Brésil : ne pas oublier les inondations meurtrières

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Au mois de juin dernier, des pluies torrentielles se sont abattues sur le Nord-Est du Brésil, faisant 41 morts et plus de 1.000 disparus. Le Mouvement des Sans Terre nous a fait part de l’ampleur du désastre dans la seule région de la Mata Sul de Pernambouco et d’Alagoas. En outre, notre partenaire a mobilisé une «Brigade de Solidarité» pour venir en aide aux sinistrés. Il y a 10 ans, des inondations avaient déjà détruit maisons, commerces, plantations, infrastructures dans plusieurs villes de cette zone. Mais cette fois, les pluies ont été bien plus ravageuses.

«Pourquoi les pluies de cette année ont-elles occasionné tant de destructions ?». Telle est la question qu’a posée un militant de la Brigade de Solidarité Che Guevara du Mouvement des Sans Terre. Les enfants d’un refuge de la ville d’Agua Preta, Zone de Mata Sul de Pernambouco, ont répondu presque tous en chœur: «C’était un châtiment de Dieu !»

Châtiment de Dieu ou des hommes? Certes, le climat de la région est chaud et humide, avec beaucoup de pluies durant l’hiver. En raison du réchauffement de l’Océan Atlantique, le climat change et génère des précipitations de plus en plus fortes au fil des années. Mais est-ce la seule raison qui explique une telle catastrophe? Pas si sûr!

Avec le temps, la monoculture de la canne à sucre a transformé la «Zona da Mata» en une des régions les plus pauvres du pays. Les forêts ont disparu au profit de ce type de cultures; et les habitants, sans travail, sans terre pour vivre et semer, sans alternative économique, ont été repoussés vers «les zones à risques» des villes. Sans ces arbres qui constituaient des barrières naturelles, les fleuves et rivières alimentés par les pluies torrentielles sont sortis de leur lit, provoquant de terribles destructions.

Dans l’Etat de Pernambouco, on a dénombré 20 morts, plus de 26.000 personnes sans abri et 55.000 ayant été contraintes à abandonner leur domicile. Selon les derniers chiffres du gouvernement de cet Etat, 68 municipalités ont été touchées. Rien qu’à Agua Preta, 41,4%, soit pratiquement la moitié de la population, n’a plus de toit. Dans cette ville, 793 maisons ont été détruites et un mois après les premières crues, 226 familles étaient toujours réparties dans 12 refuges.

Face à tant de destruction, le MST a convoqué ses militants, infirmiers et médecins formés à Cuba pour aider les victimes de cette catastrophe. A ceux-ci se sont ajoutés des médecins et professionnels de la santé liés à l’Université de Pernambouco. Ensemble, ils ont formé la «Brigade de Solidarité Che Guevara».

Dans un premier temps, la brigade a travaillé à l’aide d’urgence, déblayant et nettoyant les rues et les écoles, apportant une aide médicale aux familles. Par la suite, son travail s’est concentré sur l’organisation des familles qui se trouvaient dans les refuges, l’hébergement des populations des zones rurales, l’éducation à la santé et la réorganisation de l’attention primaire de santé dans la municipalité.

Le travail de la Brigade Che Guevara s’est officiellement terminé le 12 août, mais le MST continue à travailler avec les populations rurale et urbaine afin qu’elles identifient leurs propres solutions et qu’elles puissent œuvrer à leur mise en place.

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