Souveraineté alimentaire

Plus de 800 millions de personnes souffrent de faim chronique dans le monde. La toute grande majorité d’entre elles vivent dans les pays en voie de développement et un peu plus d’1% dans les pays les plus nantis.

Convaincue que l’une des réponses à la difficile problématique de la malnutrition et de l’accès à l’alimentation passe par la souveraineté alimentaire, Frères des Hommes en a fait son cheval de bataille. La souveraineté alimentaire est un concept récent mentionné pour la première fois en 1996 par le mouvement paysan via Campesina lors du sommet mondial de l’alimentation de la FAO. Pensé en réaction aux politiques néo-libérales, il se présente comme une alternative à celles-ci et se définit comme « le droit des peuples ou des Etats à définir librement les politiques agricoles les mieux adaptées à leurs besoins sans créer de préjudices aux autres pays ». Tenant compte du contexte de mondialisation, cette définition de la souveraineté alimentaire touche de multiples aspects qui enrichissent, mais aussi complexifient grandement la question de la faim dans le monde.

Mais que recouvre le concept de souveraineté alimentaire ?

Ce modèle, cher à Frères des Hommes, implique notamment de donner priorité à la production locale et régionale avant l’exportation. Ainsi, il s’agit du leitmotiv de nos partenaires Sud comme, par exemple, le Mouvement des paysans Sans Terre au Brésil qui mène des actions visant à soutenir et dynamiser la production familiale. Par ailleurs, la souveraineté alimentaire implique que les Etats/Unions puissent se protéger des importations à prix trop bas et ce, en les taxant comme l’ont fait les pays industrialisés pour développer leur propre agriculture. Elle autorise également des soutiens publics aux paysans, à condition qu’ils ne servent pas directement ou indirectement à exporter à bas prix. Autre facteur important qui mérite d’être pointé du doigt, la répartition des biens de production dans de nombreux pays du Sud. Ainsi, l’accès à la terre, à l’eau, aux semences et aux crédits intervient également dans cette problématique complexe. C’est donc tout naturellement que les défenseurs du concept de souveraineté alimentaire font également campagne pour la mise en œuvre de réformes agraires (permettant l’accès à la terre pour les petits producteurs), contre les OGM (afin de pouvoir acquérir librement des semences) et pour la répartition équitable de l’eau en tant que bien commun. De telles mesures impliquent donc inévitablement de limiter le pouvoir des multinationales travaillant dans ce secteur de façon à ce qu’elles se plient aux normes sociales et environnementales et adhèrent aux principes de la souveraineté alimentaire.