de Voyage au Long cours, réalisé grâce à Frères des Hommes, du 19 janvier au 10 février 2016.

Natascha Köchli et Serge Peereboom

Bolivia…

Je savais que cela se situe en Amérique du Sud, plutôt dans la partie « au-dessus »…

Bolivie… j’avais une image de « désert », de grandes plaines arides entourées de montagnes, des mots comme pampa et lama en tête, de la musique andine et une vague notion que des Indiens y avaient vécu avant l’invasion d’Espagnols fanatiques… Des mots comme quechua, inca, quinoa…

Bolivie… des draps de couleurs vives sur le dos de petites femmes brunes aux longues tresses, des camions poussifs comme à Cuba, des peaux tannées par les vents d’altitude et le soleil au zénith…

Il y a deux ou trois ans, Serge s’était vu proposer un voyage d’une dizaine de jours par Frères Des Hommes, afin de visiter des projets, d’échanger sur le Système Participatif de Garantie avec les paysans boliviens.  Nous avions alors les yeux tournés vers le Malawi et cela nous avait paru un peu exagéré de commencer à courir le monde dans tous les sens…

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Et il y a un an, l’invitation a été réitérée… et nous nous sommes dit : « Tiens et pourquoi pas…  Et si tu y vas, je t’accompagnerais bien …et si on passait les dix jours à visiter les projets, promis, je ferai la secrétaire, prise de notes, photos, rapport et tout et tout …et puis on prolongerait bien … et si on disait que c’était le voyage de noce qu’on n’a jamais fait… tu te rappelles ?  Depuis vingt ans… il serait temps non ? »

Et nous voilà donc partis ce vingt janvier, en route pour la Bolivie !!!

La première quinzaine de janvier s’était déroulée au pas de course : derniers rendez-vous à caser, les consultations, le travail à prévoir pour la ferme.  Les enfants allaient être chouchoutés par Babou et Marraine, pas de soucis de ce côté-là.

Stéphane, mon témoin de mariage nous conduit à Zaventem. Eh oui, il n’y en a pas beaucoup qui se font conduire à l’aéroport pour leur voyage de noce, vingt ans après, par leur témoin de l’époque !  Faut croire que j’avais bien choisi !  Mon homme et le témoin !

A l’aéroport, un p’tit coup de blues : partir si loin, sans les enfants… Mais la bonne humeur revient vite, trois semaines, c’est si vite passé !

1025thumbJe passerai les heures d’attentes à Madrid, à Santiago de Chili, la joie de monter dans ce que nous pensions être le dernier avion qui totaliserait 26 heures de voyage…  Car nous avions encore une escale technique à Iquique.  Cherchez sur la carte : un désert, au bord de l’océan Pacifique, d’ailleurs la piste est juste au bord de l’eau (j’ai d’ailleurs cru que nous allions amerrir et non atterrir…).  L’avion se vide, les autres passagers laissant leurs bagages, nous nous regardons, étonnés… Un steward nous fait comprendre qu’il faut sortir.  Ah, je croyais que c’était une escale technique !  Mais voilà, une vieille querelle sévit entre la Bolivie et le Chili, et ce, depuis que ce petit bout de terre désertique a été gagnée âprement par le Chili lors de la guerre dite « du Pacifique » entre 1879 et 1884. Cette bande de terre était le seul accès à l’océan que possédait la Bolivie. Une lutte d’autant plus acharnée que la zone était une source importante de salpêtre sous forme de guano qui était utilisée comme ingrédient précieux pour la fabrication d’engrais et d’explosifs. Faut-il ajouter que les Chiliens avaient comme soutien principal les Britanniques…  D’où cette sortie obligatoire de l’avion, il faut bien « punir » les voyageurs qui vont en Bolivie (qui font de même de leur côté), re-file pour passer les contrôles d’identité et re-file pour passer le contrôle de sécurité !  Après 24 heures de voyage, je dois avouer que je n’avais plus tellement envie de rire…

Mais nous voici à La Pàz ! Ville étonnante, époustouflante tant son dénivelé est impressionnant !  L’aéroport se situe sur El Alto, la partie haute de la ville.  Un million d’habitants dans cette partie de ville qui se présente comme la banlieue de La Pàz. Attention au mal d’altitude, on atterri sur le plateau andin, à 4149 mètres d’altitude !  Mais bien vite, le taxi nous fait redescendre de plus de 400 mètres, vers le centre de La Pàz, ville qui compte un million de plus d’habitants.  Une ville bordée de montagnes aux sommets enneigés, fourmillante  de monde, de couleurs. Comme toute grande ville de ce genre, elle résonne de coups de klaxons et de gaz d’échappements. Une ville rouge brique de par ses constructions, aux rues aussi raides que les monts de la Cordillera Real.

995-thumbNotre chauffeur, bien sympathique, nous fait déjà une petite présentation de la ville, je suis ravie, moi qui croyais être partie pour trois semaines de devinettes, je comprends pas mal ce qu’il nous raconte !  Enfin, je crois…

Arrivés à l’hôtel dans le quartier San Pedro, nous nous précipitons joyeux vers l’escalier, une douche et un lit en perspective, quelle joie !  Je vois Serge s’arrêter subitement après la première volée de marches et me souffler : « Je crois que je dois me calmer, j’ai mon cœur qui bat à cent à l’heure ! ».  Et de fait, durant ces trois semaines, nous avons appris à épargner notre souffle, rien ne sert de courir, l’altitude te rattrape ! C’est bien sagement que nous sommes montés (au troisième !) et que nous nous sommes écroulés comme si on avait escaladé l’Everest !

Ce soir-là, nous avons rencontré Cécile, une des responsables de l’association de Frères des Hommes.  C’est avec elle que nous avons découvert notre emploi du temps pour les jours à venir.  Cette première nuit a été éprouvante : difficile pour Serge de s’acclimater, mal de tête et ennuis intestinaux dus à l’altitude !  Au petit déjeuner, Cécile le sauve grâce au remède « Sorojchi ® » qui fait miracle en moins d’une demi- heure !

À suivre

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