BRISER LE SILENCE ET RECHERCHER LA JUSTICE

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BRISER LE SILENCE ET RECHERCHER LA JUSTICE (Guatemala)

La demande de nos camarades massacrés le 31 janvier

 Ce 31 Janvier, cela a fait 37 ans que nos camarades ont été massacrés à l’Ambassade d’Espagne, ayant perdu leur vie en recherchant la justice.

Leur arrivée dans la capitale avait pour but de dénoncer la répression contre la population indigène et paysanne dans le nord du Quiché; en particulier le dénommé massacre de Chajul, lorsque l’armée a enlevé 7 paysans d’Uspantán. Ils les ont emmenés en hélicoptères à Chajul, où ils les ont habillés en uniformes vert olive, leur ont donné de vieux fusils de chasse qui ne marchaient pas et les ont fait marcher seuls sur la route, en direction du chef-lieu.

Sur cette route, les paysans habillés en soldats sont tombés dans une embuscade et ont tous été tués en prétendant qu’ils étaient des guérilleros qui avaient tenté de prendre d’assaut les forces de l’ordre; après leur assassinat, les cadavres des paysans ont été montrés à tous les gens qui passaient le long de la route.

Afin de signaler ces faits pour que prévale la justice et d’exiger de mettre un frein à la répression, leurs compagnons ont fait plusieurs conférences de presse, ont distribué des communiqués de presse et ont visité différentes organisations; toutefois, aucune information n’est apparue dans les médias. La censure des faits, imposée par la terreur du gouvernement, a empêché que l’information n’arrive à la population.

Face au silence des médias et au déni de la liberté d’expression, ils ont décidé d’occuper l’Ambassade d’Espagne, et de faire ainsi connaître la répression et la violation des droits de l’homme.

L’impunité avec laquelle les forces gouvernementales ont agi en complicité avec le système judiciaire a permis que la police viole la loi en prenant d’assaut l’Ambassade d’Espagne et en brûlant vifs les indigènes, paysans, étudiants, ouvriers et religieux sans qu’il y ait une enquête et un jugement des responsables; il a fallu plus de 30 ans pour qu’on commence à les poursuivre.

Maintenant, nous sommes confrontés à une situation similaire: ceux qui bénéficient de l’impunité permettant la corruption, le mépris des lois et la violation des droits de l’homme, s’opposent avec véhémence aux changements du système judiciaire et, en particulier, aux changements constitutionnels permettant de le renforcer.

Ainsi, par crainte, on vise à limiter la liberté d’expression pour que l’information n’arrive pas jusqu’à la population, que ce soit en menaçant d’assassiner les journalistes, d’intimider les défenseurs des droits de l’homme ou en manipulant les peurs pour qu’il y ait opposition à de telles mesures qui renforcent la justice. Dans ce nouvel anniversaire du massacre de l’Ambassade d’Espagne, nous nous rappelons de nos camarades et, en prenant leur exemple, nous réaffirmons que personne ne peut nous faire taire, que nous allons défendre notre droit de nous exprimer et de faire connaître notre volonté de justice, le plein respect des droits de tous et la complète défense de nos territoires.

Tête claire, cœur solidaire et poing combattif des travailleurs agricoles.

Comité de l’unité paysanne – CUC, Guatemala

Guatemala, le 31 Janvier 2017 (traduction du communiqué du CUC, faite par Frères des Hommes)

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